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Scrutin du 18 octobre à Moabi : électeurs menacés et cartes à vendre, qui tire les ficelles ?
À Moabi, dans la province de la Nyanga, la campagne pour la reprise du scrutin législatif et local du 18 octobre 2025 se déroule dans un climat de crispation et de peur. Entre pressions, menaces et soupçons de manipulations, le processus électoral, censé restaurer la confiance après l’annulation du vote du 27 septembre pour irrégularités et usage abusif de procurations, semble au contraire affaiblir la crédibilité des institutions.
Le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, a tenté de rectifier la situation en remplaçant plusieurs présidents de bureaux de vote. Mais sur le terrain, les pressions sur les électeurs et le manque d’équité persistent. Selon plusieurs sources, certains candidats privilégieraient désormais intimidation et coercition plutôt que la présentation de programmes politiques.
À Moukoko, localité stratégique en raison de son partage communautaire (Tsogho-Punu) et de son nombre d’électeurs particulièrement important pour la circonscription (450 à 500 inscrits, dont 250 résidents permanents), la campagne a pris un tournant inquiétant. Un meeting organisé par un proche du parti au pouvoir Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), aurait été utilisé pour influer directement sur le vote, avec le soutien de personnalités influentes dépêchées sur place.


Vue de Moukoko, point central de la campagne.
S’y ajoute une pratique préoccupante : l’achat et la récupération des cartes d’électeurs. Selon plusieurs témoignages, certains habitants pourraient se voir proposer de vendre ou de céder leur carte d’électeur, un document personnel et obligatoire pour voter. Si ces informations se confirment, une telle pratique remettrait gravement en question la liberté de choix et l’intégrité du scrutin, et constituerait un retour à des méthodes d’un autre temps, en contradiction avec l’esprit de transparence que les autorités souhaitent instaurer.
Un habitant de Moukoko témoigne :
“Je n’en reviens pas… on a peur de parler ou de montrer ses idées. On sent que tout le monde est surveillé. On ne vote plus pour un programme, mais pour ne pas s’attirer d’ennuis. C’est effrayant et totalement inattendu.”
Pour illustrer le contraste avec les pratiques antérieures, Herménégile Bussa-Bussamb, candidat du Parti Démocratique Gabonais (PDG) à l’élection locale, rappelle :
“Depuis 2018, nous menons des campagnes dans un climat différent : les vainqueurs gagnent, les perdants perdent, et nous nous retrouvons dans les bars, ici en ville comme au village.”
Sur l’étendue du territoire, après le scrutin du 27 septembre, le ministre a rappelé dans une note adressée aux commissions électorales que l’usage abusif des procurations constitue une violation du Code électoral, mais les pratiques anciennes persistent et fragilisent la confiance des citoyens.
Si le climat reste tendu à Moabi, il contraste avec les autres circonscriptions où le scrutin reprend le même jour : Ntoum, Lékoni-Lékori et Rennes (diaspora), où la campagne se déroule dans une atmosphère apaisée et centrée sur les programmes, illustrant les fragilités locales d’un processus démocratique encore inégalement maîtrisé.
Moabi restera donc le test majeur de la démocratie locale, où citoyens et autorités devront prouver que le vote peut se dérouler librement, malgré les menaces et pressions.
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« Rap Hero » : Yvy Real Killer étend son univers artistique à la bande dessinée
Connu pour son parcours dans le rap gabonais, notamment au sein du groupe BGMFK avant de poursuivre une carrière solo, Yvy Real Killer révèle une nouvelle facette de sa créativité. L’artiste finalise actuellement « Rap Hero », une bande dessinée dont il est à la fois le concepteur et le personnage principal du premier tome.
À travers ce projet, le rappeur s’aventure dans un univers mêlant les codes de l’afrofuturisme et du roman graphique. La mémoire, la musique, l’identité et l’imaginaire africain occupent une place centrale dans une histoire qui entend mettre en lumière la richesse culturelle du Gabon.
Plusieurs artistes gabonais apparaissent dans l’œuvre. Leur présence permet de célébrer le patrimoine culturel contemporain du pays. Rap, slam, danse, traditions orales, mode et arts visuels sont représentés comme autant de visages de la créativité nationale.
Dans « Rap Hero », la culture devient une force positive. Les mots, la musique et l’art possèdent le pouvoir de préserver la mémoire collective, d’inspirer la jeunesse et de transmettre des valeurs. L’histoire invite ainsi les lecteurs à réfléchir à leur responsabilité individuelle, au passé et au rôle de la création artistique dans la construction de l’avenir.
