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Crise dans l’éducation : Hermann Immongault en première ligne pour désamorcer la grève des enseignants
La crise qui secoue le secteur de l’éducation nationale au Gabon s’est intensifiée ces derniers jours. Réunis en assemblée générale le samedi 10 janvier 2026 à l’école Martine Oulabou, à Libreville, les enseignants du collectif SOS Éducation ont décidé de maintenir et de durcir leur mouvement de grève sur l’ensemble du territoire national, estimant que les réponses apportées jusque-là demeurent insuffisantes face à un malaise ancien et profond.
Les revendications portent notamment sur la régularisation des situations administratives avec effet solde, l’affectation des sortants des écoles de formation, la prise en compte des enseignants bénévoles et confessionnels, le règlement de la situation des 900 enseignants des sciences, ainsi que le paiement des primes de transport, de logement et d’éloignement. Pour SOS Éducation, ces dysfonctionnements, hérités de plus de 17 ans, appellent des décisions politiques fortes, les acquis liés aux carrières administratives étant jugés non négociables.
Malgré la mise en place d’une commission interministérielle tripartite, le paiement partiel de certaines vacations et l’annonce de 3 000 régularisations administratives, la base enseignante reste mobilisée. Pour Marcel Libama, porte-voix du mouvement, « les commissions, c’est de l’enfumage », estimant que seul un engagement direct des plus hautes autorités de l’État peut permettre de sortir durablement de la crise. La grève du lundi 12 janvier a été largement suivie dans les établissements publics et confessionnels, avec le soutien de nombreux parents d’élèves.
Face à l’ampleur de la situation, le Gouvernement a renforcé ses initiatives. Le 12 janvier, Camelia Ntoutoume Leclercq, ministre de l’Éducation nationale, a réuni un Comité de direction pour engager la réflexion sur la création d’un guichet unique, destiné à accélérer le traitement des dossiers administratifs des agents de son département ministériel.
Surtout, le 13 janvier, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a présidé l’ouverture officielle des travaux de la commission tripartite, s’imposant comme la figure centrale de la médiation. Tout en appelant à l’apaisement, il a posé une condition claire à la poursuite des discussions :
« L’ouverture des négociations suppose la suspension du mouvement de grève », a-t-il déclaré, avant d’insister sur l’urgence éducative : « La fermeture prolongée des établissements scolaires pénalise gravement notre jeunesse et compromet son droit à l’éducation. Je vous invite à prendre en compte l’urgence et la nécessité de maintenir le lien éducatif avec nos enfants. »
À la croisée de la fermeté syndicale et de la volonté politique, Hermann Immongault apparaît désormais comme l’acteur clé de la recherche d’une sortie de crise, dans un contexte où l’avenir de l’école gabonaise reste suspendu à la capacité des parties à transformer le dialogue en décisions concrètes.
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Gabon : plus de 366 milliards de FCFA gelés, Ali Bongo réclame ses avoirs et soulève des interrogations
Trois ans après son éviction du pouvoir, Ali Bongo Ondimba engage un bras de fer judiciaire pour récupérer l’accès à ses comptes bancaires domiciliés à BGFIBank Gabon. Selon les révélations de Jeune Afrique, publiées ce lundi 12 octobre 2026, l’ancien président multiplie les démarches pour obtenir le déblocage de ses avoirs, dont le montant serait estimé à plus de 366 milliards de FCFA. Un chiffre non officiellement confirmé qui suscite des interrogations sur l’origine des fonds et les conditions de leur éventuelle restitution.
Installé à Paris, Ali Bongo affirme être privé d’accès à ses comptes depuis le coup d’État du 30 août 2023. D’après Jeune Afrique, ses nombreuses sollicitations auprès de la banque seraient longtemps restées sans réponse satisfaisante.
Le 8 juin dernier, il adresse une mise en demeure à BGFIBank pour obtenir ses relevés bancaires et les justifications du blocage. Le 17 juin, l’établissement invoque une ordonnance judiciaire du cabinet d’instruction spécialisé numéro un de Libreville, ordonnant la mise sous séquestre de ses comptes et de ceux de son épouse Sylvia.
