News
Éducation nationale : l’audit, clé de transparence et de régularisation des paiements
Le secteur de l’Éducation nationale reste confronté à un blocage malgré l’annonce par l’État de milliards de francs CFA pour régulariser les situations administratives en attente. Au cœur de ce bras de fer : l’audit préalable du fichier des bénéficiaires, présenté par le gouvernement comme un outil indispensable pour garantir la transparence et la fiabilité des paiements.
Le Protocole d’Accord Consolidé, signé par les parties prenantes, formalise clairement que les revendications financières et administratives immédiates ont été acceptées et actées, notamment les vacations, les présalaires et les intégrations. Comme le souligne l’État : « On ne signe pas un protocole aussi détaillé quand on veut bloquer ; on le signe quand on veut régler. Cela confirme que l’État a répondu concrètement aux attentes matérielles des enseignants, et pas par des promesses vagues ».
Pourtant, l’Article 6 du protocole, qui prévoit la vérification des fichiers matricules et la suspension des paiements en cas de doublons ou d’irrégularités, continue de concentrer les tensions. Selon les autorités : « Il est légitime de s’interroger sur les raisons pour lesquelles les protocoles relatifs à l’audit et à la clarification du cadre interne n’ont pas été signés, alors même que les engagements financiers ont été acceptés et actés. On ne peut pas signer un texte qui conditionne les paiements à l’audit, et refuser ensuite un protocole qui organise cet audit. Autrement dit : l’État accepte de payer, mais il doit payer juste. Et pour payer juste, il faut savoir qui est qui, et qui fait quoi ».
L’audit n’a pas vocation à sanctionner, mais à clarifier et sécuriser le système. Il protège les vrais enseignants, en garantissant que les paiements bénéficient aux personnels réellement en poste, et non à des doublons ou des situations administratives non régularisées. Refuser l’audit, souligne le gouvernement, c’est refuser la vérité des chiffres, maintenir des zones d’ombre et exposer le système à des irrégularités.
Dans d’autres administrations publiques, des vérifications similaires ont permis de détecter des doublons, des agents fictifs ou des situations non mises à jour, démontrant l’utilité de telles mesures pour sécuriser la masse salariale et assurer une gestion responsable des fonds publics.
Malgré ces avancées, le point 6 ne semble pas avoir pleinement motivé la signature du protocole d’accord par certains enseignants, certains craignant que l’audit retarde les paiements ou modifie les listes initiales. Une position qui explique en partie la persistance du blocage, malgré les 16 milliards de francs CFA mobilisés pour régler les arriérés.
Face à cette situation, le gouvernement rappelle que tout décaissement public doit être justifié, traçable et conforme aux effectifs réellement en poste. L’audit apparaît donc comme l’instrument incontournable pour assurer des paiements exacts et sécurisés.
Le débat dépasse la simple question des retards de paiement. Il touche au cœur de la transparence dans l’utilisation des fonds publics et à la fiabilité des mécanismes administratifs dans un secteur marqué depuis plusieurs décennies par des irrégularités.
À mesure que les négociations se poursuivent, une évidence se dégage : la transparence et la rigueur que cherche à imposer l’État à travers l’audit constituent un passage obligé pour une sortie durable de crise et pour garantir que les ressources mobilisées profitent aux enseignants concernés.
News
Gabon : derrière le jargon des jeunes, l’héritage des langues locales
Dans les rues de Libreville comme dans les autres villes du pays, le langage des jeunes se nourrit d’un mélange permanent de français, d’anglais, d’argot et d’expressions locales. Mais derrière certains mots devenus presque ordinaires se cachent en réalité des langues gabonaises que beaucoup utilisent sans toujours en connaître l’origine.
Ce phénomène est particulièrement visible dans les conversations entre jeunes, sur les campus, dans les transports, les quartiers ou encore sur les réseaux sociaux. Certains termes traversent les communautés linguistiques, circulent d’un groupe à l’autre et finissent par s’installer naturellement dans le parler quotidien.
