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Grève dans l’Éducation : entre avancées reconnues et frustrations persistantes, la Ngounié maintient la pression
Le secteur de l’éducation traverse une nouvelle phase de tensions. Le gouvernement avait fixé la date du 25 février comme moment décisif pour évaluer l’avancement du protocole d’accord additionnel. Mais les mesures annoncées n’ont pas suffi à apaiser l’ensemble du corps enseignant. Si des progrès notables ont été salués, notamment grâce à l’implication du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, instruit par le Chef de l’État, des zones d’ombre persistent et alimentent un mécontentement croissant, comme c’est le cas dans la province de la Ngounié.
Réunis en assemblée générale le samedi 28 février, les enseignants de cette province ont finalement voté la reconduction de la grève, estimant que des manquements importants demeurent.
Les efforts du gouvernement salués, sous l’impulsion du Hermann Immongault instruit par le Chef de l’État
Dans son bilan, la base SOS Éducation Ngounié reconnaît que plusieurs engagements annoncés pour le mois de février ont été respectés. Ces avancées, obtenues grâce aux instructions et au suivi du vice-président du gouvernement, sont considérées comme un signe de volonté d’apaisement et d’ouverture.
Trois actions majeures étaient prévues dans le chronogramme validé par la commission tripartite :
▪︎La mise en solde de 148 sortants des écoles normales (ENS et ENSET)
•Réalisée intégralement :
▪︎78 sortants de l’ENS
▪︎70 sortants de l’ENSET
▪︎La création de 250 présalaires
Répartis entre 45 sortants des ENIL/ENIF et 205 bénévoles.
▪︎Le traitement de 500 situations administratives
Les listes correspondantes ont été publiées dans le journal L’Union le 25 février 2026, confirmant une avancée administrative réelle.
Pour la base, ces résultats constituent des pas significatifs dans la bonne direction.
Des manquements persistants qui nourrissent la frustration
Malgré ces avancées, les enseignants de la Ngounié estiment que le protocole n’a été appliqué qu’en partie, laissant de nombreuses situations en suspens :
▪︎Les 108 enseignants scientifiques sans émoluments
Non pris en compte malgré les accords tripartites, ils continuent de travailler sans rémunération, une situation jugée intolérable.
▪︎Les 32 sortants de la promotion ENSET 2024
Affectés dans les neuf provinces, ils financent eux-mêmes leurs déplacements. Une promotion plus récente ayant été prise en charge, ils dénoncent une injustice flagrante.
Les enseignants des établissements confessionnels
Toujours exclus des mesures. Le flou persistant autour de leur statut entretient tensions et incompréhensions.
Un appel au dialogue et à la correction des manquements
Bien que la grève soit reconduite, la base SOS Éducation Ngounié affirme sa volonté de dialogue et invite les autorités à « rectifier les manquements observés » afin de restaurer la confiance.
Ses attentes pour mars restent inchangées :
▪︎la régularisation immédiate des 108 enseignants scientifiques sans émoluments,
▪︎la prise en charge urgente des 32 sortants ENSET 2024,
▪︎une clarification officielle du statut des enseignants des établissements confessionnels.
La base rappelle ne demander « ni privilèges, ni faveurs », mais seulement le respect des engagements pris, indispensable à la stabilité de l’école gabonaise.
Malgré l’effectivité du maintien de la grève, on observe tout de même une reprise timide, voire totale pour les classes d’examens dans la Ngounié comme dans d’autres provinces à l’instar de l’Estuaire et de l’Ogooué-Lolo, preuve de la volonté des enseignants de ne pas paralyser le système et de maintenir le dialogue avec le gouvernement.
Paula / Mihi…
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Gabon : décès de l’abbé Florent Mboumba-Bouassa, grande figure de l’Église catholique
L’Église catholique gabonaise est en deuil. L’abbé Florent Mboumba-Bouassa est décédé dans la nuit du 13 au 14 septembre 2026, selon une annonce de Mgr Jean Patrick Iba-Ba, archevêque métropolitain de Libreville. Celui-ci a salué « le don de sa vie, son ministère sacerdotal et le témoignage donné au service de l’Église », tout en invitant les fidèles à prier pour le repos de son âme.
Originaire du village Malaba, dans le département de la Douigny à Moabi, Florent Mboumba-Bouassa est né au début de la Seconde Guerre mondiale. Fils de catéchiste, il grandit dans un environnement profondément marqué par la foi. Après des études en France, il est ordonné prêtre le 14 juillet 1968, à la paroisse Saint-Joseph de Tchibanga, dans le diocèse de Mouila.
Au fil des décennies, son parcours dépasse largement le seul cadre pastoral. Théologien, canoniste, historien, musicologue, linguiste, éducateur et chercheur, il s’intéresse à la fois aux questions religieuses, culturelles et identitaires. Il travaille notamment sur le concept Bajaga et compose plusieurs cantiques en langue yipunu.
Très attaché aux médias catholiques, il contribue à leur promotion au Gabon et participe à la mise en œuvre du journal La Lumière. Il est également le fondateur de l’association Les Messagers du Christ et reste associé à la construction de l’église Notre-Dame-des-Apôtres, au PK8 à Libreville.
Son engagement s’étend aussi à des domaines institutionnels. Il a travaillé au sein d’un organe lié à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Des témoignages lui attribuent par ailleurs une contribution, après ses études en France, aux travaux autour de la Constitution de la Première République gabonaise, notamment sur la référence à Dieu.
Profondément attaché à ses racines, à la culture et aux traditions de son terroir, l’abbé Florent Mboumba-Bouassa aura marqué plusieurs générations par la diversité de ses engagements et par sa volonté de faire dialoguer foi chrétienne, savoir, identité culturelle et transmission.
