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Gabon : paiement des vacations dès aujourd’hui, un pas vers l’apaisement ou une réponse insuffisante ?
Le gouvernement gabonais a annoncé, le mercredi 7 janvier, le démarrage effectif du paiement des vacations dues aux enseignants sur toute l’étendue du territoire national, effectif à compter de ce jeudi 8 janvier. Une mesure très attendue, qui intervient dans un contexte social particulièrement tendu, marqué par la grève largement suivie du 5 janvier dernier, ayant paralysé les établissements scolaires du pays.
Selon le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique (MENIC), les enseignants disposant d’un compte bancaire verront leurs indemnités versées par virement dès aujourd’hui, tandis que les agents non bancarisés du Grand Libreville pourront percevoir leurs bons de caisse à la Direction centrale des affaires financières. À l’intérieur du pays, notamment pour les grades G2 à G9, les paiements s’effectuent progressivement via les Trésoreries provinciales. Une organisation présentée comme une volonté de modernisation et de sécurisation des procédures de paiement.
Sur le terrain, cette annonce est accueillie avec un certain soulagement, notamment par les enseignants vacataires, confrontés depuis plusieurs mois à des retards synonymes de précarité et de difficultés sociales. Toutefois, si ce paiement est perçu comme un signal positif, il ne saurait, à lui seul, répondre à l’ampleur du malaise qui traverse le secteur éducatif.
Car la grève déclenchée le 5 janvier ne repose pas uniquement sur la question des vacations. Les revendications du corps enseignant forment un véritable chapelet de doléances : régularisation des situations administratives et financières, amélioration des conditions de travail, effectifs pléthoriques dans les salles de classe, mais aussi respect et dignité d’une profession jugée longtemps reléguée au second plan.
Dès lors, une interrogation majeure s’impose : ce geste du gouvernement suffira-t-il à ramener les enseignants dans les salles de classe ? Pour de nombreux syndicalistes, la réponse reste prudente. Le paiement des vacations est certes une avancée, mais il est perçu davantage comme une réponse ponctuelle à une urgence sociale que comme une solution durable aux problèmes structurels de l’éducation nationale.
Pendant ce temps, les élèves demeurent les premières victimes collatérales de ce bras de fer. Le risque d’une perturbation prolongée de l’année scolaire reste réel, ravivant la crainte d’une issue plus radicale si aucun dialogue franc et inclusif n’est engagé.
Le paiement effectif des vacations marque donc un premier pas. Reste à savoir s’il ouvrira la voie à un véritable apaisement ou s’il ne constituera qu’une étape parmi d’autres, dans une crise éducative qui appelle des réponses plus profondes et concertées.
ABC / Mihi…
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Culture et innovation : le Gabon marque le lancement du FEMUA 18 à Abidjan
La Côte d’Ivoire a lancé officiellement la 18e édition du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) le 28 avril, avec une cérémonie d’ouverture à l’INJS, à Abidjan. Le FEMUA, c’est un événement culturel important pour l’Afrique, où chaque année des responsables politiques, des artistes, des partenaires et des associations se retrouvent pour discuter des grands sujets d’aujourd’hui.
Pour cette édition 2026, qui se tient du 28 avril au 3 mai, le thème choisi est « L’intelligence artificielle : menace ou opportunité pour l’Afrique ? ». C’est l’occasion de réfléchir, de créer de l’art et de favoriser les échanges entre les différentes cultures du continent.
Le Gabon bien présent à cette ouverture
Mme Kandia Kamissoko Camara, Présidente du Sénat ivoirien et marraine de cette 18e édition, était là, tout comme des membres du gouvernement ivoirien, des partenaires du festival et plusieurs autres personnalités.
Le Gabon, pays invité d’honneur, était représenté par son ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des arts chargé de la vie associative, Paul Ulrich Kessany Zategwa. Son discours sur l’importance de la culture africaine à l’ère du numérique a particulièrement retenu l’attention.
