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« Maintenir un dialogue social permanent, franc et honnête : impératif pour le gouvernement »
Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a souligné, lors du Conseil interministériel tenu le 20 janvier, l’importance du dialogue social pour désamorcer les tensions, en particulier dans le secteur éducatif. Face à une crise marquée par le durcissement des positions syndicales et la fermeture de certaines portes à la négociation, il a rappelé les impacts possibles sur le système éducatif et l’avenir des élèves.
Pour Hermann Immongault, le gouvernement doit agir avec « tact et anticipation pour éviter l’émergence de situations ingérables ». Il a encouragé les ministres à rencontrer les agents publics, écouter leurs revendications, expliquer les contraintes et rappeler que l’État n’est ni sourd ni indifférent. Il a précisé que le discours du gouvernement devait rester « franc et honnête », sans promesses impossibles, tout en clarifiant les marges de manœuvre limitées de l’Exécutif.
Le vice-président a également appelé à éviter des comportements susceptibles de provoquer des tensions avec les partenaires sociaux, afin de faciliter la recherche de solutions concrètes aux problèmes rencontrés dans le secteur éducatif. Selon lui, le dialogue social constitue un mécanisme de sortie de crise, et non une concession.
« Le dialogue social doit être maintenu, permanent, franc et honnête. Il ne s’agit ni de promettre l’impossible ni de fermer la porte à la discussion, mais de bâtir une relation de confiance », a rappelé Hermann Immongault. Son propos a été largement relayé sur les réseaux sociaux.
Les mesures mises en œuvre par le gouvernement depuis le 14 janvier incluent : la mise en solde de 328 sortants des Écoles normales supérieures (ENS et ENSET), la mise en présalaire de 692 sortants des ENIL et ENIF, l’intégration de 108 enseignants des matières scientifiques et la régularisation de 1 810 enseignants bénévoles. Par ailleurs, 4 000 situations administratives sur 6 574 dossiers codifiés à la Fonction publique devraient être traitées. L’effectivité de ces mesures est prévue au mois de février.
Le 20 janvier, le protocole d’accord signé avec les partenaires sociaux – regroupés autour du SENA, SYNETECPRO et la plateforme SOS ÉDUCATION – a été remis au Comité de suivi et d’évaluation des mesures issues de la Commission tripartite interministérielle (Éducation nationale, Fonction publique et Budget).

Image montrant la Ministre de l’Éducation nationale, et les partenaires sociaux, lors de la remise au Comité de suivi du protocole d’accord.
Si l’école n’a pas totalement repris en raison des désaccords de certains syndicats, des progrès ont été constatés, notamment à Koula-Moutou, où des élèves ont réclamé la reprise des cours. La prochaine assemblée générale des enseignants est attendue pour déterminer la reprise effective des cours.
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Mines et souveraineté : le plaidoyer d’Elvis OSSINDJI à Rabat
À Rabat, au Maroc, la question de la gestion responsable des ressources minières africaines était au cœur des échanges, le 7 octobre 2026. Parmi les intervenants, Elvis OSSINDJI, ancien ministre gabonais des Mines et de la Géologie, a défendu une approche qui permettrait aux pays africains de mieux contrôler leurs richesses tout en répondant aux exigences des investisseurs internationaux.
Lors de ce panel consacré aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), l’expert gabonais a échangé avec Bouchra Mzali, Stéphane Rinimba Moudoute-Bell, Jean-Pierre Kucheida et Pascal Rey, sous la modération d’Abdellatif Kissami.
Dans une contribution publiée le 9 octobre, il résume sa position : « L’Afrique a besoin d’un cadre ESG qui parle sa propre langue tout en restant lisible par le reste du monde. »
Pour Elvis OSSINDJI, les États africains doivent pouvoir décider de l’exploitation de leurs ressources, mais également garantir des règles claires et stables aux investisseurs. Il prend pour exemple la décision du Président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, d’interdire les exportations de manganèse brut à partir de 2029, afin de favoriser sa transformation au Gabon.
« La décision souveraine du Gabon de ne plus exporter son manganèse brut à partir de 2029 en est l’illustration la plus nette », souligne l’ancien ministre, rejoignant ainsi les préoccupations exprimées à Rabat par plusieurs responsables africains.
Il évoque également les réformes minières engagées sur le continent, notamment au Congo-Brazzaville, qui a adopté un nouveau code en avril 2026, tandis que plus de 200 permis ont été retirés dans plusieurs pays africains.
Mais adopter des lois ne suffit pas. En République démocratique du Congo, seules deux entreprises sur 47 évaluées déclaraient avoir respecté, en 2020-2021, leur obligation de consacrer 0,3 % de leur chiffre d’affaires aux communautés. Après une meilleure organisation, les versements ont dépassé 100 millions de dollars en 2023.
Face à ces difficultés, Elvis OSSINDJI propose des règles ESG communes à l’Afrique, compatibles avec les normes internationales, mais adaptées aux réalités de chaque région et pays. C’est notamment l’objectif du référentiel MAYA, développé par NL Consulting avec ses partenaires et l’appui du ministère gabonais chargé des Mines.
S’appuyant sur la Vision minière africaine de 2009 et l’expérience de l’OHADA, il insiste sur la formation, le contrôle et la connaissance des ressources, alors que la sous-facturation des exportations extractives coûterait annuellement 40 milliards de dollars au continent.

Pour Elvis OSSINDJI, le Gabon, engagé dans la révision de son code minier, pourrait montrer la voie en Afrique centrale. Reste désormais à traduire ces ambitions en résultats concrets, pour que les richesses du sous-sol profitent davantage aux économies africaines et aux populations.
