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Gabon : Diversification, désendettement et souveraineté — la nouvelle doctrine économique assumée par la Présidence

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Depuis l’élection présidentielle d’avril 2025, le Gabon s’est engagé dans une dynamique de transformation politique, économique et diplomatique assumée. Entre diversification accélérée, réforme des services publics, coopération stratégique et décisions fortes sur le numérique, le gouvernement veut inscrire le pays dans une nouvelle ère. Invité sur Africa24, Mélodie Jennyfer Sambat, porte-parole adjointe de la présidence, revient sur les chantiers prioritaires.

Dette publique : privilégier l’investissement plutôt que la dépense courante

Face à un ratio de dette estimé à 73,1 % du PIB en 2024, au-dessus du seuil communautaire fixé par la CEMAC, la responsable appelle à relativiser. Pour elle, la question majeure n’est pas le niveau de la dette mais sa qualité : “Aujourd’hui, nous sommes plus sur une dette d’investissement structurel, qui finance des infrastructures, des projets énergétiques et logistiques, capables de générer des revenus futurs.” Cette approche permet de réduire progressivement le déficit tout en soutenant la croissance et la transformation du pays.

Une diplomatie économique offensive

La coopération renforcée avec les Émirats arabes unis et l’Afrique du Sud illustre cette stratégie. À Abu Dhabi, un accord de coopération économique élargie a été signé, visant à attirer des investissements dans les mines, la digitalisation et la logistique. Sur ce point, Sambat souligne : “Pour nous, plus que les chiffres, ce qui compte, c’est la nature des investissements, capables d’industrialiser le pays, de créer des emplois et de renforcer la croissance.”

Avec l’Afrique du Sud, le Gabon mise sur une coopération industrielle de compétences, notamment dans la géoscience pour moderniser et rendre plus transparente la filière minière. L’élection récente du Gabon au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine marque également un retour sur la scène continentale, avec l’ambition d’apporter une doctrine de médiation, de prévention et de sécurité.

Priorités nationales : infrastructures, services publics et jeunesse

Depuis 2023, le gouvernement met en avant des résultats tangibles :

▪︎Infrastructures essentielles : construction de casernes de pompiers dans chaque province et ouverture de trois nouvelles structures à Libreville.
▪︎Santé et éducation : réhabilitation de centres de santé, suppression des frais de scolarité pour plus de 200 000 élèves, rétablissement des bourses, reconstruction d’écoles et logements pour enseignants.
▪︎Jeunesse et emploi : programmes « Taxi Gab » et Banque de l’Entrepreneuriat pour encourager l’auto-emploi et financer les projets.

Sambat insiste sur l’importance de l’action concrète : “Aujourd’hui, on veut passer du discours à l’action, appuyer des initiatives concrètes, renforcer l’autonomie économique et redonner confiance à la jeunesse.”

Suspension des réseaux sociaux : une mesure temporaire et assumée

Depuis le 17 février 2026, Facebook, TikTok et Instagram sont suspendus pour protéger les mineurs, renforcer la souveraineté numérique et limiter la désinformation. “Cette suspension est temporaire, ciblée, et surtout prise dans l’intérêt supérieur de nos enfants et de notre cohésion sociale,” précise Sambat.

Diversification : industrialiser, verdir, digitaliser

La stratégie économique repose sur trois axes : transformation locale du manganèse d’ici 2029, agriculture et élevage pour la souveraineté alimentaire, et digitalisation pour moderniser l’État et sécuriser les données.

Une vision partagée et une question essentielle

Les réponses de Mélodie Sambat à Africa24 reflètent pleinement la vision du président Brice-Clotaire Oligui Nguema, qui consiste à bâtir un Gabon moderne, industriel et compétitif, avec des infrastructures efficaces, des services publics rénovés, une jeunesse autonome et des partenariats internationaux créateurs de valeur.

Mais au regard de ces ambitions et de la transformation en cours, une question reste essentielle : le Gabon saura-t-il mobiliser l’ensemble de ses ressources et de ses talents pour transformer ces projets en résultats durables pour tous les citoyens ?

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Gabon : plus de 366 milliards de FCFA gelés, Ali Bongo réclame ses avoirs et soulève des interrogations

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Trois ans après son éviction du pouvoir, Ali Bongo Ondimba engage un bras de fer judiciaire pour récupérer l’accès à ses comptes bancaires domiciliés à BGFIBank Gabon. Selon les révélations de Jeune Afrique, publiées ce lundi 12 octobre 2026, l’ancien président multiplie les démarches pour obtenir le déblocage de ses avoirs, dont le montant serait estimé à plus de 366 milliards de FCFA. Un chiffre non officiellement confirmé qui suscite des interrogations sur l’origine des fonds et les conditions de leur éventuelle restitution.