Le message porté par la bande dessinée peut se résumer par cette phrase : « Ce n’est pas la force qui change une nation, c’est la culture qui transforme les générations. » Une autre idée traverse également l’œuvre : les armes divisent les peuples, tandis que les histoires, la musique et l’art peuvent les rassembler.
Avec ce projet, Yvy Real Killer démontre que son talent ne se limite pas à la musique. Alors que le premier tome approche de sa finalisation, il recherche désormais une maison d’édition pour publier et faire découvrir son œuvre au public.
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Tris rejoint Sean Bridon Music : la Battle des producteurs comme nouveau départ
La Battle des producteurs est peut-être en train de changer le cours de la carrière de Tris. Choisi par Sean Bridon pour l’accompagner dans ce challenge, le rappeur vient d’annoncer sa signature officielle chez Sean Bridon Music.
Cette signature ne doit toutefois pas prêter à confusion. Avant le lancement de la compétition, et même durant les deux premiers rounds, Tris ne faisait pas partie des artistes produits par Sean Bridon. Celui-ci l’avait simplement choisi pour défendre ses propositions musicales dans une Battle qui doit s’achever au troisième round.
Leur collaboration a particulièrement attiré l’attention lors de la deuxième étape du concours. Sur un morceau mêlant rap, sonorités du Bwiti, harpe traditionnelle et ambiance urbaine, Tris a retrouvé cette lumière qui semblait lui manquer depuis quelque temps. Le talent, lui, n’a jamais vraiment été remis en cause. C’est plutôt l’actualité autour de sa carrière qui était devenue rare, donnant l’impression d’un parcours en sommeil.
La Battle lui a ainsi offert une occasion de se rappeler au bon souvenir du public, mais aussi de montrer à Sean Bridon ce qu’une collaboration plus durable pouvait produire. Quelques jours plus tard, l’essai s’est transformé en contrat.
Sur les réseaux sociaux, Tris a accueilli cette nouvelle étape avec fierté. Il évoque une vision, une ambition commune et le début d’une aventure qu’il espère certainement décisive pour la suite de son parcours.
À travers cette signature, le challenge dépasse désormais la simple confrontation entre producteurs. Il devient aussi un espace de rencontres et d’opportunités pour les artistes. Pour Tris, l’une des premières retombées est déjà concrète, alors même que la compétition n’est pas encore terminée.
Reste maintenant à savoir ce que Sean Bridon Music prépare pour sa nouvelle recrue. Car après cette belle exposition, le véritable défi sera de proposer des projets réguliers et solides, capables d’inscrire durablement Tris au premier plan de la scène musicale gabonaise.
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Fête des cultures : renaissance ou simple parenthèse ?
Après huit années d’interruption, la Fête des cultures s’apprête à rassembler de nouveau les populations du Gabon autour de leur patrimoine commun. Du 21 au 23 août 2026, l’avenue Jean-Paul II, entre l’immeuble du « 2-Décembre » et le boulevard Triomphal, accueillera la 15ᵉ édition de ce rendez-vous majeur du patrimoine gabonais.
Le retour de l’événement a été annoncé par le ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, Paul Ulrich Kessany. Placée sous le thème « Réappropriation de nos valeurs culturelles », cette édition réunira artistes, artisans, associations et communautés des neuf provinces autour des danses, des langues, de la gastronomie, des rites, des masques et des savoir-faire traditionnels.
Créée en 1997 par Paul Mba Abessole, alors maire de Libreville, puis portée au niveau national sous la présidence d’Omar Bongo Ondimba, la manifestation n’avait plus été organisée depuis 2018. Son retour apparaît donc comme une « réparation d’une mémoire », selon le ministre.
Mais cette renaissance sera-t-elle durable ? La Fête des cultures redeviendra-t-elle un rendez-vous régulier ou restera-t-elle une parenthèse exceptionnelle dans l’agenda national ?
Cette relance pose également la question de la vitalité du milieu culturel gabonais. Les artistes, artisans, danseurs, créateurs et gardiens des traditions disposent-ils réellement des espaces, des financements et de l’accompagnement nécessaires pour vivre de leur talent et transmettre leur héritage ?
Avec le Sénégal comme pays invité d’honneur, cette édition proposera des spectacles, des danses traditionnelles et une cérémonie des masques. Elle devrait aussi profiter aux exposants et aux petits commerçants.
Au-delà de la fête, le véritable défi commencera après le 23 août : faire de la culture un secteur vivant, structuré et durable, plutôt qu’un simple décor célébré quelques jours avant de retomber dans le silence.
