Libreville, décembre 2025 — Alors que la grippe saisonnière circule activement depuis près d’un mois au Gabon, un message du Samu social gabonais publié ce week-end a ravivé les inquiétudes d’une partie de la population. Évoquant un « pic épidémique » imminent et appelant au retour strict des gestes barrières, cette sortie a suscité un vif débat, poussant le Ministère de la Santé à publier un communiqué pour calmer les esprits.
Une communication du Samu social qui surprend… et interroge
Dans son message, Wenceslas Yaba, responsable du Samu social gabonais, qualifie le virus circulant de « COVID Frankenstein » et appelle à « revenir au respect scrupuleux des gestes barrières », tout en affirmant que ce virus serait « très peu létal ». Il ajoute que des masques sont distribués gratuitement par le Samu social, concluant par « Gloire à Dieu ». Une prise de parole forte, inhabituelle dans sa forme comme dans son contenu, et qui a conduit une partie de l’opinion à croire qu’un nouveau danger sanitaire était en cours.
Pourtant, le Samu social demeure une structure placée sous la tutelle du Ministère de la Santé, censée s’aligner sur les orientations officielles en matière de communication sanitaire. D’où une série d’interrogations :
▪︎Pourquoi une entité sous tutelle a-t-elle communiqué de manière autonome sur une situation épidémiologique nationale ?
▪︎Cette sortie a-t-elle été validée par les autorités sanitaires ?
▪︎Ces propos, alarmistes pour certains, ne risquent-ils pas de créer une confusion contre-productive en matière de santé publique ?
▪︎Et surtout : pourquoi évoquer un « COVID Frankenstein » alors que les données officielles ne montrent aucune situation anormale ?
Autant de questions qui alimentent les discussions, notamment après les scènes de panique observées durant le week-end dans certaines pharmacies et structures sanitaires.
Le Ministère rétablit les faits : une situation “sous contrôle”
Face aux rumeurs grandissantes, le Ministère de la Santé a publié un communiqué ferme destiné à rassurer la population. Selon les données officielles nationales de surveillance épidémiologique, entre janvier et novembre 2025, 45 594 cas suspects de grippe ont été enregistrés. Sur un échantillon de 401 tests analysés, les résultats sont les suivants :
▪︎45 cas positifs au virus Influenza, responsable de la grippe saisonnière ;
▪︎17 cas positifs au SARS-CoV-2, un chiffre qualifié de faible par les autorités.
Dans son communiqué, le Ministère insiste :
« La situation épidémiologique nationale demeure sous contrôle et ne présente aucun caractère alarmant. »
Il rappelle également que la Covid-19 est désormais endémique au Gabon et ne constitue plus une urgence de santé publique.
La réalité : une grippe saisonnière active, mais rien d’exceptionnel
Depuis un mois, les structures sanitaires recensent davantage de cas de grippe, phénomène classique à cette période de l’année. Les symptômes plus marqués et la co-circulation de plusieurs virus respiratoires ont contribué à amplifier les inquiétudes. Le Ministère recommande toutefois la prudence :
▪︎port du masque pour les personnes symptomatiques,
▪︎lavage régulier des mains,
▪︎respect des gestes de prévention habituels.
Des recommandations de bon sens, bien loin du ton alarmiste du message du Samu social.
Une communication institutionnelle à clarifier ?
L’épisode met en lumière une question plus large : la cohérence de la communication sanitaire au Gabon. Dans un contexte marqué par le traumatisme de la pandémie de Covid-19, les messages isolés, incomplets ou excessifs peuvent rapidement créer une confusion.
Que le Samu social, organisme sous tutelle, publie un message évoquant un « pic épidémique » sans alignement préalable avec le Ministère soulève un débat nécessaire :
▪︎Faut-il revoir la coordination entre structures sanitaires publiques ?
▪︎Le protocole de communication doit-il être clarifié pour éviter les doublons et les contradictions ?
▪︎Le Samu social a-t-il voulu anticiper ou a-t-il communiqué de manière précipitée ?
