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Yêmï : Dépression masculine et suicide, briser le silence imposé par la culture
Lors d’un numéro consacré à la dépression, la rubrique Entretien de l’émission Yêmï, programme de santé publique diffusé sur Urban FM 104.5, a mis en lumière un phénomène rarement discuté : la souffrance psychologique des hommes, souvent étouffée par les normes culturelles africaines.
La Dr Marcia Angue épouse Pemengoye, chirurgienne et médecin conseil de l’émission, insiste sur la réalité de cette détresse : « La dépression ne choisit ni un genre, ni un statut social. Les hommes aussi présentent des signes, mais on ne les écoute pas assez. »
Des femmes plus libres de partager leur mal-être
Dans de nombreuses sociétés africaines, les femmes disposent de réseaux de soutien naturels. Entre amies, au sein de la famille ou dans les lieux de culte, elles peuvent partager leurs émotions, pleurer et trouver du réconfort. Ce soutien collectif contribue à mieux gérer leur mal-être et à prévenir des conséquences graves.
Cette différence d’expression explique en partie pourquoi, même si femmes et hommes souffrent de la dépression, les effets visibles et les réponses sociales sont très différents.
Un silence masculin renforcé par la culture
Pour les hommes, l’expression de la souffrance reste difficile. Pleurer ou parler de ses difficultés est souvent considéré comme un signe de faiblesse. « Beaucoup d’hommes ne consultent qu’à un stade avancé, parce qu’ils ont appris depuis l’enfance qu’un homme doit se contenir et “tenir bon”. C’est ce conditionnement qui aggrave les situations, » souligne Dr Angue.
Cette injonction culturelle contribue à l’isolement émotionnel. Les hommes intériorisent leur tristesse et peuvent recourir à des comportements compensatoires, comme la consommation excessive d’alcool ou des attitudes à risque.
L’importance de la parole et de l’écoute
Au cœur du débat, LOPS, présentatrice de l’émission, insiste sur l’urgence de repenser la manière dont la société accompagne les hommes : « Il est temps de permettre aux hommes de parler, de pleurer et de demander de l’aide sans que cela soit perçu comme une faiblesse. La santé mentale concerne chacun d’entre nous. »
Ces mots soulignent que la lutte contre la dépression masculine ne peut se limiter aux structures de soin : elle passe par une transformation culturelle, qui accepte la vulnérabilité masculine comme légitime.
Des chiffres qui inquiètent
Les données internationales confirment ces observations : 75 % des décès liés à des passages à l’acte dangereux en situation de détresse concernent des hommes, contre une proportion nettement plus faible chez les femmes. Les hommes entre 35 et 65 ans sont particulièrement touchés, en lien avec les pressions professionnelles et familiales.
La dépression masculine, souvent invisible, constitue donc un enjeu majeur de santé publique, aggravé par le poids des normes culturelles.
Rompre le silence et accompagner les hommes
Selon la Dr Angue, il est essentiel de déconstruire les mythes autour de la virilité et d’ouvrir des espaces d’écoute pour les hommes. Encourager l’entraide masculine, valoriser la parole et sensibiliser la société au fait que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse sont des étapes indispensables pour protéger la santé mentale masculine.
En comparaison, les femmes bénéficient déjà d’un environnement plus permissif pour exprimer leurs émotions, ce qui les aide à traverser plus facilement les périodes de détresse. Comprendre la dépression dans le contexte africain, c’est donc reconnaître que hommes et femmes souffrent, mais que les hommes ont souvent moins de moyens de s’exprimer et d’être soutenus.
Théo / Mihi…
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ANINF : l’ouverture du bureau de Franceville concrétise la décentralisation numérique
L’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF) poursuit son maillage territorial avec l’ouverture officielle, le 23 juin 2026, de son premier bureau provincial à Franceville, dans la province du Haut-Ogooué. Plus qu’une simple extension administrative, cette implantation marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de transformation numérique portée par les autorités gabonaises. Elle traduit la volonté de rapprocher les infrastructures et les services numériques des réalités locales, afin de renforcer l’efficacité de l’action publique et de favoriser un développement plus équilibré des territoires.
La cérémonie a été présidée par le Préfet du Département de la M’Passa, assurant l’intérim du Gouverneur du Haut-Ogooué, en présence du Président du Conseil départemental de la M’Passa, du Maire de la Commune de Franceville ainsi que de plusieurs représentants des administrations locales.

Cette implantation, la première en province depuis la création de l’Agence en 2011, donne corps à une annonce formulée par le Directeur Général de l’ANINF, Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, lors de la célébration de la Fête du Travail. Celui-ci avait alors exprimé sa volonté de renforcer la présence de l’institution à l’intérieur du pays, notamment à Franceville et à Oyem.
