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Gabon / Iboundji : Le Délégué spécial prône la transparence dans l’affaire du « milliard »

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Iboundji, 24 octobre 2025 – À Iboundji, dans la province de l’Ogooué-Lolo, la gestion des fonds alloués aux projets de développement local continue de faire couler beaucoup d’encre. Trois personnes ont été entendues ce mardi au parquet de Koulamoutou dans le cadre de l’affaire dite du « milliard d’Iboundji », relative à l’utilisation des fonds débloqués par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).

Une tournée présidentielle porteuse d’espoir

Tout remonte à la tournée nationale du Président de la Transition, le général Brice-Clotaire Oligui Nguema, en mai 2024, qui l’avait conduit dans la province de l’Ogooué-Lolo. Lors de cette visite, une enveloppe de 7 milliards de FCFA avait été allouée aux départements de la province pour financer des projets à fort impact social.

La commune d’Iboundji s’était alors vue octroyer 380 millions de FCFA, répartis entre trois entreprises :

▪︎ Thermo-BTP : fabrication et livraison de deux pondeuses industrielles (15 millions FCFA) ;

▪︎ MIBENGA : extension du réseau d’eau potable (66 millions FCFA) ;

▪︎ GGRC : réhabilitation de l’école publique de Moupopa, rénovation de l’auberge municipale et construction du nouvel Hôtel de ville (300 millions FCFA).

Le reste du milliard annoncé, soit plus de 600 millions de FCFA, a normalement pris la destination du département de l’Offoué-Onoye pour d’autres projets locaux relevant de la même enveloppe provinciale.

Des chantiers en panne et des soupçons de mauvaise gestion

Un an plus tard, plusieurs projets accusent de sérieux retards. Le chantier du nouvel Hôtel de ville, censé symboliser le renouveau local, n’affiche qu’un taux d’exécution estimé à 15 %. Selon des sources proches du dossier, les entreprises adjudicataires auraient pourtant bénéficié de la totalité des montants alloués, mais les résultats visibles tardent à se matérialiser.

Des enquêtes en cours pourraient révéler d’autres situations embarrassantes, dont la gestion suscite de nombreuses interrogations. Des risques de malversations, pris isolément ou collectivement, ne sont pas exclus. « Tout porte à croire que des fonds publics ont pu être distraits », confie une source administrative.

Dans cette affaire, la responsabilité du Délégué spécial d’Iboundji ne semble pas avérée à ce stade. Les autorités compétentes mèneraient leurs investigations au-delà du périmètre communal et pourraient, selon plusieurs observateurs, s’intéresser bientôt – si ce n’est déjà le cas – aux projets financés dans le département de l’Offoué-Onoye, où plusieurs chantiers n’ont jamais connu de démarrage effectif.

Ce déséquilibre alimente les interrogations locales : le cas d’Iboundji et l’attention particulière portée à son Délégué spécial ne traduiraient-ils pas un traitement inégal, voire une forme d’acharnement, au regard d’autres projets départementaux restés sans suite ?

« J’ai toujours privilégié la transparence »

Face aux suspicions, le Délégué spécial d’Iboundji, Jean-Claude Pango, revendique sa transparence administrative.
Selon les documents consultés par Akûm Infos, il a régulièrement adressé des correspondances au Président de la République pour rendre compte de l’état d’avancement des projets et des difficultés rencontrées.

« J’ai toujours privilégié la transparence dans la gestion des fonds publics. Dès les premiers signaux d’alerte, j’ai informé ma hiérarchie et pris la décision d’arrêter les travaux afin de préserver les intérêts de l’État », a-t-il déclaré.

Dans une lettre datée du 28 août 2025, M. Pango expliquait notamment que la société GGRC, confrontée à de graves difficultés financières, était dans l’incapacité de poursuivre les chantiers ou de payer ses employés. Il proposait alors que les projets soient repris par une autre entreprise locale, KONTE BTP, prête à préfinancer la suite des travaux.

Une gestion administrative documentée

Les correspondances adressées à la Présidence témoignent d’un suivi administratif constant. Dans ces rapports, le Délégué spécial détaille les réalisations déjà effectuées, les dysfonctionnements techniques observés et les mesures conservatoires prises, notamment la mise en veille des chantiers et la sécurisation des sites en attendant une reprise autorisée.

Des initiatives locales ont également été relancées : fourniture d’eau potable, remplacement des ampoules d’éclairage public et réhabilitation de points d’accès à l’eau, afin de maintenir une dynamique d’amélioration malgré la suspension des grands chantiers.

