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Tchibanga : à Mougoutsi, des buses fragilisées par les fortes pluies à un nouveau pont en béton
À Tchibanga, dans la province de la Nyanga, le franchissement de la rivière Mougoutsi est désormais assuré par un pont en béton, là où trois anciennes buses servaient de passage depuis 1976. Livré en 2025, le nouvel ouvrage met fin à une situation devenue particulièrement préoccupante après la crue de décembre 2023, qui avait emporté l’ancien dispositif et coupé une partie de la ville pendant plusieurs jours.
Cette réalisation trouve un écho particulier dans la priorité accordée aux infrastructures routières par Brice-Clotaire Oligui Nguema. Le 10 juillet 2026, à l’occasion d’un déplacement dans le Woleu-Ntem, le Président de la République a réaffirmé sa volonté de faire des routes un levier de croissance, de désenclavement et de développement économique. À Mougoutsi, où la rupture du passage avait affecté à la fois la mobilité, l’accès aux administrations et les échanges, cette vision prend aujourd’hui une traduction concrète avec la mise en service du nouveau pont.
Les anciennes buses avaient été installées par l’entreprise Razel à l’occasion des festivités du 17 août 1976. Pendant des décennies, elles ont permis aux automobilistes et aux populations de franchir la Mougoutsi. Mais avec le temps, le dispositif a progressivement montré ses limites, particulièrement lors des périodes de fortes pluies.

Le secteur connaissait en effet d’importants épisodes d’inondation, parfois espacés d’une dizaine d’années. Lorsque le niveau de la rivière montait fortement, les buses ne permettaient plus une évacuation suffisante des eaux. Les débordements pouvaient alors atteindre les habitations environnantes.
En décembre 2023, une crue particulièrement importante a finalement emporté les trois buses. Leur chute a provoqué une coupure majeure dans la ville. La 7ᵉ région militaire, la prison centrale, la Cour des comptes ainsi que l’aéroport se sont retrouvés séparés du reste de Tchibanga pendant plusieurs jours.

La situation avait également des conséquences bien au-delà du seul secteur de Mougoutsi. Cette voie permet notamment de rejoindre plusieurs administrations et infrastructures importantes, mais constitue également un passage vers Moabi, commune de la Nyanga située à environ 50 kilomètres au nord de Tchibanga et chef-lieu du département de la Douigny. La coupure avait donc considérablement ralenti les déplacements entre Tchibanga et cette partie de la province, mais aussi le transport des personnes et des biens, avec des répercussions sur l’activité économique locale.
Dès cette période, Brice-Clotaire Oligui Nguema, alors Président de la Transition, avait demandé au gouvernement d’agir dans les meilleurs délais afin de répondre aux difficultés rencontrées par les populations. L’enjeu était alors de rétablir au plus vite la circulation sur un axe devenu essentiel au fonctionnement d’une partie de la ville et aux liaisons avec les localités environnantes.
Pour rétablir rapidement les déplacements à Mougoutsi, l’entreprise chinoise COVEC a aménagé une déviation provisoire. Cette solution d’urgence a permis de reconnecter les différentes parties de la ville et de maintenir la circulation dans l’attente d’un ouvrage définitif.
Le projet confié par le ministère des Travaux publics à COVEC a ensuite débouché sur la construction d’un nouveau pont. En juillet 2025, lors d’une mission dans le sud du Gabon, le ministre des Travaux publics avait encore pu constater l’avancement du chantier. Quelques mois plus tard, l’ouvrage était livré et ouvert à la circulation.

Aujourd’hui, la différence est visible. Là où se trouvaient auparavant trois buses, Mougoutsi dispose désormais d’un véritable pont en béton. Plus élevé, l’ouvrage offre également des espaces plus larges sous la chaussée, facilitant ainsi l’écoulement des eaux de la rivière.
Cette nouvelle configuration est pensée pour mieux répondre à la pression des eaux lors des épisodes de fortes pluies. Pour les populations riveraines, longtemps exposées aux débordements, l’enjeu est également de réduire les risques d’inondation des habitations situées autour du site.

