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Secteur pétrolier : face aux tensions internationales, le Gouvernement et le GPP anticipent et s’organisent
Dans un contexte international sous tension, le Gabon choisit l’anticipation et le dialogue. Le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a reçu, ce mercredi 18 mars 2026, une délégation du Groupe des professionnels du secteur pétrolier (GPP), conduite par son président Jean Baptiste Bikalou. Une rencontre stratégique qui intervient alors que les incertitudes géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, font peser des risques croissants sur les marchés énergétiques mondiaux.
Au cœur des échanges : la relance de l’activité pétrolière, l’amélioration du climat des affaires, mais surtout l’anticipation des effets des chocs extérieurs sur les prix et l’approvisionnement du marché gabonais. Une démarche qui traduit la volonté des autorités de ne pas subir la conjoncture internationale, mais de s’y préparer activement.
« Nous lui avons présenté notre secteur d’activité, les enjeux, les challenges qui sont les nôtres pour nous permettre d’anticiper parce qu’il y a des crises au niveau international, notamment celle du Moyen-Orient. Notre secteur se porte relativement bien, en dépit des difficultés », a indiqué Jean Baptiste Bikalou.
Des signaux d’alerte pris au sérieux
Si le secteur affiche une certaine résilience, les professionnels n’en restent pas moins vigilants face à l’évolution rapide des marchés internationaux.
« La grosse crainte que nous avons, c’est la guerre au Moyen-Orient. Les coûts des produits pétroliers sont en train de s’envoler. Le coût du baril augmente, mais de l’autre côté, le prix des produits raffinés est également en forte hausse. Nous allons avoir des répercussions sur le marché dès le mois d’avril », a-t-il averti.
Dans ce contexte, une question s’impose : le Gabon pourra-t-il contenir l’impact de cette flambée sur les consommateurs tout en préservant l’équilibre du secteur ?
Une interrogation légitime, à laquelle le Gouvernement semble vouloir répondre par une stratégie d’anticipation et de concertation.
Société gabonaise de raffinage, un levier clé à consolider
Au centre des préoccupations figure la capacité de la Sogara à assurer un approvisionnement régulier du marché national, malgré la hausse des coûts d’importation.
« Nous devons nous assurer que notre fournisseur local, la Sogara, aura les moyens de continuer à approvisionner le marché, alors qu’elle devra faire face à une hausse des prix d’importation », a souligné le président du GPP.
Dès lors, une autre question se pose : quels mécanismes d’accompagnement permettront de renforcer durablement cette entreprise stratégique ?
Le plaidoyer des professionnels est clair : un soutien accru de l’État est nécessaire pour traverser cette période délicate.
« Nous devons nous assurer que la Sogara aura les ressources suffisantes pour faire face à cette flambée des coûts. Nous avons demandé au gouvernement d’avoir une écoute attentive pour l’aider à gérer ces moments difficiles », a-t-il ajouté.
Une gouvernance proactive face aux défis énergétiques
Face à ces préoccupations, le Gouvernement a réaffirmé son engagement à accompagner les acteurs du secteur pétrolier, pilier essentiel de l’économie nationale. Cette posture proactive laisse entrevoir une volonté de préserver la stabilité du marché tout en renforçant la résilience du secteur face aux turbulences internationales.
Mais au-delà de la gestion de l’urgence, une réflexion plus large s’impose : cette conjoncture ne pourrait-elle pas constituer une opportunité pour accélérer les réformes structurelles du secteur énergétique gabonais ?
Dans un environnement mondial incertain, une certitude se dégage : la coordination entre l’État et les opérateurs, déjà amorcée, apparaît comme un atout majeur. Reste désormais à savoir si cette dynamique permettra au Gabon non seulement de contenir les chocs à venir, mais aussi de renforcer durablement sa souveraineté énergétique.