Seulement, son entourage affirme que cette décision ne lui aurait jamais été officiellement notifiée. Le 22 juin, son avocat, Me Francis Nkéa Ndzigue, saisit le tribunal de première instance de Libreville pour obtenir l’ordonnance. Une procédure en référé est également engagée pour réclamer la levée du gel.
Une situation qui soulève plusieurs questions. Comment expliquer le blocage des comptes d’Ali Bongo alors qu’aucune poursuite pénale publique le visant personnellement n’a été annoncée ? La mesure concerne-t-elle exclusivement ses avoirs ou également des comptes communs ?
Ces interrogations interviennent alors que Sylvia Bongo et Noureddin Bongo Valentin ont été condamnés par contumace, en novembre 2025, à vingt ans de réclusion criminelle pour plusieurs infractions financières. Ali Bongo ne figurait pas parmi les accusés. Toutefois, l’absence de poursuites personnelles ne suffit pas à établir l’irrégularité d’une mesure conservatoire.
Face à cette situation, l’ancien chef de l’État multiplie les démarches. Après avoir sollicité la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), il a saisi, le 12 octobre, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Un recours auprès du régulateur bancaire français, l’ACPR, serait également envisagé.
Des discussions auraient aussi été engagées en septembre à Libreville, sans aboutir à un compromis.
Si son entourage soupçonne une motivation politique, BGFIBank affirme appliquer une décision judiciaire. La banque et le ministre de la Justice, Augustin Emane, n’ont pas souhaité commenter publiquement le dossier.
Au-delà du différend bancaire, cette affaire pose une question fondamentale : comment concilier protection des droits individuels, application des décisions judiciaires et transparence sur des avoirs aussi importants ?
La réponse dépendra désormais des juridictions saisies, seules habilitées à apprécier la régularité du séquestre et les conditions d’une éventuelle restitution.
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« Le service de la République dépasse les fonctions et les circonstances » : Camélia Ntoutoume-Leclercq remercie Oligui Nguema
Après son départ du gouvernement, Camélia Ntoutoume-Leclercq a choisi la reconnaissance plutôt que le silence. Dans une lettre publiée sur sa page officielle Facebook et adressée au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ancienne ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, exprime sa gratitude pour la confiance placée en elle, tout en revenant sur une expérience gouvernementale qui aura traversé deux présidences et plusieurs configurations politiques.
Remplacée par Jacqueline Ilogue à la faveur du remaniement du dimanche 11 octobre 2026, Camélia Ntoutoume-Leclercq quitte l’exécutif après un parcours entamé le 17 juillet 2020, sous Ali Bongo Ondimba, comme ministre déléguée chargée de la Formation civique. Promue ministre de l’Éducation nationale le 8 mars 2022, elle sera reconduite pendant la Transition, puis au sein du premier gouvernement de la Ve République.
Dans son message au chef de l’État, elle insiste sur la portée de cette expérience, marquée par les responsabilités exercées et les transformations institutionnelles auxquelles elle a participé.
« La grandeur d’une mission ne réside pas seulement dans la durée des responsabilités exercées, mais dans la fidélité aux convictions, la sincérité de l’engagement et la trace que l’on laisse au service de la Nation. »
Son passage à l’Éducation nationale laisse un bilan contrasté. Parmi les avancées figurent la gratuité des manuels scolaires au primaire, les réformes engagées dans la formation des enseignants, l’évolution des méthodes pédagogiques et l’amélioration des résultats aux examens nationaux. En septembre 2026, elle faisait également état de 2 668 situations administratives régularisées sur 4 000 dossiers recensés.
Cependant, ces acquis n’ont pas suffi à résoudre les difficultés structurelles du secteur. Les grèves répétées des enseignants, notamment celle de janvier 2026, les retards dans le traitement des carrières, le déficit d’enseignants, la surcharge des salles de classe et l’insuffisance des infrastructures scolaires auront marqué sa gestion. Autant de préoccupations auxquelles sa successeure devra désormais apporter des réponses durables.
Après plus de six années écoulées depuis sa première nomination, Camélia Ntoutoume-Leclercq tourne ainsi une page importante de sa carrière politique. Sa lettre, empreinte de respect et de loyauté républicaine, laisse entrevoir sa volonté de continuer à servir le Gabon, au-delà des responsabilités ministérielles.