Pour les automobilistes, le changement est tout aussi concret. La déviation provisoire appartient désormais au passé et les déplacements ont retrouvé leur cours normal sur cet axe stratégique de Tchibanga.
Près de cinquante ans après l’installation des trois buses de 1976 et deux ans après leur effondrement, Mougoutsi dispose ainsi d’un ouvrage entièrement repensé. Sa réalisation rejoint cette volonté de faire des infrastructures routières un outil de mobilité, de désenclavement et de développement, régulièrement mise en avant par Brice-Clotaire Oligui Nguema. Lors de son adresse sur l’état de la Nation du 15 juin 2026, le Chef de l’État avait d’ailleurs présenté les infrastructures routières parmi les chantiers structurants accompagnant la transformation du pays.
Pour les populations, la livraison de ce pont constitue surtout la réponse concrète attendue depuis la crue de décembre 2023. Là où l’effondrement des buses avait brutalement coupé une partie de la ville, la circulation est aujourd’hui rétablie sur un ouvrage appelé à offrir davantage de sécurité et de durabilité.

Reste désormais le test de la nature. Alors que la saison des pluies doit s’installer dès le mois d’octobre 2026, dans quelques jours, les prochaines semaines permettront d’observer le comportement du pont face aux fortes précipitations et à la montée de la Mougoutsi. Un véritable test grandeur nature pour mesurer l’efficacité de cet ouvrage là où, pendant plusieurs décennies, les anciennes buses avaient montré leurs limites.
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Bélinga : le programme de forage change d’échelle
Le projet minier de Bélinga entre dans une nouvelle phase de son développement avec une nette intensification des opérations de forage. Fortescue Belinga a prolongé son contrat avec Capital Limited afin de doubler sa flotte de foreuses et d’accélérer les travaux techniques destinés à mieux définir les ressources du gisement. Cette montée en puissance doit à la fois préparer les prochaines étapes du projet, renforcer les capacités opérationnelles sur le terrain et générer davantage d’opportunités économiques et d’emplois au Gabon.
Dans le cadre de ce programme accéléré, le nombre de foreuses passera de cinq à dix. L’entreprise prévoit de réaliser environ 350 000 mètres de forage à circulation inverse et 25 000 mètres de forage au diamant dans les zones de Bélinga, Batouala et Boka Boka. Une montée en puissance qui place le projet parmi les programmes d’exploration de minerai de fer les plus actifs du continent africain.

Cette intensification doit également avoir un impact direct sur l’emploi. Fortescue Belinga prévoit de faire passer progressivement le nombre d’emplois directs liés au projet d’environ 1 250 actuellement à près de 1 450 à court terme. Les ressortissants gabonais représentent déjà plus de 83 % des effectifs et devraient continuer à constituer la majorité. De son côté, Capital Limited prévoit également de doubler ses effectifs.
Au-delà des emplois directs, l’accélération des activités devrait générer de nouvelles opportunités pour les entreprises, fournisseurs et prestataires de services gabonais. Fortescue Belinga et ses sous-traitants entendent maintenir la priorité donnée au recrutement local, à la formation et au développement des compétences.
Pour Ed Kalajzic, PDG de Fortescue Belinga, cette nouvelle phase traduit les progrès enregistrés sur le terrain. « Le projet Belinga bat son plein », a-t-il déclaré, soulignant que l’élargissement du programme de forage permettra à la fois de poursuivre les travaux de définition des ressources, de soutenir le développement du projet et de créer davantage d’emplois locaux.
Le responsable a également insisté sur la collaboration avec les autorités gabonaises et les partenaires locaux afin de faire avancer le projet « de manière responsable et à un rythme soutenu ».
Même constat du côté de Capital Limited. Son directeur exécutif, Brian Rudd, estime que le passage de cinq à dix appareils de forage illustre la solidité du partenariat noué avec Fortescue depuis trois ans. Selon lui, ce programme renforcé doit aussi permettre d’accroître les possibilités de formation et de développement des compétences au bénéfice de la main-d’œuvre gabonaise.