Beauvoire / Mihi…
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Gabon : décès de l’abbé Florent Mboumba-Bouassa, grande figure de l’Église catholique
L’Église catholique gabonaise est en deuil. L’abbé Florent Mboumba-Bouassa est décédé dans la nuit du 13 au 14 septembre 2026, selon une annonce de Mgr Jean Patrick Iba-Ba, archevêque métropolitain de Libreville. Celui-ci a salué « le don de sa vie, son ministère sacerdotal et le témoignage donné au service de l’Église », tout en invitant les fidèles à prier pour le repos de son âme.
Originaire du village Malaba, dans le département de la Douigny à Moabi, Florent Mboumba-Bouassa est né au début de la Seconde Guerre mondiale. Fils de catéchiste, il grandit dans un environnement profondément marqué par la foi. Après des études en France, il est ordonné prêtre le 14 juillet 1968, à la paroisse Saint-Joseph de Tchibanga, dans le diocèse de Mouila.
Au fil des décennies, son parcours dépasse largement le seul cadre pastoral. Théologien, canoniste, historien, musicologue, linguiste, éducateur et chercheur, il s’intéresse à la fois aux questions religieuses, culturelles et identitaires. Il travaille notamment sur le concept Bajaga et compose plusieurs cantiques en langue yipunu.
Très attaché aux médias catholiques, il contribue à leur promotion au Gabon et participe à la mise en œuvre du journal La Lumière. Il est également le fondateur de l’association Les Messagers du Christ et reste associé à la construction de l’église Notre-Dame-des-Apôtres, au PK8 à Libreville.
Son engagement s’étend aussi à des domaines institutionnels. Il a travaillé au sein d’un organe lié à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Des témoignages lui attribuent par ailleurs une contribution, après ses études en France, aux travaux autour de la Constitution de la Première République gabonaise, notamment sur la référence à Dieu.
Profondément attaché à ses racines, à la culture et aux traditions de son terroir, l’abbé Florent Mboumba-Bouassa aura marqué plusieurs générations par la diversité de ses engagements et par sa volonté de faire dialoguer foi chrétienne, savoir, identité culturelle et transmission.
Sa disparition, survenue le jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, clôt un parcours de près de six décennies de sacerdoce, entre évangélisation, culture, recherche et engagement intellectuel.
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Cybersécurité : l’ANINF renforce les capacités nationales face aux menaces numériques
L’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF) poursuit le renforcement de son expertise et de son rôle dans la protection de l’écosystème numérique gabonais. Ce jeudi 10 septembre 2026, à la Tour ANINF, une cérémonie de remise de certificats de participation a marqué l’aboutissement d’un programme de formation de neuf mois, conduit de janvier à septembre 2026 par des experts de MITRE au profit de participants de l’ANINF et de l’administration.
Axée sur le référentiel MITRE ATT&CK et le renseignement sur les cybermenaces, ou Cyber Threat Intelligence (CTI), cette formation a combiné apports méthodologiques et ateliers pratiques. Elle a permis aux participants d’approfondir leur maîtrise de l’analyse du profil, de la posture et du comportement des attaquants.
Les bénéficiaires ont également été formés à la recherche des traces laissées lors de la compromission d’un système, à la reconstitution du déroulement d’une cyberattaque ainsi qu’à l’identification des tactiques, techniques et procédures utilisées dans un environnement informatique.
Ces acquis viennent renforcer les capacités de détection, d’analyse et de réponse face aux cybermenaces, dans un contexte où la protection des systèmes d’information constitue un enjeu majeur de souveraineté.

Les certificats ont été remis par Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, Directeur Général de l’ANINF, et Denise Olsen, experte en cybersécurité et cheffe de projet au sein de MITRE.