C’est le cas de « Akié ! », expression issue du fang. Très répandue, elle peut traduire la surprise, l’étonnement, l’agacement ou encore la désolation. Une formule comme « Akié ! Toi aussi, tu as fait quoi ? » est aujourd’hui comprise bien au-delà des seuls locuteurs du fang.
Autre exemple, « djadji », tiré du yipunu. Le mot signifie « grand » et sert notamment à désigner un aîné, une personne plus âgée ou quelqu’un à qui l’on témoigne une certaine considération. Là encore, son usage s’est largement étendu, au point que certains jeunes l’emploient sans savoir qu’il vient directement d’une langue gabonaise.
Dans le même registre, « Bouédi », issu de l’inzèbi, renvoie à l’idée de « bien », « ça va » ou « c’est bon ». Il peut facilement être glissé dans une phrase en français, comme beaucoup d’autres expressions locales devenues familières.
Il en va de même pour « Toli », issu du ômyènè, qui renvoie à la parole, au récit ou à la discussion. Le terme est notamment connu à travers l’expression « Toli Bangando », aujourd’hui associée au langage urbain et populaire des jeunes.
À cette liste s’ajoute également « Dibôkô ! », une expression que l’on retrouve dans l’univers culturel et initiatique Missoko/Bwiti au Gabon. Elle peut traduire une forte stupéfaction, un étonnement profond ou une réaction face à quelque chose d’extraordinaire. Souvent prononcée avec insistance, « Dibôkôôô ! » est aujourd’hui également reprise dans certaines conversations en dehors de son cadre traditionnel. Sa vulgarisation ces dernières années doit aussi beaucoup à l’influenceur Chocolat des filles, très présent dans le courant traditionnel et culturel gabonais, qui en a fait l’une de ses expressions récurrentes, contribuant ainsi à la faire connaître auprès d’un public beaucoup plus large, notamment sur les réseaux sociaux.
Ces cinq exemples ne représentent qu’une petite partie d’un phénomène beaucoup plus large. De nombreuses autres expressions tirées des langues gabonaises circulent dans le parler quotidien, parfois depuis plusieurs générations, sans que leur origine soit réellement connue de ceux qui les utilisent.
À travers ce langage urbain, les jeunes participent donc, parfois inconsciemment, à la survie et à la diffusion d’une partie du patrimoine linguistique national. Derrière une expression lancée dans la rue se cachent souvent une langue, une histoire, une culture et une identité qui continuent de vivre au rythme des nouvelles générations.
News
Vie chère, emploi, PME : Théophane Nzame-Nze Biyoghe passe en revue les dossiers du moment
Au-delà de l’eau, de l’électricité et des réseaux sociaux, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a profité de son passage sur Urban FM, lundi 28 septembre 2026, pour répondre à plusieurs préoccupations qui traversent actuellement la société gabonaise : vie chère, emploi, entrepreneuriat, dette intérieure, gouvernance, culture ou encore protection de l’iboga.
Sur le pouvoir d’achat, le porte-parole de la Présidence de la République a d’abord tenu à préciser que la Centrale d’achat n’est pas « l’instrument exclusif de lutte contre la vie chère ». Après les méga-marchés organisés ponctuellement, une phase test de six mois est annoncée, avec l’objectif de mettre des produits à prix réduits à la disposition des consommateurs à travers une cinquantaine d’enseignes partenaires réparties dans le pays.
L’emploi des jeunes a également occupé une place importante dans les échanges. Taxi Gab et Gab Pêche ont notamment été présentés comme des mécanismes d’autonomisation. Théophane Nzame-Nze Biyoghe a rappelé les chiffres d’environ 43 000 emplois créés depuis la Transition, dont 22 000 dans le secteur privé, 15 000 dans les forces de défense et de sécurité et plus de 6 000 dans l’administration publique.