À travers cette initiative, l’ANINF entend rapprocher l’expertise numérique de l’État des administrations, des collectivités territoriales, des entreprises et des citoyens. Comme l’a souligné le Directeur Général, « cette implantation traduit notre volonté de rapprocher l’expertise numérique de l’État des administrations, des collectivités territoriales, des entreprises et des citoyens afin d’accompagner efficacement la transformation numérique sur l’ensemble du territoire national ».
Le nouveau bureau assurera un accompagnement technique de proximité, facilitera l’utilisation des infrastructures numériques de l’État, recueillera les besoins exprimés sur le terrain et renforcera la coordination avec les services centraux de l’Agence.
Au-delà de son rôle opérationnel, cette présence territoriale devrait contribuer à dynamiser l’emploi local et à favoriser l’émergence de nouvelles opportunités dans le secteur du numérique. Une ambition déjà affichée par Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki lorsqu’il déclarait que « l’ouverture de bureaux provinciaux permettra à l’ANINF d’avoir davantage d’impact à l’intérieur du pays tout en contribuant à la dynamisation de l’emploi local ».
Cette démarche s’inscrit dans la vision du Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait du numérique un levier stratégique de modernisation de l’administration, de développement territorial et de souveraineté nationale. Portée par l’ANINF, cette stratégie vise notamment à sécuriser les données stratégiques du pays, à accélérer la digitalisation des services publics et à renforcer l’efficacité de l’action administrative.

L’ouverture du bureau de Franceville constitue ainsi le point de départ d’un déploiement territorial plus large. Après le Haut-Ogooué et la future implantation annoncée à Oyem, dans la province du Woleu-Ntem, l’ANINF pourrait progressivement étendre sa présence à d’autres provinces du pays afin de rapprocher davantage les services numériques des populations, réduire les disparités territoriales en matière d’accès aux infrastructures technologiques et accompagner la transformation numérique du Gabon au plus près des besoins des collectivités locales.
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Gabon : Oligui Nguema reçoit la plus haute distinction du CAMES
C’est dans une atmosphère solennelle et hautement symbolique que s’est tenue, ce mardi 23 juin 2026, la cérémonie d’élévation du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre international des Palmes académiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), au Palais des congrès Omar Bongo Ondimba. L’événement s’est déroulé en présence de la diplomatie accréditée au Gabon, des membres du gouvernement ainsi que des présidents des institutions constitutionnelles, témoignant de la portée institutionnelle de cette distinction.
Cette distinction, l’une des plus prestigieuses de l’espace académique africain et malgache, intervient dans un contexte où le Gabon renforce son positionnement au sein de l’institution, notamment à travers la présidence du Conseil des ministres assurée par le Pr Charles Edgard Mombo. Au-delà du protocole, elle traduit une reconnaissance des efforts engagés en faveur de la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Une reconnaissance à portée institutionnelle
Loin d’être un simple hommage personnel, cette élévation s’inscrit dans une dynamique collective. Le CAMES entend ainsi valoriser les États qui investissent dans l’éducation, la recherche et l’amélioration des conditions de travail du corps enseignant.
Dans cette logique, la distinction accordée au chef de l’État consacre une orientation politique centrée sur le renforcement du système éducatif comme levier de développement durable et de transformation sociale.
Un engagement réaffirmé envers le corps enseignant
S’adressant à l’assistance, Brice Clotaire Oligui Nguema a dédié cette reconnaissance aux enseignants, chercheurs et étudiants, qu’il considère comme les piliers du développement national. Il a rappelé que ces métiers relèvent de véritables vocations, souvent marquées par des contraintes structurelles nécessitant un accompagnement accru de l’État.
Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts visant à améliorer les conditions d’exercice et de vie des enseignants et des chercheurs, traduisant ainsi une volonté de consolidation du dialogue entre l’État et le monde académique.
Le savoir au cœur du projet national
Pour le président de la République, aucun développement durable ne peut être envisagé sans un enseignement supérieur solide et une recherche performante. Il a réaffirmé sa conviction : « Il n’y a pas de destin national sans un enseignement et une recherche forts et responsables ».
Cette vision implique une modernisation continue des infrastructures universitaires, une revalorisation du statut des enseignants-chercheurs et une meilleure intégration de la recherche dans les politiques publiques.
Des avancées reconnues dans le secteur éducatif
Le CAMES salue également les efforts entrepris par les autorités gabonaises, notamment la construction et la réhabilitation d’établissements scolaires et universitaires, ainsi que les mesures visant à améliorer les conditions d’apprentissage et de travail.