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Sébé-Brikolo : un an après les législatives, Elvis Ossindji choisit de rester au contact du terrain
En politique, le verdict des urnes tranche une échéance, mais il ne suffit pas à mesurer la durée d’un engagement. Celle-ci se lit aussi dans la capacité d’un responsable à rester présent, à maintenir le lien avec les populations et à poursuivre son action une fois la campagne terminée. C’est précisément sur ce terrain qu’Elvis Ossindji, membre du Bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG), entend continuer à avancer. Un an après les législatives de septembre 2025, il maintient le contact avec sa base dans le 2ᵉ siège du département de la Sébé-Brikolo et inscrit sa démarche dans la continuité.
C’est dans cette logique qu’il a récemment réuni à son domicile plusieurs membres de sa base politique. L’objectif : revenir sur l’expérience électorale, en tirer les enseignements et réfléchir à la suite. Les échanges se sont voulus dépassionnés, autour d’un principe clairement formulé : faire « un bilan de raison et non de passion ».
Pour Elvis Ossindji, la politique ne devrait pas se limiter au temps électoral. « Une élection est un moment dans un engagement politique. Elle ne doit pas nous faire perdre de vue l’essentiel : nos populations et ce que nous pouvons faire, chacun à notre niveau, pour améliorer leur quotidien », a-t-il rappelé.
La rencontre a également pris une dimension sociale avec la rentrée scolaire. Elvis Ossindji a apporté une contribution personnelle à plusieurs membres de sa base et à leurs familles établis à Libreville, Moanda, Franceville et dans la Sébé-Brikolo. Une aide présentée comme un geste de solidarité destiné à accompagner certaines familles confrontées aux dépenses liées à cette période.
Au-delà de cet appui, les discussions ont porté sur des initiatives à développer progressivement en faveur de la jeunesse, de l’éducation, de la solidarité et du développement local.
Sur le plan politique, les participants ont réaffirmé leur attachement au PDG ainsi que leur volonté de poursuivre la dynamique engagée dans le 2ᵉ siège.
« Nous avons vécu une expérience politique importante. Il faut savoir en tirer les leçons, garder ce qu’elle nous a apporté de positif et continuer à travailler. On peut servir avec un mandat, mais on peut également être utile sans mandat. Ce qui compte, c’est ce que nous sommes capables d’apporter à nos populations », a déclaré Elvis Ossindji.
À Mounandji, Lékori et plus largement dans la Sébé-Brikolo, la stratégie affichée repose désormais sur la continuité. Dans ce type de configuration, la durée devient aussi un élément d’observation pour les électeurs, qui peuvent apprécier la constance d’un responsable politique au-delà des campagnes et des résultats électoraux.
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Gabon : derrière le jargon des jeunes, l’héritage des langues locales
Dans les rues de Libreville comme dans les autres villes du pays, le langage des jeunes se nourrit d’un mélange permanent de français, d’anglais, d’argot et d’expressions locales. Mais derrière certains mots devenus presque ordinaires se cachent en réalité des langues gabonaises que beaucoup utilisent sans toujours en connaître l’origine.
Ce phénomène est particulièrement visible dans les conversations entre jeunes, sur les campus, dans les transports, les quartiers ou encore sur les réseaux sociaux. Certains termes traversent les communautés linguistiques, circulent d’un groupe à l’autre et finissent par s’installer naturellement dans le parler quotidien.
C’est le cas de « Akié ! », expression issue du fang. Très répandue, elle peut traduire la surprise, l’étonnement, l’agacement ou encore la désolation. Une formule comme « Akié ! Toi aussi, tu as fait quoi ? » est aujourd’hui comprise bien au-delà des seuls locuteurs du fang.
Autre exemple, « djadji », tiré du yipunu. Le mot signifie « grand » et sert notamment à désigner un aîné, une personne plus âgée ou quelqu’un à qui l’on témoigne une certaine considération. Là encore, son usage s’est largement étendu, au point que certains jeunes l’emploient sans savoir qu’il vient directement d’une langue gabonaise.
Dans le même registre, « Bouédi », issu de l’inzèbi, renvoie à l’idée de « bien », « ça va » ou « c’est bon ». Il peut facilement être glissé dans une phrase en français, comme beaucoup d’autres expressions locales devenues familières.
Il en va de même pour « Toli », issu du ômyènè, qui renvoie à la parole, au récit ou à la discussion. Le terme est notamment connu à travers l’expression « Toli Bangando », aujourd’hui associée au langage urbain et populaire des jeunes.
À cette liste s’ajoute également « Dibôkô ! », une expression que l’on retrouve dans l’univers culturel et initiatique Missoko/Bwiti au Gabon. Elle peut traduire une forte stupéfaction, un étonnement profond ou une réaction face à quelque chose d’extraordinaire. Souvent prononcée avec insistance, « Dibôkôôô ! » est aujourd’hui également reprise dans certaines conversations en dehors de son cadre traditionnel. Sa vulgarisation ces dernières années doit aussi beaucoup à l’influenceur Chocolat des filles, très présent dans le courant traditionnel et culturel gabonais, qui en a fait l’une de ses expressions récurrentes, contribuant ainsi à la faire connaître auprès d’un public beaucoup plus large, notamment sur les réseaux sociaux.
Ces cinq exemples ne représentent qu’une petite partie d’un phénomène beaucoup plus large. De nombreuses autres expressions tirées des langues gabonaises circulent dans le parler quotidien, parfois depuis plusieurs générations, sans que leur origine soit réellement connue de ceux qui les utilisent.
À travers ce langage urbain, les jeunes participent donc, parfois inconsciemment, à la survie et à la diffusion d’une partie du patrimoine linguistique national. Derrière une expression lancée dans la rue se cachent souvent une langue, une histoire, une culture et une identité qui continuent de vivre au rythme des nouvelles générations.
