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La musique gabonaise en deuil : Julien Nziengui Mouélé nous a quittés
La musique gabonaise perd l’une de ses figures les plus marquantes. Julien Nziengui Mouélé, compositeur, chanteur et guitariste virtuose, est décédé le samedi 3 janvier 2026, selon une information officiellement communiquée par sa famille. Avec lui disparaît un pan entier de l’histoire musicale du Gabon, façonné dans les années 1970 et 1980 par une génération d’artistes visionnaires.
Icône de la musique tradi-moderne, Julien Nziengui Mouélé a bâti une œuvre singulière, nourrie des sonorités traditionnelles Tsogho, de la rumba congolaise et de subtiles influences jazz. Cette fusion, à la fois enracinée et ouverte, lui a permis de créer un langage musical reconnaissable entre tous et de toucher un public large, au-delà des générations.
Révélé au grand public dans les années 70, il s’impose rapidement sur la scène nationale avec des titres devenus des classiques indémodables. Parmi eux, « Mama », hommage poignant à sa mère, demeure sans doute l’une de ses œuvres les plus emblématiques. Sa discographie retient également des chansons marquantes comme « Ma jolie Samboui », « Boungui », « Matambe » ou encore « Tsan Congo », autant de morceaux qui continuent de vivre dans la mémoire collective.
Artiste respecté de ses pairs, Julien Nziengui Mouélé a également collaboré avec de grandes figures de la musique gabonaise et africaine, dont Pierre Claver Akendengué, renforçant ainsi son statut d’artiste majeur et son influence sur la scène culturelle nationale.
Sur le plan scénique, il était reconnu pour son charisme, sa présence intense et sa parfaite maîtrise de la guitare. Même après de longues années d’absence, il a su marquer les esprits lors de son retour remarqué en octobre 2017 au Casino Croisette de Libreville, alors qu’il n’était plus actif depuis des décennies. Ce concert, chargé d’émotion, avait rappelé au public l’ampleur de son talent et la profondeur de son héritage artistique.
Très souvent, Julien Nziengui Mouélé partageait la scène avec son épouse Angela, elle aussi chanteuse. Ensemble, ils formaient un duo complice et apprécié, dont le public garde en mémoire le titre « Coucou Chene », interprété notamment au Casino Croisette, ravivant les souvenirs d’une époque phare de la musique gabonaise.
Au-delà de sa carrière, l’artiste incarnait un pont entre les générations, inspirant de nombreux jeunes musiciens par son parcours, sa rigueur et son attachement aux racines culturelles du Gabon.
Dans ses dernières années, Julien Nziengui Mouélé faisait face à la maladie. En 2024, dans un élan de solidarité salué par le milieu culturel, il avait reçu le soutien de plusieurs artistes gabonais, dont Arnold Djoud, dans le cadre d’une chaîne de solidarité destinée aux artistes en difficultés, projet piloté par Juste Parfait Moubamba et Aimée Delia Beloumi, tous deux conseillers au ministère de la Culture. Ce geste témoignait de l’estime profonde et du respect dont jouissait le musicien auprès de la nouvelle génération d’artistes.
Julien Nziengui Mouélé s’en va, mais sa musique demeure. Elle continuera d’accompagner les mémoires, de traverser le temps et de rappeler qu’au Gabon, certaines notes ne meurent jamais.
Mboulet / Mbadyè / Mihi…
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Gabon : derrière le jargon des jeunes, l’héritage des langues locales
Dans les rues de Libreville comme dans les autres villes du pays, le langage des jeunes se nourrit d’un mélange permanent de français, d’anglais, d’argot et d’expressions locales. Mais derrière certains mots devenus presque ordinaires se cachent en réalité des langues gabonaises que beaucoup utilisent sans toujours en connaître l’origine.
Ce phénomène est particulièrement visible dans les conversations entre jeunes, sur les campus, dans les transports, les quartiers ou encore sur les réseaux sociaux. Certains termes traversent les communautés linguistiques, circulent d’un groupe à l’autre et finissent par s’installer naturellement dans le parler quotidien.