Cette dynamique s’accompagne du règlement progressif de situations administratives et salariales longtemps en suspens, permettant à de nombreux enseignants de percevoir leurs rémunérations après plusieurs années d’attente.
Une vision centrée sur le capital humain
À travers cette distinction, c’est une vision stratégique qui est consacrée : celle de placer le capital humain au cœur du développement national. L’éducation, la recherche et la formation s’imposent désormais comme des leviers essentiels de transformation économique et sociale.
En recevant la dignité de Grand-Croix du CAMES, le président de la République voit ainsi son action reconnue à l’échelle régionale, dans une dynamique qui dépasse le symbole pour s’inscrire dans la consolidation du savoir comme moteur de l’avenir du Gabon.
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Après l’inquiétude, le retour : Patience Dabany prépare « La Dernière Danse »
Après plusieurs mois d’inquiétude autour de son état de santé, une nouvelle rassurante redonne le sourire aux mélomanes gabonais et africains. Patience Dabany prépare son retour sur la scène musicale avec un nouvel album intitulé « La Dernière Danse », dont la sortie est annoncée pour le mois d’août. Cette annonce marque un moment particulièrement attendu par son public fidèle.
L’annonce a été faite par l’artiste elle-même à travers une vidéo relayée sur les réseaux sociaux de sa petite-fille, Malika Bongo Ondimba. Assise sur une terrasse, visiblement sereine, la chanteuse a confirmé à ses admirateurs que son prochain projet musical porterait ce titre évocateur qui suscite déjà une vive émotion auprès du public.
« L’album, c’est La Dernière Danse », déclare celle que plusieurs générations de Gabonais surnomment affectueusement « la Mama ».
Un concert pourrait également accompagner la sortie de cet opus, comme elle le laisse entendre dans cette même vidéo diffusée par sa petite-fille. Une perspective que l’artiste place toutefois sous le signe de la volonté divine, laissant entendre que sa réalisation dépendra avant tout de Dieu et de son état de santé.
Ces images constituent un véritable soulagement pour ses nombreux fans. Depuis son évacuation sanitaire en France en 2024, les nouvelles concernant l’artiste étaient devenues rares, alimentant les interrogations et les rumeurs. Les récentes apparitions de Patience Dabany, notamment lors de courses dans un commerce de Libreville ou lors de moments de détente partagés sur les réseaux sociaux, témoignent d’un retour progressif à une vie publique.
Au-delà de cette actualité, le retour de Patience Dabany rappelle l’empreinte exceptionnelle qu’elle a laissée sur la musique gabonaise et africaine au cours d’une carrière de plus de trois décennies.
Née Marie-Joséphine Kama à Brazzaville, la chanteuse a su construire un parcours unique mêlant tradition et modernité. Auteure, compositrice, interprète et percussionniste, elle a imposé sa voix et son style dans plusieurs registres musicaux, allant de la rumba à la salsa, en passant par le zouk, les rythmes traditionnels batéké, l’afro-jazz ou encore les sonorités afro-cubaines.
Après avoir lancé sa carrière internationale à la fin des années 1980, Patience Dabany enchaîne les succès avec des albums devenus des références dans le paysage musical africain. Des œuvres comme La Vie a changé, Article 106, Obomiya, No Comment ou encore La Locomotive contribuent à asseoir sa notoriété bien au-delà des frontières gabonaises.
Son influence dépasse également sa propre carrière. Elle a participé à l’émergence de plusieurs artistes gabonais et a contribué à la professionnalisation de l’industrie musicale nationale grâce notamment à la création de structures de production et d’enregistrement. Son engagement en faveur de la culture gabonaise lui a valu une reconnaissance particulière auprès du public et des acteurs du secteur culturel.
Au fil des années, Patience Dabany est devenue bien plus qu’une chanteuse. Elle s’est imposée comme une figure emblématique du patrimoine artistique gabonais, une ambassadrice de la culture nationale sur les grandes scènes africaines et internationales.
Aujourd’hui, l’annonce de « La Dernière Danse » revêt une dimension particulière. Entre promesse musicale et hommage à un parcours exceptionnel, ce nouvel album pourrait constituer l’un des moments les plus marquants de la carrière d’une artiste qui a traversé les générations sans jamais perdre le lien avec son public.
Pour les amoureux de la musique gabonaise, une certitude demeure : le retour de Patience Dabany est un événement majeur. Et si « La Dernière Danse » devait effectivement marquer la fin d’un chapitre artistique, il s’agirait assurément de l’ultime révérence d’une légende dont l’héritage continuera d’inspirer la scène musicale africaine pendant encore de nombreuses années.
