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Yimba Jean Mickoté : “CHAÏNA”, un plan de retraite qui inspire à Matsatsa
Au Gabon, la retraite est rarement synonyme d’inactivité. Pour beaucoup, elle marque le début d’un nouveau chapitre, souvent tourné vers l’entrepreneuriat ou l’engagement communautaire. Yimba Jean Mickoté, ancien employé de COMILOG, incarne parfaitement cette réalité. Retraité depuis 2020, il a choisi de retourner dans sa région natale, Matsatsa, un district situé à 72 kilomètres de Lastourville, pour donner vie à un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps : CHAÏNA.
Un rêve d’enfance devenu réalité
L’histoire de CHAÏNA ne commence pas en 2020, mais bien plus tôt. En 2014, alors qu’il était encore en activité, Yimba Jean Mickoté pose les bases de ce qui deviendra un point commercial clé à Matsatsa. “C’était un rêve que je voulais absolument concrétiser une fois à la retraite”, explique-t-il.
Son établissement, dont le nom rend hommage à sa mère Céline, est un véritable centre commercial de proximité. Il propose divers services : vente de produits alimentaires et de boissons, impression et saisie de documents, et sert également de lieu de rencontre pour les habitants du district.
Un commerce au cœur de la vie locale
Avec une population d’environ 5 000 habitants en extension, Matsatsa connaît un développement progressif qui accroît les besoins en services de proximité. CHAÏNA s’est rapidement imposé comme un point de référence pour les résidents. “C’est ici que ma femme et moi achetons certains de nos produits”, témoigne Moukoumi Mamba Jean, un client fidèle. “Il m’arrive aussi de passer du temps ici, soit pour discuter avec des amis du village, soit pour faire des travaux d’impression et de saisie de documents à mon domicile.”
L’affluence régulière témoigne de l’importance du commerce dans le quotidien des habitants. Yimba Jean Mickoté n’a pas cherché à bâtir un empire, mais plutôt à répondre à un besoin essentiel, tout en générant un revenu stable.
Un modèle d’entrepreneuriat à la retraite
“Je ne gagne pas des millions, mais ça va aller”, confie Yimba Jean Mickoté avec humilité. Son projet illustre une réalité croissante au Gabon : de nombreux retraités, loin de se reposer, s’engagent dans des initiatives économiques locales. Qu’il s’agisse d’agriculture, de commerce ou d’artisanat, ils trouvent des solutions pour rester actifs tout en contribuant au dynamisme de leur communauté.
Son succès inspire d’autres habitants de Matsatsa à envisager des projets similaires. “Il montre qu’il est possible de bâtir quelque chose ici, au village, au lieu de partir en ville”, souligne un autre client.
Avec CHAÏNA, Yimba Jean Mickoté prouve qu’une retraite peut être synonyme d’accomplissement et d’utilité sociale. Son parcours rappelle qu’au-delà de la stabilité financière, la réussite réside aussi dans l’impact qu’on laisse sur son entourage.

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Éducation nationale : mises en solde, présalaires et régularisations décidées, la reprise des cours à l’épreuve
La crise qui a secoué le secteur de l’Éducation nationale ces derniers jours a connu un tournant décisif avec la clôture des travaux de la Commission tripartite interministérielle réunissant les ministères de l’Éducation nationale, du Budget et de la Fonction publique. Menées jusqu’à une heure avancée de la nuit du 14 janvier 2026, ces concertations ont permis de dégager des solutions concrètes, mettant un terme au mouvement de grève des enseignants.
L’action du gouvernement, installé depuis moins de trois semaines, est largement saluée pour sa réactivité face au durcissement du mouvement social. Carmélia Ntoutoume Leclercq, ministre de l’Éducation nationale, a suivi de près les revendications du secteur, tandis que Hermann Immongault, vice-président du Gouvernement, a assuré une coordination efficace du dossier dès les premières heures de la crise, en maintenant un dialogue permanent entre les administrations concernées et les partenaires sociaux.
Les mesures arrêtées traduisent cette volonté d’agir rapidement : mise en solde de 328 sortants des ENS et de l’ENSET, mise en présalaire de 692 sortants des ENIL et ENIF, de 108 enseignants des matières scientifiques et de 1 810 enseignants jusque-là qualifiés de bénévoles, sans oublier la régularisation de 4 000 situations administratives sur les 6 574 dossiers déjà codifiés à la Fonction publique. Leur entrée en vigueur progressive est prévue à partir de février 2026, avec une extension annoncée à d’autres secteurs de la fonction publique, notamment la santé. Un Comité de suivi et d’évaluation a été mis en place pour garantir leur application effective.
Ces avancées ont permis de créer les conditions d’un apaisement du climat social. Toutefois, des interrogations subsistent. Le collectif SOS Éducation, à l’origine du mouvement, se trouve aujourd’hui divisé : certains de ses membres, reçus par le gouvernement, saluent les décisions prises, tandis que d’autres restent attachés aux positions arrêtées lors de l’assemblée générale du 10 janvier, réclamant une audience exclusive avec le Président de la République.