C’est le cas de « Akié ! », expression issue du fang. Très répandue, elle peut traduire la surprise, l’étonnement, l’agacement ou encore la désolation. Une formule comme « Akié ! Toi aussi, tu as fait quoi ? » est aujourd’hui comprise bien au-delà des seuls locuteurs du fang.
Autre exemple, « djadji », tiré du yipunu. Le mot signifie « grand » et sert notamment à désigner un aîné, une personne plus âgée ou quelqu’un à qui l’on témoigne une certaine considération. Là encore, son usage s’est largement étendu, au point que certains jeunes l’emploient sans savoir qu’il vient directement d’une langue gabonaise.
Dans le même registre, « Bouédi », issu de l’inzèbi, renvoie à l’idée de « bien », « ça va » ou « c’est bon ». Il peut facilement être glissé dans une phrase en français, comme beaucoup d’autres expressions locales devenues familières.
Il en va de même pour « Toli », issu du ômyènè, qui renvoie à la parole, au récit ou à la discussion. Le terme est notamment connu à travers l’expression « Toli Bangando », aujourd’hui associée au langage urbain et populaire des jeunes.
À cette liste s’ajoute également « Dibôkô ! », une expression que l’on retrouve dans l’univers culturel et initiatique Missoko/Bwiti au Gabon. Elle peut traduire une forte stupéfaction, un étonnement profond ou une réaction face à quelque chose d’extraordinaire. Souvent prononcée avec insistance, « Dibôkôôô ! » est aujourd’hui également reprise dans certaines conversations en dehors de son cadre traditionnel. Sa vulgarisation ces dernières années doit aussi beaucoup à l’influenceur Chocolat des filles, très présent dans le courant traditionnel et culturel gabonais, qui en a fait l’une de ses expressions récurrentes, contribuant ainsi à la faire connaître auprès d’un public beaucoup plus large, notamment sur les réseaux sociaux.
Ces cinq exemples ne représentent qu’une petite partie d’un phénomène beaucoup plus large. De nombreuses autres expressions tirées des langues gabonaises circulent dans le parler quotidien, parfois depuis plusieurs générations, sans que leur origine soit réellement connue de ceux qui les utilisent.
À travers ce langage urbain, les jeunes participent donc, parfois inconsciemment, à la survie et à la diffusion d’une partie du patrimoine linguistique national. Derrière une expression lancée dans la rue se cachent souvent une langue, une histoire, une culture et une identité qui continuent de vivre au rythme des nouvelles générations.
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Vie chère, emploi, PME : Théophane Nzame-Nze Biyoghe passe en revue les dossiers du moment
Au-delà de l’eau, de l’électricité et des réseaux sociaux, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a profité de son passage sur Urban FM, lundi 28 septembre 2026, pour répondre à plusieurs préoccupations qui traversent actuellement la société gabonaise : vie chère, emploi, entrepreneuriat, dette intérieure, gouvernance, culture ou encore protection de l’iboga.
Sur le pouvoir d’achat, le porte-parole de la Présidence de la République a d’abord tenu à préciser que la Centrale d’achat n’est pas « l’instrument exclusif de lutte contre la vie chère ». Après les méga-marchés organisés ponctuellement, une phase test de six mois est annoncée, avec l’objectif de mettre des produits à prix réduits à la disposition des consommateurs à travers une cinquantaine d’enseignes partenaires réparties dans le pays.
L’emploi des jeunes a également occupé une place importante dans les échanges. Taxi Gab et Gab Pêche ont notamment été présentés comme des mécanismes d’autonomisation. Théophane Nzame-Nze Biyoghe a rappelé les chiffres d’environ 43 000 emplois créés depuis la Transition, dont 22 000 dans le secteur privé, 15 000 dans les forces de défense et de sécurité et plus de 6 000 dans l’administration publique.