Parallèlement aux opérations techniques, Fortescue Belinga affirme vouloir poursuivre son engagement auprès des communautés et des autorités locales de l’Ogooué-Ivindo afin de soutenir les priorités identifiées sur le terrain.
Les travaux de forage constituent une étape déterminante pour la future mine. Les résultats obtenus doivent permettre de mieux définir les ressources disponibles et d’orienter les études techniques, les procédures d’autorisation ainsi que la planification des infrastructures nécessaires au développement du projet.
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Doussiegoussou : au cœur d’une usine qui prépare la transformation locale du marbre gabonais
À une vingtaine de kilomètres de Tchibanga, au cœur de la Nyanga, le chantier de l’usine de transformation de marbre de Doussiegoussou laisse déjà entrevoir ce que pourrait devenir l’un des futurs pôles industriels de la province et, à une échelle plus large, du Gabon et des pays environnants. Sur place, les blocs de marbre côtoient les structures métalliques, les machines de découpe déjà installées et les différents espaces appelés à accueillir les prochaines étapes de transformation.
Annoncé lors du Conseil des ministres du 23 juillet 2024, le projet prend aujourd’hui progressivement forme. Il s’inscrit dans une volonté de développer davantage la transformation locale des ressources naturelles, de créer de l’emploi et de renforcer le tissu industriel national. Portée par l’entreprise Marmion Minerals, l’initiative va bien au-delà de la seule construction d’une unité de production. La base vie destinée aux travailleurs ainsi que les bureaux administratifs sortent déjà de terre, tandis qu’une infirmerie, des espaces de stockage et plusieurs autres installations doivent accompagner le fonctionnement quotidien du complexe.


Encore en phase de construction, l’usine prend progressivement forme. À l’intérieur, chaque zone correspond à une étape précise de la future chaîne de production. D’un côté, les équipements destinés à la découpe du marbre. Plus loin, les bras mécanisés qui permettront de déplacer les lourds blocs au fur et à mesure du processus. Une autre partie du site est réservée au polissage et à la finition des produits.
« Nous avons déjà les machines de découpe. Le marbre sera découpé, puis transporté par des bras mécanisés vers les différentes étapes de transformation », explique Malick Ontala, responsable du site.

Sur une table, quelques pièces déjà travaillées permettent d’imaginer le résultat final. Elles ont encore été réalisées de manière artisanale, mais elles donnent un aperçu de la qualité du matériau disponible à Doussiegoussou.
« Ce sont des produits finis réalisés de manière artisanale. Cela permet déjà de montrer la substance et la qualité du marbre que nous avons ici », précise le responsable.

Le processus industriel reposera notamment sur des équipements de découpe de précision utilisant des outils diamantés. L’eau occupera également une place essentielle dans la chaîne de production. Elle servira au refroidissement, au lavage et à la découpe, avant d’être récupérée dans des bassins de décantation puis réutilisée dans le circuit.
Autre particularité mise en avant sur le site : la volonté de limiter les pertes. Selon Malick Ontala, même les résidus issus de la découpe pourront être valorisés. « Dans le marbre, il n’y a pratiquement pas de déchets. Même la poussière peut être utilisée, notamment avec du ciment », souligne-t-il.
Mais derrière les machines et les infrastructures, l’un des enjeux majeurs reste l’emploi. Sur le site, une quarantaine de Gabonais, hommes et femmes, travaillent déjà sur cette première phase du projet. Une présence qui donne déjà un visage humain à cette future unité industrielle et nourrit les attentes autour de l’employabilité locale.
Les travailleurs rencontrés sur place invitent d’ailleurs d’autres compatriotes à rester attentifs aux prochaines opportunités. Leur message est simple : lorsque de nouveaux besoins seront exprimés, il ne faudra pas hésiter à venir frapper à la porte de l’entreprise et à déposer sa candidature.
Cette dynamique devrait prendre une tout autre dimension avec le lancement effectif de l’usine. À terme, pas moins de 500 postes de travail sont annoncés pour accompagner la mise en production et le fonctionnement de l’ensemble du complexe. Des opportunités qui devraient concerner plusieurs profils : opérateurs de machines, techniciens, agents de maintenance, manutentionnaires, logisticiens, personnels administratifs ou encore employés des services annexes.
L’enjeu est donc double : faire fonctionner une unité industrielle moderne, mais aussi créer des perspectives concrètes pour les populations de la Nyanga et, plus largement, pour les Gabonais désireux de travailler dans cette nouvelle filière.
Encore en construction, l’usine pourrait connaître une phase de test au mois de décembre 2026, sous réserve de l’achèvement du montage et de l’installation des équipements nécessaires. Le lancement effectif de la production industrielle est, lui, envisagé en 2027, à une période qui reste à déterminer et qui fera l’objet d’une annonce officielle.