Une situation qui dépasse Iboundji

Si le cas d’Iboundji fait grand bruit depuis quelques jours, il n’est pas isolé. Dans la même province de l’Ogooué-Lolo, à Dienga et Lastoursville, des voix s’élèvent également pour dénoncer des retards dans la mise en œuvre des projets issus du même programme présidentiel.

Cette tendance traduit un malaise plus large dans la gestion des financements publics destinés aux collectivités locales, où le manque de suivi technique et administratif ralentit souvent l’impact réel des projets sur les populations.

« Chaque franc doit bénéficier aux populations »

Pour le Délégué spécial, la priorité reste la même : la bonne utilisation des fonds publics.

« L’objectif n’a jamais été de fuir nos responsabilités, mais d’assurer que chaque franc investi bénéficie réellement aux populations », insiste-t-il, affirmant sa pleine disponibilité à collaborer avec la justice et les autorités de tutelle.

Vers une meilleure gouvernance locale

L’affaire du « milliard d’Iboundji » illustre les défis de la décentralisation et la nécessité d’un suivi rigoureux des projets financés sur fonds publics.
Si la justice poursuit ses investigations, les éléments recueillis montrent que le Délégué spécial d’Iboundji avait pris soin de documenter sa gestion et d’alerter sur les dérives observées.

Mais au-delà de l’Ogooué-Lolo, d’autres régions du Gabon connaissent des réalités similaires. À Mbigou (Ngounié) à Moabi (Nyanga) et d’autres régions, les populations expriment les mêmes attentes : plus de transparence, plus de résultats et des projets qui se traduisent enfin sur le terrain.

Muta/Mihi…

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Éducation nationale : mises en solde, présalaires et régularisations décidées, la reprise des cours à l’épreuve

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La crise qui a secoué le secteur de l’Éducation nationale ces derniers jours a connu un tournant décisif avec la clôture des travaux de la Commission tripartite interministérielle réunissant les ministères de l’Éducation nationale, du Budget et de la Fonction publique. Menées jusqu’à une heure avancée de la nuit du 14 janvier 2026, ces concertations ont permis de dégager des solutions concrètes, mettant un terme au mouvement de grève des enseignants.

L’action du gouvernement, installé depuis moins de trois semaines, est largement saluée pour sa réactivité face au durcissement du mouvement social. Carmélia Ntoutoume Leclercq, ministre de l’Éducation nationale, a suivi de près les revendications du secteur, tandis que Hermann Immongault, vice-président du Gouvernement, a assuré une coordination efficace du dossier dès les premières heures de la crise, en maintenant un dialogue permanent entre les administrations concernées et les partenaires sociaux.

Les mesures arrêtées traduisent cette volonté d’agir rapidement : mise en solde de 328 sortants des ENS et de l’ENSET, mise en présalaire de 692 sortants des ENIL et ENIF, de 108 enseignants des matières scientifiques et de 1 810 enseignants jusque-là qualifiés de bénévoles, sans oublier la régularisation de 4 000 situations administratives sur les 6 574 dossiers déjà codifiés à la Fonction publique. Leur entrée en vigueur progressive est prévue à partir de février 2026, avec une extension annoncée à d’autres secteurs de la fonction publique, notamment la santé. Un Comité de suivi et d’évaluation a été mis en place pour garantir leur application effective.

Ces avancées ont permis de créer les conditions d’un apaisement du climat social. Toutefois, des interrogations subsistent. Le collectif SOS Éducation, à l’origine du mouvement, se trouve aujourd’hui divisé : certains de ses membres, reçus par le gouvernement, saluent les décisions prises, tandis que d’autres restent attachés aux positions arrêtées lors de l’assemblée générale du 10 janvier, réclamant une audience exclusive avec le Président de la République.

Dans ce contexte, la reprise effective des cours, attendue dès ce jeudi 15 janvier, constitue un véritable test. Si les décisions gouvernementales témoignent d’une volonté d’efficacité et d’écoute, leur traduction concrète dans les établissements scolaires permettra de mesurer si la crise éducative est réellement derrière le pays ou si des tensions persistent encore sur le terrain.

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Recensement national des artistes : un tournant décisif, mais encore fragile pour la culture gabonaise

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Le Gabon s’est engagé, depuis le 5 janvier et jusqu’au 30 janvier 2026, dans une opération majeure pour son secteur culturel : le recensement national des artistes et opérateurs culturels. Initiée par le ministère du Rayonnement culturel et des Arts, cette démarche invite les acteurs du secteur à se présenter dans les mairies d’arrondissement de Libreville, Akanda et Owendo, ainsi que dans les directions provinciales de la Culture à l’intérieur du pays.