Mais pour lui, la réponse au chômage ne peut pas reposer uniquement sur l’État.
« La fonction publique […] ce n’est pas de régler la question du chômage », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de former davantage les Gabonais aux besoins des nouveaux secteurs économiques et d’intégrer le transfert de compétences aux grands projets structurants.
Sur l’entrepreneuriat, il a appelé la BCEG à mieux expliquer ses mécanismes au public, tout en évoquant notamment 6 milliards de FCFA destinés au financement d’entrepreneurs agricoles à des conditions préférentielles.
Concernant la dette intérieure, le porte-parole a précisé qu’une enveloppe de 51 milliards de FCFA avait été mobilisée : 20 milliards pour des ordonnances de paiement de PME en attente au Trésor public et un peu plus de 31 milliards concernant notamment des rappels liés à la TVA dans les secteurs forêt-bois et minier.
L’entretien a aussi pris une tournure plus politique sur les questions de gouvernance, de pluralisme et de procédures judiciaires visant certaines personnalités. Théophane Nzame-Nze Biyoghe a défendu le principe de séparation des pouvoirs, estimant que les questions relatives aux dossiers judiciaires en cours doivent être adressées aux autorités judiciaires compétentes.
La culture a également trouvé sa place dans les échanges, avec les droits d’auteur, leur inscription dans la loi de finances et l’assermentation annoncée de 21 nouveaux agents du BUGADA.
Enfin, sur l’iboga, le porte-parole a défendu la protection de cette ressource gabonaise face à l’intérêt qu’elle suscite à l’international. Une logique qui vise, selon les explications données, à faire en sorte que sa valorisation profite prioritairement au Gabon.
Un large tour d’horizon qui aura permis à la Présidence d’apporter sa lecture sur plusieurs dossiers qui occupent aujourd’hui le débat public.
News
Suspension des réseaux sociaux : la Présidence explique une mesure liée au contexte
Depuis plusieurs mois, de nombreux internautes gabonais ont recours aux VPN pour accéder à certains réseaux sociaux. Une situation revenue au centre des échanges lors du passage de Théophane Nzame-Nze Biyoghe, porte-parole de la Présidence de la République, sur Urban FM, lundi 28 septembre 2026.
Interrogé notamment sur les risques liés à l’utilisation des VPN dans un contexte marqué par des alertes de cybersécurité, le porte-parole a appelé à ne pas établir automatiquement de lien entre les deux phénomènes.
« Rien ne prouve que ces attaques sont exclusivement dues à la suspension des réseaux sociaux, qui contraint certains à recourir aux VPN », a-t-il expliqué.
Sur les motivations de la mesure, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a rappelé les arguments avancés autour de la lutte contre le cyberharcèlement et les violences en ligne. Mais surtout, il assure que les discussions se poursuivent entre les autorités compétentes et les plateformes numériques.
Le cas de TikTok a notamment été cité. Selon le porte-parole, des agents de la Haute Autorité de la communication doivent bénéficier d’une formation permettant notamment une meilleure utilisation des mécanismes de signalement de la plateforme. Il évoque également « un peu plus de 23 000 comptes et contenus jugés nocifs » supprimés dans le cadre de cette coopération.
Pour les autres plateformes, les échanges se poursuivent. Mais quand les utilisateurs pourront-ils retrouver un accès normal aux réseaux concernés ?
Sur ce point, pas encore de date.
« Le porte-parole de la Présidence de la République ne vous donnera pas d’échéance claire aujourd’hui », a répondu Théophane Nzame-Nze Biyoghe, renvoyant cette responsabilité au ministère de la Communication et à la Haute Autorité de la communication.
Il donne toutefois une indication importante : « C’est quand même temporaire et, tôt ou tard, une fois que tout sera d’équerre, cette mesure sera levée. »
En attendant cette levée, le recours aux VPN continue de faire partie du quotidien numérique de nombreux internautes gabonais.