Autant de points qui pourraient pousser le Ministère à revoir son dispositif de gestion de l’information sanitaire.
En attendant, l’appel du gouvernement : vigilance, mais pas de panique
Le Ministère conclut son communiqué en invitant la population à ne pas céder à la panique, à rester vigilante et à faire confiance aux autorités sanitaires, tout en assurant que la surveillance épidémiologique demeure continue et rigoureuse.
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre 2025, le Gabon a réaffirmé son engagement dans la riposte contre le VIH, où la communication joue un rôle central. Yêmï, émission de santé publique diffusée sur Urban FM 104.5, a consacré son numéro de la semaine à cette problématique majeure. LOPS, conceptrice et présentatrice, était accompagnée comme d’habitude de Dr Marcia Angué épouse Pemengoye, médecin conseil de l’émission, et a reçu comme invitée Dr Raissa Okouyi Ndong, directrice du Programme national de lutte contre le VIH et les IST (PLIST), pour informer et sensibiliser le public sur les stratégies de prévention, les avancées et les actions menées sur le terrain.
Une riposte de proximité
Au cours des échanges, Dr Raïssa a fait savoir que les équipes du PLIST ont mené des actions sur plusieurs sites de Libreville pour se rapprocher des communautés. Le 1er décembre, à la gare routière, 300 personnes ont été dépistées en une seule journée. Cette forte mobilisation traduit l’intérêt et la prise de conscience des populations pour la prévention du VIH. Les dépistages ont été accompagnés de consultations médicales gratuites, de distribution de traitements antirétroviraux, de médicaments pour infections opportunistes et de bons de gratuité pour les examens biologiques tels que le CD4 et la charge virale.
D’autres sites populaires et bien connus ont également été mobilisés : Delta Postal, marché Banane (PK08), marché de Kinguélé, Carrefour Rio, CHU FJE, CHRE de Melen, avec un programme qui s’étendra jusqu’au 19 décembre 2025.
Dr Marcia Angué : « Ces initiatives permettent de rapprocher les populations des services de santé. Le dépistage de proximité et l’éducation à la prévention sont essentiels pour limiter la propagation du virus. »
Dr Raissa Okouyi Ndong : « Aujourd’hui, c’est l’hôpital qui va vers la communauté. Les équipes médicales et psychosociales dépistent, conseillent et initient le traitement immédiatement si un cas positif est détecté. »
Depuis 2015, le Gabon applique la stratégie « Tester et traiter le jour même ». Les résultats des tests rapides sont disponibles en 15 à 20 minutes, suivis d’un entretien avec un psychologue et d’une consultation médicale pour déterminer l’éligibilité au traitement.
Indétectable = Intransmissible
L’émission a rappelé qu’une personne bien suivie peut devenir indétectable, c’est-à-dire que le virus est contrôlé et ne circule plus dans le sang, réduisant tout risque de transmission.
Dr Ndong : « Indétectable = Intransmissible. Le traitement protège à la fois la personne et son entourage. C’est un message d’espoir pour les femmes enceintes et les couples sérodifférents. »
Jeunes et familles : acteurs clés
Bien que vulnérables, les jeunes Gabonais présentent une séroprévalence relativement basse (1,5 %), avec une prédominance féminine. Dr Ndong recommande : se protéger, se faire dépister et connaître le statut de son partenaire. Pour les parents, le message est clair : dialoguer ouvertement, écouter et accompagner leurs enfants afin de renforcer la prévention dès le foyer.
Un appel à une riposte multisectorielle
La lutte contre le VIH ne relève pas uniquement du ministère de la Santé. Une synergie entre Communication, Éducation, Affaires sociales, communautés religieuses, médias et citoyens est indispensable.