Encadré par la Loi n°016/2023 portant statut de l’artiste et de l’opérateur culturel, ce recensement vise la constitution d’un registre national. Plus qu’une formalité administrative, il se veut un acte fondateur pour une reconnaissance officielle longtemps attendue par les créateurs gabonais, souvent laissés en marge des politiques publiques.

Toutefois, cette initiative intervient dans un contexte paradoxal. Si le projet de statut de l’artiste existe, son application concrète demeure incertaine. Malgré de multiples rencontres, annonces et promesses successives, les artistes continuent d’évoluer sans véritable protection sociale ni droits clairement établis. Une situation qui nourrit le scepticisme et explique en partie la mobilisation timide observée lors des premiers jours du recensement.

Les autorités se veulent néanmoins rassurantes, estimant que la dynamique devrait s’intensifier avec une meilleure diffusion de l’information. L’enjeu est de taille : structurer le secteur, faciliter l’accès aux droits sociaux, professionnaliser les métiers artistiques et positionner la culture comme un levier stratégique de diversification économique et de rayonnement international.

Ce processus s’inscrit également dans un contexte institutionnel nouveau, marqué par la récente nomination de Paul Ulrich Kessany au poste de ministre. Son arrivée à la tête de ce département est observée avec attention par les acteurs culturels, qui espèrent une impulsion concrète et durable pour un secteur longtemps relégué au second plan.

Pour autant, la réussite de cette opération passera nécessairement par une communication plus offensive. À ce titre, l’implication d’artistes de grande influence, à l’image de Ba’Ponga, Annie-Flore Batchiellilys, et bien d’autres figures emblématiques, pourrait jouer un rôle déterminant dans la mobilisation.

Car sans adhésion massive, sans visibilité et sans actes concrets, ce recensement, pourtant porteur d’avenir, risque de manquer son objectif : faire enfin de la culture gabonaise un pilier reconnu du développement national.

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Justice : Junior Xavier Ndong Ndong et Dokira Atsame Ella en détention préventive

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La justice gabonaise a ordonné, ce lundi 5 janvier 2026, la mise sous mandat de dépôt de Junior Xavier Ndong Ndong et de Juste Olivier Atsame Ella, alias Dokira Atsame Ella, deux figures se réclamant du courant traditionaliste. À l’issue d’une longue audition devant les magistrats, les deux hommes ont été écroués à la prison centrale de Libreville, après leur interpellation par la Direction générale des recherches (DGR).

Ils sont poursuivis pour des propos jugés attentatoires à la cohésion sociale, susceptibles de constituer une incitation à la violence et à la haine, dans un contexte national particulièrement sensible.

Selon des sources judiciaires, les poursuites visant Junior Xavier Ndong Ndong, président du Conseil national des rites et traditions du Gabon (CNRTG), font suite à des déclarations tenues lors d’une conférence de presse le 27 décembre dernier. Il y avait affirmé que certaines institutions stratégiques de l’État — notamment l’armée, le Trésor, la Garde républicaine et la Douane — seraient dominées par une seule communauté ethnique, des propos qualifiés de tribalistes par les enquêteurs. Il avait également évoqué publiquement l’hypothèse d’un coup d’État en préparation, tout en proférant des menaces à l’encontre de ceux accusant les ngangas d’implication dans des crimes rituels.

Dokira Atsame Ella, pour sa part, est mis en cause pour des déclarations tenues sur Gabon Première, au cours de l’émission Dieu en Question, consacrée aux spiritualités et aux croyances. Abordant le thème des crimes rituels, il avait notamment déclaré que ces pratiques « ne sont pas mauvaises » et que « si les gens souffrent, c’est leur problème ». Des paroles jugées intolérables par la justice, qui y voit une possible apologie d’actes criminels.

La décision de placement en détention préventive intervient dans un climat marqué par plusieurs affaires de disparitions et de crimes non élucidés, dont celle du jeune Cameron, qui a profondément choqué l’opinion publique. Les autorités estiment que ces prises de parole ont contribué à alimenter une psychose collective et à fragiliser le vivre-ensemble.

Les deux prévenus affirment s’être mal exprimés, nient toute promotion de crimes rituels et rejettent toute implication dans des actes de violence. Ils devront comparaître devant le tribunal le 12 janvier prochain, où la justice devra établir la portée pénale exacte de leurs propos.

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