Installé à Paris, Ali Bongo affirme être privé d’accès à ses comptes depuis le coup d’État du 30 août 2023. D’après Jeune Afrique, ses nombreuses sollicitations auprès de la banque seraient longtemps restées sans réponse satisfaisante.

Le 8 juin dernier, il adresse une mise en demeure à BGFIBank pour obtenir ses relevés bancaires et les justifications du blocage. Le 17 juin, l’établissement invoque une ordonnance judiciaire du cabinet d’instruction spécialisé numéro un de Libreville, ordonnant la mise sous séquestre de ses comptes et de ceux de son épouse Sylvia.

Seulement, son entourage affirme que cette décision ne lui aurait jamais été officiellement notifiée. Le 22 juin, son avocat, Me Francis Nkéa Ndzigue, saisit le tribunal de première instance de Libreville pour obtenir l’ordonnance. Une procédure en référé est également engagée pour réclamer la levée du gel.

Une situation qui soulève plusieurs questions. Comment expliquer le blocage des comptes d’Ali Bongo alors qu’aucune poursuite pénale publique le visant personnellement n’a été annoncée ? La mesure concerne-t-elle exclusivement ses avoirs ou également des comptes communs ?

Ces interrogations interviennent alors que Sylvia Bongo et Noureddin Bongo Valentin ont été condamnés par contumace, en novembre 2025, à vingt ans de réclusion criminelle pour plusieurs infractions financières. Ali Bongo ne figurait pas parmi les accusés. Toutefois, l’absence de poursuites personnelles ne suffit pas à établir l’irrégularité d’une mesure conservatoire.

Face à cette situation, l’ancien chef de l’État multiplie les démarches. Après avoir sollicité la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), il a saisi, le 12 octobre, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Un recours auprès du régulateur bancaire français, l’ACPR, serait également envisagé.

Des discussions auraient aussi été engagées en septembre à Libreville, sans aboutir à un compromis.

Si son entourage soupçonne une motivation politique, BGFIBank affirme appliquer une décision judiciaire. La banque et le ministre de la Justice, Augustin Emane, n’ont pas souhaité commenter publiquement le dossier.

Au-delà du différend bancaire, cette affaire pose une question fondamentale : comment concilier protection des droits individuels, application des décisions judiciaires et transparence sur des avoirs aussi importants ?

La réponse dépendra désormais des juridictions saisies, seules habilitées à apprécier la régularité du séquestre et les conditions d’une éventuelle restitution.

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« Le service de la République dépasse les fonctions et les circonstances » : Camélia Ntoutoume-Leclercq remercie Oligui Nguema

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Après son départ du gouvernement, Camélia Ntoutoume-Leclercq a choisi la reconnaissance plutôt que le silence. Dans une lettre publiée sur sa page officielle Facebook et adressée au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ancienne ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, exprime sa gratitude pour la confiance placée en elle, tout en revenant sur une expérience gouvernementale qui aura traversé deux présidences et plusieurs configurations politiques.

Remplacée par Jacqueline Ilogue à la faveur du remaniement du dimanche 11 octobre 2026, Camélia Ntoutoume-Leclercq quitte l’exécutif après un parcours entamé le 17 juillet 2020, sous Ali Bongo Ondimba, comme ministre déléguée chargée de la Formation civique. Promue ministre de l’Éducation nationale le 8 mars 2022, elle sera reconduite pendant la Transition, puis au sein du premier gouvernement de la Ve République.

Dans son message au chef de l’État, elle insiste sur la portée de cette expérience, marquée par les responsabilités exercées et les transformations institutionnelles auxquelles elle a participé.

« La grandeur d’une mission ne réside pas seulement dans la durée des responsabilités exercées, mais dans la fidélité aux convictions, la sincérité de l’engagement et la trace que l’on laisse au service de la Nation. »

Son passage à l’Éducation nationale laisse un bilan contrasté. Parmi les avancées figurent la gratuité des manuels scolaires au primaire, les réformes engagées dans la formation des enseignants, l’évolution des méthodes pédagogiques et l’amélioration des résultats aux examens nationaux. En septembre 2026, elle faisait également état de 2 668 situations administratives régularisées sur 4 000 dossiers recensés.

Cependant, ces acquis n’ont pas suffi à résoudre les difficultés structurelles du secteur. Les grèves répétées des enseignants, notamment celle de janvier 2026, les retards dans le traitement des carrières, le déficit d’enseignants, la surcharge des salles de classe et l’insuffisance des infrastructures scolaires auront marqué sa gestion. Autant de préoccupations auxquelles sa successeure devra désormais apporter des réponses durables.