Dr Ndong : « Sans coordination et financement adéquat, la riposte est difficile. Il faut des moyens pour la sensibilisation, les tests et la prise en charge globale. »
L’émission Yêmï souligne que dépistage, prévention, traitement et accompagnement communautaire restent essentiels. LOPS conclut :
« Chaque acteur, chaque famille et chaque citoyen a un rôle à jouer. La prévention commence avec la connaissance et l’information. »
Le 12 octobre 2025, à l’issue des élections locales et législatives, plusieurs membres du Gouvernement déposent leur démission, conformément à l’article 73 de la nouvelle Constitution de la Ve République. Parmi eux figure le Professeur Adrien MOUGOUGOU, Ministre de la Santé et élu du Département de la Boumi-Louetsi. Le Chef de l’État prend acte de ces démissions et rappelle que l’incompatibilité entre un mandat parlementaire et une fonction gouvernementale ne souffre d’aucune exception.
Pourtant, près de deux mois plus tard, un document venu de Mbigou ravive le débat : le communiqué du Collectif des six cantons du Département de la Boumi-Louetsi, daté du 10 décembre 2025, demandant le maintien du Ministre démissionnaire.
Une ignorance manifeste du cadre institutionnel
La démission déposée le 12 octobre 2025 ne fait l’objet d’aucune ambiguïté : elle s’impose en vertu de la Constitution. Le Chef de l’État précise alors que seuls les ministres non concernés par cette incompatibilité expédient les affaires courantes.
Mais le communiqué du Collectif semble ignorer ce cadre pourtant clair. En réclamant la reconduction du Ministre de la Santé, le document donne l’impression que la démission constitutionnelle — actée depuis octobre — pourrait être réversible par simple pression locale.
Cette attitude pose un problème majeur : elle minimise la portée de la Constitution et la volonté du Président, au moment même où les mécanismes de la Ve République s’installent progressivement.
Une démarche communautaire maladroite et décevante
Le Collectif, par la voix du Chef de canton Guy Joseph NGOKELELE KOUDALD, sollicite la « magnanimité » du Président pour maintenir le ministre au Gouvernement, afin qu’il « parachève l’œuvre immense entamée ».
Mais une telle démarche comporte de nombreuses dérives :
▪︎Elle entretient l’illusion dangereuse qu’un ministre pourrait être reconduit sous pression territoriale.
▪︎Elle fragilise l’image du ministre lui-même, associé malgré lui à une démarche qui ne respecte pas l’esprit institutionnel.
▪︎Elle crée un précédent regrettable, où les choix gouvernementaux seraient influencés par des considérations locales plutôt que par le droit.
Cette tentative, bien que présentée avec courtoisie, révèle une méconnaissance profonde des principes républicains et une lecture trop émotionnelle de la gestion de l’État.
Des maladresses qui affaiblissent la crédibilité du communiqué
Le document comporte plusieurs éléments problématiques :
▪︎L’appel à la « magnanimité légendaire » du Président, incompatible avec une correspondance institutionnelle.
▪︎La mention d’un numéro de téléphone personnel dans un courrier officiel destiné à la Présidence.
▪︎L’usage appuyé de formules religieuses dans un contexte administratif strict.
Ces maladresses cumulées donnent au texte un ton improvisé, peu rigoureux, et éloigné des standards attendus dans un échange institutionnel.
La loi doit primer sur toute pression communautaire
La réalité demeure simple et inaltérable :
▪︎le Gouvernement démissionne le 12 octobre 2025,
▪︎le Ministre de la Santé issu de la Boumi-Louetsi figure parmi les démissionnaires,
▪︎et aucune intervention locale ne peut modifier ou suspendre une décision constitutionnelle.
L’État fonctionne selon le droit et les institutions, non selon les sollicitations émotives ou communautaires. Dans le processus de consolidation de la Ve République, respecter les textes est un impératif non négociable.
La démission intervenue en octobre s’inscrit dans un cadre légal clair, que le Chef de l’État fait respecter avec rigueur. Face à cela, la démarche du Collectif des six cantons apparaît comme malvenue, décalée et contraire aux principes républicains, en tentant d’influencer une décision déjà encadrée par la Constitution.