La culture, une marque de fabrique pour le pays
Le ministre a commencé par saluer la présence du Gabon à cet important événement africain. Il a aussi rappelé la grande richesse culturelle de son pays, avec ses 70 langues. Pour lui, la culture doit être vivante, capable de s’adapter et de dépasser les frontières.
« La culture d’un pays, c’est comme une signature unique. Et une signature, ça ne se copie pas », a-t-il dit.
Le Gabon veut donc montrer ce qui le rend unique, à travers son pavillon, ses arts, ses langues, ses tenues traditionnelles et sa cuisine.
L’intelligence artificielle face à nos cultures
En abordant le thème du festival, Paul Ulrich Kessany Zategwa a expliqué que les cultures africaines ne devraient pas disparaître ni changer leur essence à cause de l’intelligence artificielle. Au contraire, elles doivent évoluer tout en restant fidèles à ce qui fait leur richesse.
Il a aussi transmis la vision du Président de la République, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette vision repose sur trois points : garder notre identité nationale, utiliser l’IA comme un moyen de se développer, et faire en sorte que la culture gabonaise rayonne sur le long terme.
De nombreux artistes gabonais au rendez-vous
Plusieurs artistes du Gabon sont aussi présents pour cette 18e édition. On y trouve des chanteurs, des humoristes et d’autres talents, tous venus représenter fièrement leur pays.
Le FEMUA, créé par le groupe Magic System et notamment par A’Salfo, est devenu au fil des ans l’un des plus grands événements culturels d’Afrique.
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Libreville : un atelier de danse traditionnelle pour célébrer la culture gabonaise
Du 16 mai au 7 juin prochain, Ondogo, dans le sixième arrondissement de Libreville, juste avant le camp de la GR, accueillera un atelier de danse traditionnelle. C’est Marie-Grace, une jeune femme qui se passionne pour la culture gabonaise et œuvre à la mettre en valeur, qui a lancé cette initiative. L’idée de l’organisatrice est d’offrir à tous un espace pour apprendre, transmettre et renouer avec nos racines culturelles.
Ouvert aussi bien aux enfants qu’aux adultes, l’atelier propose un forfait de 10 000 FCFA pour les enfants et de 20 000 FCFA pour les adultes, avec des frais d’inscription de 1 500 FCFA. Les inscriptions ont déjà commencé, il suffit de contacter le 065 27 76 33.
Au programme, plusieurs danses emblématiques, venant des différentes communautés du pays, seront enseignées. On retrouvera notamment l’Ikoku, le Ngwata, Elombo, Bwiti ainsi que d’autres expressions traditionnelles qui illustrent la richesse et la diversité culturelle nationale. À travers ces rythmes, ces gestes et ces symboles, les participants découvriront des pratiques qui forment la véritable essence culturelle du Gabon.
L’atelier aura aussi le privilège d’accueillir des figures importantes de la culture gabonaise. Des chanteurs, des danseurs et d’autres acteurs du patrimoine artistique national viendront partager leur expérience, transmettre leur savoir-faire et échanger avec les participants. C’est une valeur ajoutée qui promet de faire de cette rencontre un grand moment de célébration culturelle.
Pour présenter son projet, Marie-Grace a résumé l’esprit de cette initiative en ces termes : « De l’Ogooué à la Voie Lactée, il n’y a qu’un pas de danse : celui qui relie nos racines à notre avenir. »
Elle a ensuite précisé : « ORIGINE n’est pas un simple retour vers le passé, mais une immersion vivante où l’héritage de nos ancêtres rencontre la modernité. À travers chaque geste transmis, nous écrivons aujourd’hui l’histoire culturelle de demain. Que chacun vienne prendre sa place dans ce mouvement qui fait rayonner nos traditions. »
Marie-Grace représente une jeunesse dynamique et pleinement investie au service de la culture gabonaise. Maquilleuse professionnelle, danseuse et chorégraphe, elle nourrit depuis l’enfance une passion profonde pour les danses traditionnelles du Gabon, une passion qu’elle a héritée d’un environnement familial très imprégné par la culture.