Après plus de six années écoulées depuis sa première nomination, Camélia Ntoutoume-Leclercq tourne ainsi une page importante de sa carrière politique. Sa lettre, empreinte de respect et de loyauté républicaine, laisse entrevoir sa volonté de continuer à servir le Gabon, au-delà des responsabilités ministérielles.

Reste désormais à savoir quelle place elle entend occuper dans la vie publique, tandis que son héritage à l’Éducation nationale continuera d’alimenter les débats.

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Gabon : nouveau gouvernement, nouveaux visages et fortes attentes des populations

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Neuf mois après la nomination du gouvernement du 1er janvier 2026, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, vient de procéder à un nouveau réaménagement de son équipe. Annoncé ce dimanche 11 octobre 2026 par la secrétaire générale de la Présidence de la République, Murielle Minko Mezui épouse Mintsa-Mi-Owono, ce remaniement intervient dans un contexte marqué par de nombreuses préoccupations sociales et économiques. Entre départs, nouvelles nominations et changements de portefeuilles, les attentes des Gabonais restent essentiellement tournées vers l’amélioration de leurs conditions de vie.

Le nouveau gouvernement, toujours placé sous la coordination du vice-président Hermann Immongault, compte désormais 32 membres, contre 30 dans la précédente configuration. Huit personnalités font leur entrée, cinq quittent leurs fonctions et cinq autres changent de responsabilités.

Parmi les départs les plus remarqués figure celui de Camélia Ntoutoume Leclercq, jusqu’alors ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique. Elle quitte le gouvernement aux côtés de Philippe Tonangoye, ancien ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, de Jean-François Ndong Obiang, de Lubin Martial Ntoutoume et d’Armande Longo Moulengui.

En remplacement ou à la faveur de la réorganisation des départements ministériels, plusieurs nouveaux visages apparaissent. Olivier Mouckocko prend les commandes de l’Eau et de l’Énergie, tandis que Lambert Mouvinde Millot hérite des Travaux publics et de la Construction. Emmanuel Eyeghe Nze devient ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, avec les fonctions de porte-parole du gouvernement.

Raïssa Nana épouse Ghogho prend les Affaires sociales, Georges Christian Waza la Pêche et l’Économie bleue, Axel Jesson Ayenoue le Tourisme, et Stephen Olouna Mouba l’Environnement et le Climat. Malcom Emery Djenno Ngomanda intègre également l’équipe comme ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur.

Le remaniement s’accompagne aussi de plusieurs changements d’affectation. Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, précédemment ministre du Travail, prend désormais la tête de l’Éducation nationale. Edgard Moukoumbi passe des Travaux publics à l’Intérieur, tandis qu’Adrien Nguema Mba hérite du Travail et du Dialogue social. Aimé Martial Massamba rejoint la Réforme des institutions et Marcelle Ibinga épouse Itsitsa prend l’Enseignement technique et la Formation professionnelle.

Dans cette nouvelle configuration, Brigitte Onkanowa et Ulrich Manfoumbi Manfoumbi conservent leurs fonctions de ministres d’État, respectivement à la Défense nationale et aux Transports. Thierry Minko demeure à l’Économie et aux Finances, tout comme Clotaire Kondja au Pétrole et Elsa Ayo épouse Bivigou à la Santé.

Mais au-delà des nominations, c’est surtout sur le terrain des résultats que cette nouvelle équipe sera attendue. Les récentes difficultés d’approvisionnement en carburant, les perturbations de la fourniture d’électricité, l’accès parfois difficile à l’eau potable et les préoccupations liées au pouvoir d’achat rappellent l’urgence des réponses à apporter au quotidien des populations.

À ces défis s’ajoutent l’emploi des jeunes, l’amélioration du système éducatif, l’accès aux soins, l’entretien des infrastructures routières et le développement des localités de l’intérieur du pays.

Le Conseil des ministres du 8 octobre dernier avait d’ailleurs placé plusieurs de ces préoccupations au centre des priorités gouvernementales, avec une insistance particulière sur la nécessité d’obtenir des résultats concrets.

Pour le président Brice Clotaire Oligui Nguema, ce nouvel attelage gouvernemental ouvre ainsi une autre étape de l’action publique. Reste désormais à savoir dans quels délais les engagements annoncés se traduiront en améliorations perceptibles.

Car pour les populations, l’essentiel ne réside pas uniquement dans les personnalités qui entrent ou quittent le gouvernement, mais dans la capacité de celles qui prennent les commandes à répondre efficacement aux préoccupations quotidiennes des Gabonais.

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