Sa disparition, survenue le jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, clôt un parcours de près de six décennies de sacerdoce, entre évangélisation, culture, recherche et engagement intellectuel.
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Cybersécurité : l’ANINF renforce les capacités nationales face aux menaces numériques
L’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF) poursuit le renforcement de son expertise et de son rôle dans la protection de l’écosystème numérique gabonais. Ce jeudi 10 septembre 2026, à la Tour ANINF, une cérémonie de remise de certificats de participation a marqué l’aboutissement d’un programme de formation de neuf mois, conduit de janvier à septembre 2026 par des experts de MITRE au profit de participants de l’ANINF et de l’administration.
Axée sur le référentiel MITRE ATT&CK et le renseignement sur les cybermenaces, ou Cyber Threat Intelligence (CTI), cette formation a combiné apports méthodologiques et ateliers pratiques. Elle a permis aux participants d’approfondir leur maîtrise de l’analyse du profil, de la posture et du comportement des attaquants.
Les bénéficiaires ont également été formés à la recherche des traces laissées lors de la compromission d’un système, à la reconstitution du déroulement d’une cyberattaque ainsi qu’à l’identification des tactiques, techniques et procédures utilisées dans un environnement informatique.
Ces acquis viennent renforcer les capacités de détection, d’analyse et de réponse face aux cybermenaces, dans un contexte où la protection des systèmes d’information constitue un enjeu majeur de souveraineté.

Les certificats ont été remis par Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, Directeur Général de l’ANINF, et Denise Olsen, experte en cybersécurité et cheffe de projet au sein de MITRE.
Pour le Directeur Général de l’ANINF, cette montée en compétences répond directement aux enjeux de protection des infrastructures numériques du pays : « Renforcer les compétences de nos équipes, c’est renforcer durablement notre capacité à protéger les infrastructures numériques du Gabon et à mieux anticiper les cybermenaces. »
Ce programme s’inscrit dans le partenariat entre le Gabon et les États-Unis d’Amérique, avec l’appui technique de MITRE, en faveur du développement des compétences nationales en cybersécurité et en cyberdéfense.
À travers cette initiative organisée à la Tour ANINF, l’Agence confirme sa place parmi les acteurs centraux de la transformation numérique du Gabon. Son action s’inscrit dans la vision du Président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la souveraineté numérique, de la protection des infrastructures critiques et de la montée en compétences des ressources nationales des priorités.
En renforçant l’expertise des acteurs chargés de protéger les systèmes d’information, l’ANINF contribue ainsi à construire une résilience numérique durable et à consolider la souveraineté numérique du Gabon.
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UDB : départ d’Aurélien Mintsa Mi Nguema de la trésorerie, Oligui Nguema invoque la discipline du parti
Le départ d’Aurélien Mintsa Mi Nguema de la trésorerie générale de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) avait suscité plusieurs interrogations. Brice Clotaire Oligui Nguema a finalement apporté un éclairage, en invoquant à la fois la discipline du parti et les exigences liées à la fonction d’ambassadeur.
Le 9 septembre 2026, une décision lue sur Gabon 1ère par le secrétaire général de l’UDB, Mays Mouissi, a officialisé la nomination de Luc Aymard Madama Moubeya comme nouveau Trésorier général. Il sera assisté de Yannick Mefane et Alice Princesse Antsiendi Ampindi. Le texte ne mentionnait toutefois pas les raisons du remplacement d’Aurélien Mintsa Mi Nguema.
Interrogé par le journaliste Chamberland Moukouama lors d’une visite de chantiers, le chef de l’État a été plus explicite. Revenant sur cette actualité, il a expliqué en substance que cette décision ne relevait pas d’une volonté personnelle, mais du respect de la discipline interne du parti.
« Ce n’est pas une décision personnelle. Il y a des règles au sein du parti et chacun doit s’y conformer. La discipline doit s’appliquer à tous. Par ailleurs, Aurélien Mintsa Mi Nguema exerce désormais les fonctions d’ambassadeur. À ce titre, sa prise de parole publique doit aussi tenir compte des responsabilités liées à cette fonction. Dans ces conditions, il était normal qu’il libère son poste au sein du parti. »
Cette sortie fait notamment écho à l’entretien récemment accordé par Aurélien Mintsa Mi Nguema à Jeune Afrique, dans lequel le frère cadet du président, longtemps discret dans les médias, revenait sur son parcours et son positionnement dans l’environnement du pouvoir.
Mais au-delà du fonctionnement interne de l’UDB, l’affaire pose aussi la question des obligations qui accompagnent une haute fonction de l’État. Nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon en Inde en février 2026, Aurélien Mintsa Mi Nguema représente désormais officiellement l’État gabonais à l’étranger.
À ce titre, sa fonction implique des obligations de réserve, de loyauté, d’impartialité, de discrétion et de protection des intérêts du pays. Un ambassadeur ne s’exprime donc plus uniquement comme acteur politique ou à titre personnel : sa parole publique peut aussi être perçue comme engageant l’image de l’État.
Cela ne signifie pas qu’un diplomate perd toute liberté d’expression ni qu’une interview constitue automatiquement une faute. Mais sa communication doit rester compatible avec les responsabilités institutionnelles qui sont les siennes.
Avant son affectation en Inde, Aurélien Mintsa Mi Nguema avait été directeur général du Budget et des Finances publiques, trésorier du camp du « oui » au référendum de 2024, puis acteur de la campagne présidentielle de 2025 avant de prendre la trésorerie de l’UDB.
Son remplacement peut ainsi être lu au-delà des équilibres internes du parti : il remet en lumière la frontière parfois délicate entre engagement politique et devoirs attachés à la représentation de l’État.