Dans une République moderne, la stabilité institutionnelle repose sur une seule règle : la primauté du droit sur les pressions locales. Le communiqué de Mbigou, loin de servir la cause défendue, rappelle au contraire la nécessité urgente de mieux comprendre et respecter les mécanismes de la Ve République.
Dans le cadre de la 14ᵉ législature, la première de la Cinquième République, l’Assemblée nationale a franchi une étape clé dans l’organisation de ses travaux. Le lundi 08 décembre, au Palais Léon Mba, les députés ont procédé à la mise en place des premières commissions permanentes provisoires, marquant ainsi le début effectif de l’activité parlementaire. Parmi les décisions marquantes, la nomination de Brice-Constant Paillat à la présidence de la Commission des Lois, des Affaires administratives et des Droits de l’Homme s’est imposée comme l’un des faits saillants de la journée.
Un choix stratégique pour une commission sensible
Élu député du 1er siège de Mulundu sous la bannière de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), Brice-Constant Paillat, ancien ministre des Transports, accède à l’une des commissions les plus influentes du Parlement. Sa nomination est perçue comme un signal fort en faveur d’un encadrement juridique rigoureux et d’un travail législatif mieux structuré. Sa connaissance des institutions et de l’administration devrait renforcer la capacité de la commission à examiner les textes touchant aux libertés publiques, aux règles administratives et à l’organisation du pouvoir.
Des commissions essentielles désormais opérationnelles
La séance plénière du lundi 08 décembre, présidée par l’Honorable Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a officialisé la mise en place de deux commissions parmi les huit prévues par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale :
▪︎la Commission des Lois, des Affaires administratives et des Droits de l’Homme,
▪︎et la Commission des Finances, du Budget, de la Comptabilité publique, des Affaires économiques, de la Production et du Développement.
Le Président de l’Assemblée a rappelé aux élus l’importance de structurer rapidement les organes de travail afin d’assurer l’efficacité de la nouvelle législature. Il a également invité les groupes parlementaires (UDB, PDG, FP, UFRI) à poursuivre leurs concertations pour finaliser l’ensemble des bureaux.
Le bureau complet de la Commission des Lois
Sous la présidence de Brice-Constant Paillat, la Commission des Lois est composée comme suit :
Président : Brice Constant PAILLAT
1er Vice-président : Richard MAMIAKA
2e Vice-président : Aggée MOUROUNDZI MAYAKE
1er Rapporteur : Alexis N’NANG NTSEME
2e Rapporteur : Abdoul Rabman YOUMA
3e Rapporteur : Charles Edgar MOMBO
Quelques heures seulement après son installation, la Commission des Lois a auditionné le Président de l’Assemblée nationale sur la proposition de résolution portant adoption du nouveau Règlement intérieur, ainsi que sur divers aspects liés au fonctionnement institutionnel.
La Commission des Finances : Nicole Jeanne Roboty-Mbou aux commandes
Parallèlement, la présidence de la Commission des Finances a été confiée à Nicole Jeanne Roboty-Mbou, députée du 2ᵉ siège de l’Ogooué-et-Lacs, élue sous le ticket PDG–UDB et ancienne ministre de l’Économie.
Ces deux commissions, parmi les plus stratégiques du Parlement, jouent un rôle déterminant dans l’orientation de l’activité législative, notamment en matière de contrôle budgétaire et de protection des droits fondamentaux.
En s’adressant à l’ensemble des députés, Michel Régis Onanga M. Ndiaye a rappelé l’exigence d’un Parlement exemplaire, affirmant que les travaux se dérouleront « dans le respect des principes de transparence, d’équité et de responsabilité ».
« Notre devoir est collectif. Chacun de nous doit contribuer à renforcer la confiance du peuple en ses institutions », a-t-il conclu.
Dans cette dynamique, Brice-Constant Paillat apparaît comme l’un des acteurs centraux de ce renouveau parlementaire. À la tête de la Commission des Lois, il porte désormais la responsabilité d’impulser un travail législatif solide et cohérent, à la hauteur des attentes du pays.