Mais pour lui, la réponse au chômage ne peut pas reposer uniquement sur l’État.
« La fonction publique […] ce n’est pas de régler la question du chômage », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de former davantage les Gabonais aux besoins des nouveaux secteurs économiques et d’intégrer le transfert de compétences aux grands projets structurants.
Sur l’entrepreneuriat, il a appelé la BCEG à mieux expliquer ses mécanismes au public, tout en évoquant notamment 6 milliards de FCFA destinés au financement d’entrepreneurs agricoles à des conditions préférentielles.
Concernant la dette intérieure, le porte-parole a précisé qu’une enveloppe de 51 milliards de FCFA avait été mobilisée : 20 milliards pour des ordonnances de paiement de PME en attente au Trésor public et un peu plus de 31 milliards concernant notamment des rappels liés à la TVA dans les secteurs forêt-bois et minier.
L’entretien a aussi pris une tournure plus politique sur les questions de gouvernance, de pluralisme et de procédures judiciaires visant certaines personnalités. Théophane Nzame-Nze Biyoghe a défendu le principe de séparation des pouvoirs, estimant que les questions relatives aux dossiers judiciaires en cours doivent être adressées aux autorités judiciaires compétentes.
La culture a également trouvé sa place dans les échanges, avec les droits d’auteur, leur inscription dans la loi de finances et l’assermentation annoncée de 21 nouveaux agents du BUGADA.
Enfin, sur l’iboga, le porte-parole a défendu la protection de cette ressource gabonaise face à l’intérêt qu’elle suscite à l’international. Une logique qui vise, selon les explications données, à faire en sorte que sa valorisation profite prioritairement au Gabon.
Un large tour d’horizon qui aura permis à la Présidence d’apporter sa lecture sur plusieurs dossiers qui occupent aujourd’hui le débat public.
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Suspension des réseaux sociaux : la Présidence explique une mesure liée au contexte
Depuis plusieurs mois, de nombreux internautes gabonais ont recours aux VPN pour accéder à certains réseaux sociaux. Une situation revenue au centre des échanges lors du passage de Théophane Nzame-Nze Biyoghe, porte-parole de la Présidence de la République, sur Urban FM, lundi 28 septembre 2026.
Interrogé notamment sur les risques liés à l’utilisation des VPN dans un contexte marqué par des alertes de cybersécurité, le porte-parole a appelé à ne pas établir automatiquement de lien entre les deux phénomènes.
« Rien ne prouve que ces attaques sont exclusivement dues à la suspension des réseaux sociaux, qui contraint certains à recourir aux VPN », a-t-il expliqué.
Sur les motivations de la mesure, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a rappelé les arguments avancés autour de la lutte contre le cyberharcèlement et les violences en ligne. Mais surtout, il assure que les discussions se poursuivent entre les autorités compétentes et les plateformes numériques.
Le cas de TikTok a notamment été cité. Selon le porte-parole, des agents de la Haute Autorité de la communication doivent bénéficier d’une formation permettant notamment une meilleure utilisation des mécanismes de signalement de la plateforme. Il évoque également « un peu plus de 23 000 comptes et contenus jugés nocifs » supprimés dans le cadre de cette coopération.
Pour les autres plateformes, les échanges se poursuivent. Mais quand les utilisateurs pourront-ils retrouver un accès normal aux réseaux concernés ?
Sur ce point, pas encore de date.
« Le porte-parole de la Présidence de la République ne vous donnera pas d’échéance claire aujourd’hui », a répondu Théophane Nzame-Nze Biyoghe, renvoyant cette responsabilité au ministère de la Communication et à la Haute Autorité de la communication.
Il donne toutefois une indication importante : « C’est quand même temporaire et, tôt ou tard, une fois que tout sera d’équerre, cette mesure sera levée. »
En attendant cette levée, le recours aux VPN continue de faire partie du quotidien numérique de nombreux internautes gabonais.