Dans ce contexte, la reprise effective des cours, attendue dès ce jeudi 15 janvier, constitue un véritable test. Si les décisions gouvernementales témoignent d’une volonté d’efficacité et d’écoute, leur traduction concrète dans les établissements scolaires permettra de mesurer si la crise éducative est réellement derrière le pays ou si des tensions persistent encore sur le terrain.
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Recensement national des artistes : un tournant décisif, mais encore fragile pour la culture gabonaise
Le Gabon s’est engagé, depuis le 5 janvier et jusqu’au 30 janvier 2026, dans une opération majeure pour son secteur culturel : le recensement national des artistes et opérateurs culturels. Initiée par le ministère du Rayonnement culturel et des Arts, cette démarche invite les acteurs du secteur à se présenter dans les mairies d’arrondissement de Libreville, Akanda et Owendo, ainsi que dans les directions provinciales de la Culture à l’intérieur du pays.
Encadré par la Loi n°016/2023 portant statut de l’artiste et de l’opérateur culturel, ce recensement vise la constitution d’un registre national. Plus qu’une formalité administrative, il se veut un acte fondateur pour une reconnaissance officielle longtemps attendue par les créateurs gabonais, souvent laissés en marge des politiques publiques.
Toutefois, cette initiative intervient dans un contexte paradoxal. Si le projet de statut de l’artiste existe, son application concrète demeure incertaine. Malgré de multiples rencontres, annonces et promesses successives, les artistes continuent d’évoluer sans véritable protection sociale ni droits clairement établis. Une situation qui nourrit le scepticisme et explique en partie la mobilisation timide observée lors des premiers jours du recensement.
Les autorités se veulent néanmoins rassurantes, estimant que la dynamique devrait s’intensifier avec une meilleure diffusion de l’information. L’enjeu est de taille : structurer le secteur, faciliter l’accès aux droits sociaux, professionnaliser les métiers artistiques et positionner la culture comme un levier stratégique de diversification économique et de rayonnement international.
Ce processus s’inscrit également dans un contexte institutionnel nouveau, marqué par la récente nomination de Paul Ulrich Kessany au poste de ministre. Son arrivée à la tête de ce département est observée avec attention par les acteurs culturels, qui espèrent une impulsion concrète et durable pour un secteur longtemps relégué au second plan.
Pour autant, la réussite de cette opération passera nécessairement par une communication plus offensive. À ce titre, l’implication d’artistes de grande influence, à l’image de Ba’Ponga, Annie-Flore Batchiellilys, et bien d’autres figures emblématiques, pourrait jouer un rôle déterminant dans la mobilisation.
Car sans adhésion massive, sans visibilité et sans actes concrets, ce recensement, pourtant porteur d’avenir, risque de manquer son objectif : faire enfin de la culture gabonaise un pilier reconnu du développement national.
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Justice : Junior Xavier Ndong Ndong et Dokira Atsame Ella en détention préventive
La justice gabonaise a ordonné, ce lundi 5 janvier 2026, la mise sous mandat de dépôt de Junior Xavier Ndong Ndong et de Juste Olivier Atsame Ella, alias Dokira Atsame Ella, deux figures se réclamant du courant traditionaliste. À l’issue d’une longue audition devant les magistrats, les deux hommes ont été écroués à la prison centrale de Libreville, après leur interpellation par la Direction générale des recherches (DGR).
Ils sont poursuivis pour des propos jugés attentatoires à la cohésion sociale, susceptibles de constituer une incitation à la violence et à la haine, dans un contexte national particulièrement sensible.
Selon des sources judiciaires, les poursuites visant Junior Xavier Ndong Ndong, président du Conseil national des rites et traditions du Gabon (CNRTG), font suite à des déclarations tenues lors d’une conférence de presse le 27 décembre dernier. Il y avait affirmé que certaines institutions stratégiques de l’État — notamment l’armée, le Trésor, la Garde républicaine et la Douane — seraient dominées par une seule communauté ethnique, des propos qualifiés de tribalistes par les enquêteurs. Il avait également évoqué publiquement l’hypothèse d’un coup d’État en préparation, tout en proférant des menaces à l’encontre de ceux accusant les ngangas d’implication dans des crimes rituels.
Dokira Atsame Ella, pour sa part, est mis en cause pour des déclarations tenues sur Gabon Première, au cours de l’émission Dieu en Question, consacrée aux spiritualités et aux croyances. Abordant le thème des crimes rituels, il avait notamment déclaré que ces pratiques « ne sont pas mauvaises » et que « si les gens souffrent, c’est leur problème ». Des paroles jugées intolérables par la justice, qui y voit une possible apologie d’actes criminels.
La décision de placement en détention préventive intervient dans un climat marqué par plusieurs affaires de disparitions et de crimes non élucidés, dont celle du jeune Cameron, qui a profondément choqué l’opinion publique. Les autorités estiment que ces prises de parole ont contribué à alimenter une psychose collective et à fragiliser le vivre-ensemble.
Les deux prévenus affirment s’être mal exprimés, nient toute promotion de crimes rituels et rejettent toute implication dans des actes de violence. Ils devront comparaître devant le tribunal le 12 janvier prochain, où la justice devra établir la portée pénale exacte de leurs propos.