À Doussiegoussou, le chantier est donc loin d’être terminé. Mais les machines déjà présentes, les installations en cours de montage, la base vie et les bureaux qui prennent forme, les premiers produits réalisés et les dizaines de Gabonais déjà au travail donnent désormais une réalité concrète à un projet annoncé deux ans plus tôt et qui ambitionne de faire passer le marbre gabonais du simple bloc extrait à un produit transformé localement.

Image d’archives du président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, sur le site de Doussiegoussou.
Au-delà de l’usine elle-même, l’enjeu est aussi économique et social : créer de la valeur dans la Nyanga, développer les compétences locales et faire de l’exploitation du marbre un véritable levier d’emplois et de développement pour les populations, avec une ambition susceptible de dépasser, à terme, les frontières nationales. Une orientation qui s’inscrit dans la vision portée par le Président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, qui place notamment la transformation locale des ressources, l’industrialisation et la création d’emplois au cœur de la stratégie de développement économique du Gabon.
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Gabon : décès de l’abbé Florent Mboumba-Bouassa, grande figure de l’Église catholique
L’Église catholique gabonaise est en deuil. L’abbé Florent Mboumba-Bouassa est décédé dans la nuit du 13 au 14 septembre 2026, selon une annonce de Mgr Jean Patrick Iba-Ba, archevêque métropolitain de Libreville. Celui-ci a salué « le don de sa vie, son ministère sacerdotal et le témoignage donné au service de l’Église », tout en invitant les fidèles à prier pour le repos de son âme.
Originaire du village Malaba, dans le département de la Douigny à Moabi, Florent Mboumba-Bouassa est né au début de la Seconde Guerre mondiale. Fils de catéchiste, il grandit dans un environnement profondément marqué par la foi. Après des études en France, il est ordonné prêtre le 14 juillet 1968, à la paroisse Saint-Joseph de Tchibanga, dans le diocèse de Mouila.
Au fil des décennies, son parcours dépasse largement le seul cadre pastoral. Théologien, canoniste, historien, musicologue, linguiste, éducateur et chercheur, il s’intéresse à la fois aux questions religieuses, culturelles et identitaires. Il travaille notamment sur le concept Bajaga et compose plusieurs cantiques en langue yipunu.
Très attaché aux médias catholiques, il contribue à leur promotion au Gabon et participe à la mise en œuvre du journal La Lumière. Il est également le fondateur de l’association Les Messagers du Christ et reste associé à la construction de l’église Notre-Dame-des-Apôtres, au PK8 à Libreville.
Son engagement s’étend aussi à des domaines institutionnels. Il a travaillé au sein d’un organe lié à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Des témoignages lui attribuent par ailleurs une contribution, après ses études en France, aux travaux autour de la Constitution de la Première République gabonaise, notamment sur la référence à Dieu.
Profondément attaché à ses racines, à la culture et aux traditions de son terroir, l’abbé Florent Mboumba-Bouassa aura marqué plusieurs générations par la diversité de ses engagements et par sa volonté de faire dialoguer foi chrétienne, savoir, identité culturelle et transmission.
Sa disparition, survenue le jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, clôt un parcours de près de six décennies de sacerdoce, entre évangélisation, culture, recherche et engagement intellectuel.