En tant que fondatrice du groupe de danse MEGANG ME FANG, elle défend les valeurs de la diversité culturelle, en s’attachant à mettre en avant les rites et traditions. Elle y intègre également une dimension d’innovation, mêlant tradition et modernité. Très présente sur les réseaux sociaux, elle y partage régulièrement des contenus qui mettent en lumière les danses et les richesses culturelles du Gabon.
À travers cet atelier, Marie-Grace poursuit un objectif clair : transmettre son savoir-faire, susciter l’intérêt des jeunes générations pour la culture gabonaise et contribuer à faire rayonner les traditions locales.
Ce rendez-vous s’annonce donc comme une occasion unique pour les passionnés de danse, les curieux et tous ceux qui désirent découvrir ou redécouvrir l’âme culturelle du Gabon à travers le mouvement.
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Cross du Septentrion : après Lambaréné, Oyem confirme l’essor d’un circuit sportif national
Du 23 au 25 avril 2026, la ville d’Oyem, située dans le Woleu-Ntem, a été le théâtre de la première édition du Cross du Septentrion. Cet événement, organisé par l’Office national de développement du sport et de la culture (ONDSC), avait pour thème « Ensemble, traçons notre chemin ». Il a rassemblé près de 3 000 coureurs, le tout dans une ambiance très animée, ce qui montre bien l’intérêt grandissant des Gabonais pour les grands rendez-vous sportifs.
Avant cette étape à Oyem, la dynamique avait déjà pris forme à Lambaréné, dans la province du Moyen-Ogooué. Là-bas, la participation avait déjà laissé entrevoir le potentiel d’un véritable circuit national de cross-country. Avec le succès d’Oyem, on confirme une fois de plus la volonté de rendre le sport plus accessible à la population, tout en mettant en lumière les villes de l’intérieur du pays.
La présence du ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des arts chargé de la vie associative, Paul Ulrich Kessany Zategwa, a donné un éclat particulier à cet événement. Il a participé à cette grande fête sportive aux côtés de plusieurs autres membres du gouvernement. Des responsables administratifs, des élus locaux et diverses personnalités venues de plusieurs provinces étaient également présents, marquant ainsi l’importance accordée à cette initiative.
Côté performances sportives, la compétition a tenu toutes ses promesses. Chez les hommes de l’élite, Jessy Mouélé Kodo a remporté le 10 km en 32 minutes et 55 secondes. Il a devancé Trésor Mouloungui Nziengui (34’30) et Marius Opana Lendengue (35’34). Dominique Assoumou, très attendu par le public local, a malheureusement dû abandonner à cause d’une blessure.
Chez les dames, la surprise est venue de Claude Moukita. Plus connue dans le football féminin, elle a créé l’événement en remportant la course en 49 minutes et 59 secondes. Elle a terminé devant Laurena Dikaba (51’02) et Anelka Bekalé (51’18).
Au-delà des résultats, le Cross du Septentrion reflète une vision plus large pour le développement du sport au niveau national. Selon de nombreux observateurs, cette approche est en phase avec le souhait du Président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema. Ce dernier souhaite que le sport soit un outil pour renforcer la cohésion sociale, améliorer la santé publique, accompagner la jeunesse et assurer le rayonnement du pays. En multipliant ce type d’initiatives dans toutes les provinces, le Gabon pose les fondations d’une politique sportive de proximité, inclusive et bien structurée.
Après les bons résultats obtenus à Lambaréné puis à Oyem, la prochaine étape est maintenant très attendue. Elle devra confirmer l’enthousiasme populaire que l’on a pu observer jusqu’à présent et consolider ce qui se profile déjà comme l’un des nouveaux rendez-vous importants du calendrier sportif national.