Reste désormais à savoir quelle place elle entend occuper dans la vie publique, tandis que son héritage à l’Éducation nationale continuera d’alimenter les débats.
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Gabon : nouveau gouvernement, nouveaux visages et fortes attentes des populations
Neuf mois après la nomination du gouvernement du 1er janvier 2026, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, vient de procéder à un nouveau réaménagement de son équipe. Annoncé ce dimanche 11 octobre 2026 par la secrétaire générale de la Présidence de la République, Murielle Minko Mezui épouse Mintsa-Mi-Owono, ce remaniement intervient dans un contexte marqué par de nombreuses préoccupations sociales et économiques. Entre départs, nouvelles nominations et changements de portefeuilles, les attentes des Gabonais restent essentiellement tournées vers l’amélioration de leurs conditions de vie.
Le nouveau gouvernement, toujours placé sous la coordination du vice-président Hermann Immongault, compte désormais 32 membres, contre 30 dans la précédente configuration. Huit personnalités font leur entrée, cinq quittent leurs fonctions et cinq autres changent de responsabilités.
Parmi les départs les plus remarqués figure celui de Camélia Ntoutoume Leclercq, jusqu’alors ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique. Elle quitte le gouvernement aux côtés de Philippe Tonangoye, ancien ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, de Jean-François Ndong Obiang, de Lubin Martial Ntoutoume et d’Armande Longo Moulengui.
En remplacement ou à la faveur de la réorganisation des départements ministériels, plusieurs nouveaux visages apparaissent. Olivier Mouckocko prend les commandes de l’Eau et de l’Énergie, tandis que Lambert Mouvinde Millot hérite des Travaux publics et de la Construction. Emmanuel Eyeghe Nze devient ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, avec les fonctions de porte-parole du gouvernement.
Raïssa Nana épouse Ghogho prend les Affaires sociales, Georges Christian Waza la Pêche et l’Économie bleue, Axel Jesson Ayenoue le Tourisme, et Stephen Olouna Mouba l’Environnement et le Climat. Malcom Emery Djenno Ngomanda intègre également l’équipe comme ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur.
Le remaniement s’accompagne aussi de plusieurs changements d’affectation. Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, précédemment ministre du Travail, prend désormais la tête de l’Éducation nationale. Edgard Moukoumbi passe des Travaux publics à l’Intérieur, tandis qu’Adrien Nguema Mba hérite du Travail et du Dialogue social. Aimé Martial Massamba rejoint la Réforme des institutions et Marcelle Ibinga épouse Itsitsa prend l’Enseignement technique et la Formation professionnelle.
Dans cette nouvelle configuration, Brigitte Onkanowa et Ulrich Manfoumbi Manfoumbi conservent leurs fonctions de ministres d’État, respectivement à la Défense nationale et aux Transports. Thierry Minko demeure à l’Économie et aux Finances, tout comme Clotaire Kondja au Pétrole et Elsa Ayo épouse Bivigou à la Santé.
Mais au-delà des nominations, c’est surtout sur le terrain des résultats que cette nouvelle équipe sera attendue. Les récentes difficultés d’approvisionnement en carburant, les perturbations de la fourniture d’électricité, l’accès parfois difficile à l’eau potable et les préoccupations liées au pouvoir d’achat rappellent l’urgence des réponses à apporter au quotidien des populations.
À ces défis s’ajoutent l’emploi des jeunes, l’amélioration du système éducatif, l’accès aux soins, l’entretien des infrastructures routières et le développement des localités de l’intérieur du pays.
Le Conseil des ministres du 8 octobre dernier avait d’ailleurs placé plusieurs de ces préoccupations au centre des priorités gouvernementales, avec une insistance particulière sur la nécessité d’obtenir des résultats concrets.
Pour le président Brice Clotaire Oligui Nguema, ce nouvel attelage gouvernemental ouvre ainsi une autre étape de l’action publique. Reste désormais à savoir dans quels délais les engagements annoncés se traduiront en améliorations perceptibles.
Car pour les populations, l’essentiel ne réside pas uniquement dans les personnalités qui entrent ou quittent le gouvernement, mais dans la capacité de celles qui prennent les commandes à répondre efficacement aux préoccupations quotidiennes des Gabonais.