Pour le Directeur Général de l’ANINF, cette montée en compétences répond directement aux enjeux de protection des infrastructures numériques du pays : « Renforcer les compétences de nos équipes, c’est renforcer durablement notre capacité à protéger les infrastructures numériques du Gabon et à mieux anticiper les cybermenaces. »
Ce programme s’inscrit dans le partenariat entre le Gabon et les États-Unis d’Amérique, avec l’appui technique de MITRE, en faveur du développement des compétences nationales en cybersécurité et en cyberdéfense.
À travers cette initiative organisée à la Tour ANINF, l’Agence confirme sa place parmi les acteurs centraux de la transformation numérique du Gabon. Son action s’inscrit dans la vision du Président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la souveraineté numérique, de la protection des infrastructures critiques et de la montée en compétences des ressources nationales des priorités.
En renforçant l’expertise des acteurs chargés de protéger les systèmes d’information, l’ANINF contribue ainsi à construire une résilience numérique durable et à consolider la souveraineté numérique du Gabon.
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UDB : départ d’Aurélien Mintsa Mi Nguema de la trésorerie, Oligui Nguema invoque la discipline du parti
Le départ d’Aurélien Mintsa Mi Nguema de la trésorerie générale de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) avait suscité plusieurs interrogations. Brice Clotaire Oligui Nguema a finalement apporté un éclairage, en invoquant à la fois la discipline du parti et les exigences liées à la fonction d’ambassadeur.
Le 9 septembre 2026, une décision lue sur Gabon 1ère par le secrétaire général de l’UDB, Mays Mouissi, a officialisé la nomination de Luc Aymard Madama Moubeya comme nouveau Trésorier général. Il sera assisté de Yannick Mefane et Alice Princesse Antsiendi Ampindi. Le texte ne mentionnait toutefois pas les raisons du remplacement d’Aurélien Mintsa Mi Nguema.
Interrogé par le journaliste Chamberland Moukouama lors d’une visite de chantiers, le chef de l’État a été plus explicite. Revenant sur cette actualité, il a expliqué en substance que cette décision ne relevait pas d’une volonté personnelle, mais du respect de la discipline interne du parti.
« Ce n’est pas une décision personnelle. Il y a des règles au sein du parti et chacun doit s’y conformer. La discipline doit s’appliquer à tous. Par ailleurs, Aurélien Mintsa Mi Nguema exerce désormais les fonctions d’ambassadeur. À ce titre, sa prise de parole publique doit aussi tenir compte des responsabilités liées à cette fonction. Dans ces conditions, il était normal qu’il libère son poste au sein du parti. »
Cette sortie fait notamment écho à l’entretien récemment accordé par Aurélien Mintsa Mi Nguema à Jeune Afrique, dans lequel le frère cadet du président, longtemps discret dans les médias, revenait sur son parcours et son positionnement dans l’environnement du pouvoir.
Mais au-delà du fonctionnement interne de l’UDB, l’affaire pose aussi la question des obligations qui accompagnent une haute fonction de l’État. Nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon en Inde en février 2026, Aurélien Mintsa Mi Nguema représente désormais officiellement l’État gabonais à l’étranger.
À ce titre, sa fonction implique des obligations de réserve, de loyauté, d’impartialité, de discrétion et de protection des intérêts du pays. Un ambassadeur ne s’exprime donc plus uniquement comme acteur politique ou à titre personnel : sa parole publique peut aussi être perçue comme engageant l’image de l’État.
Cela ne signifie pas qu’un diplomate perd toute liberté d’expression ni qu’une interview constitue automatiquement une faute. Mais sa communication doit rester compatible avec les responsabilités institutionnelles qui sont les siennes.
Avant son affectation en Inde, Aurélien Mintsa Mi Nguema avait été directeur général du Budget et des Finances publiques, trésorier du camp du « oui » au référendum de 2024, puis acteur de la campagne présidentielle de 2025 avant de prendre la trésorerie de l’UDB.
Son remplacement peut ainsi être lu au-delà des équilibres internes du parti : il remet en lumière la frontière parfois délicate entre engagement politique et devoirs attachés à la représentation de l’État.
