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Réduction de la mortalité maternelle au Gabon : une feuille de route nationale pour sauver des vies
Face à une réalité sanitaire encore préoccupante et à l’urgence d’agir pour préserver la vie des mères, le Gabon a franchi une étape décisive du 9 au 11 avril 2026 à Libreville. À l’initiative du Gouvernement, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), une consultation nationale de haut niveau a réuni décideurs publics, experts de santé, partenaires techniques et société civile, avec un objectif clair : transformer les engagements en actions concrètes pour inverser durablement la courbe de la mortalité maternelle. Point d’orgue de ces assises, le lancement officiel de la feuille de route nationale s’est tenu ce samedi 11 avril au Complexe hôtelier de la Sablière, marquant un tournant stratégique dans la politique de santé publique du pays.
La cérémonie de clôture, s’est tenue en présence de la Première Dame, Zita Oligui Nguema, marraine de l’événement, aux côtés de la ministre de la Santé, le Professeur Elsa Joséphine N’kana Ayo épouse Bivigou, du Dr Xavier Crespin, Représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Gabon, ainsi que du Dr Sennen Hounton, Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Pendant trois jours, les échanges ont permis de dresser un diagnostic lucide et sans complaisance. Malgré un taux élevé d’accouchements assistés par du personnel qualifié, estimé à près de 95 %, le Gabon enregistre encore environ 399 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Un paradoxe révélateur de défaillances plus profondes, notamment en matière de qualité des soins, de continuité de la prise en charge, d’organisation du système sanitaire et d’équité territoriale. En d’autres termes, l’accès aux structures de santé ne suffit plus : la question centrale devient celle de l’efficacité et de la performance du système dans son ensemble.

Dans cette perspective, le Dr Sennen Hounton a insisté sur la nécessité de repenser l’approche : « La mortalité maternelle n’est pas uniquement une question de santé publique. C’est une question politique, économique et sociale. » Il a ainsi appelé à une mobilisation multisectorielle, impliquant notamment les infrastructures (routes, évacuations sanitaires), l’éducation (maintien des jeunes filles à l’école), la gouvernance (redevabilité des politiques publiques) et la lutte contre les inégalités sociales et de genre. Pour lui, réduire les décès maternels revient à s’attaquer aux racines mêmes des fragilités du développement.

Le Dr Xavier Crespin, Représentant résident de l’OMS au Gabon, a, pour sa part, salué l’engagement des autorités gabonaises et le rôle moteur de la Première Dame. Il a rappelé que « le progrès social repose avant tout sur l’investissement dans l’humain, la solidarité et la transmission du savoir », tout en exprimant la reconnaissance de l’OMS pour « ces dix années d’engagement constant au service des causes sociales et humaines ». Une prise de parole qui réaffirme la disponibilité des partenaires internationaux à accompagner le Gabon dans cette dynamique de transformation.

Dans la même veine, la ministre de la Santé, le Professeur Elsa Joséphine N’kana Ayo épouse Bivigou, a posé les bases d’une réponse structurée et ambitieuse. « Il n’y a plus de place pour l’hésitation », a-t-elle martelé, appelant à un changement immédiat de paradigme. Parmi les mesures annoncées figurent la création d’un fonds national dédié aux urgences obstétricales, la mise en place d’un observatoire pour le suivi des soins maternels, ainsi que le renforcement des capacités du personnel de santé à travers la formation continue, l’innovation et la fidélisation des ressources humaines. L’accent est également mis sur la protection et l’autonomisation des adolescentes, considérées comme un levier essentiel de prévention.
En complément de l’action gouvernementale, la Première Dame entend jouer un rôle déterminant à travers sa fondation, “Ma Bannière”, en investissant dans le capital humain. L’octroi de bourses de formation et de recherche aux professionnels de santé vise à renforcer durablement les compétences nationales et à améliorer la qualité des soins sur l’ensemble du territoire.
À travers cette feuille de route, le Gabon affiche une ambition claire : ramener le taux de mortalité maternelle à 75 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030. Mais au-delà des objectifs chiffrés, c’est un véritable changement de paradigme qui est enclenché, fondé sur la responsabilité collective, la redevabilité et l’action coordonnée de tous les secteurs.

Car, comme l’a rappelé le Dr Sennen Hounton, « lorsqu’on sauve une mère, on sauve une nation ». Ce combat dépasse le seul cadre sanitaire : il engage l’avenir du pays, sa cohésion sociale et son développement. La réussite de cette feuille de route dépendra désormais de la capacité des acteurs à traduire les engagements en résultats concrets, mesurables et durables. C’est à ce prix que le Gabon pourra, à terme, se positionner parmi les nations exemplaires en matière de santé maternelle.
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Cybersécurité en Afrique : à Marrakech, l’ANINF renforce son leadership stratégique
À l’heure où les cyberattaques se multiplient à l’échelle mondiale, ciblant aussi bien les États que les entreprises stratégiques et les infrastructures critiques, l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF), agence gabonaise en charge du développement, de la sécurisation et de la régulation des infrastructures numériques, s’affirme comme un acteur clé de la réponse nationale face à ces menaces. Dans un environnement numérique de plus en plus exposé, où la souveraineté technologique devient un enjeu majeur, l’institution se positionne au cœur des stratégies visant à sécuriser les systèmes d’information et à renforcer la résilience du Gabon.
C’est dans cette dynamique que l’ANINF a pris part au GITEX Africa 2026, tenu le 8 avril 2026 à Marrakech. Véritable plateforme d’échanges entre décideurs publics, experts technologiques et acteurs de l’innovation, ce rendez-vous continental s’impose comme un espace stratégique pour repenser les politiques numériques africaines et consolider les coopérations en matière de cybersécurité.


Dans ce cadre, l’ANINF s’est distinguée comme un acteur central des débats africains sur la résilience numérique et la souveraineté technologique, portant une vision structurée et proactive face aux cybermenaces.
Invité à intervenir lors d’un panel de haut niveau consacré à la résilience des nations face aux cybermenaces, le Directeur Général de l’ANINF, Alberto Wenclas Mounguegui Moudoki, a exposé les avancées du Gabon dans la structuration de son écosystème de cybersécurité. Il a notamment mis en avant les efforts engagés pour sécuriser les systèmes d’information de l’administration, renforcer la protection des données et développer une expertise locale capable de répondre aux défis contemporains.

Dans une déclaration forte, il a rappelé l’impératif d’une approche stratégique et anticipative :
« Bâtir un cyberespace sûr n’est plus une option, mais une exigence stratégique au service de la souveraineté des États, de la continuité des services essentiels et de la confiance numérique. »
Au-delà de cette prise de position, l’ANINF a illustré son pragmatisme en consolidant ses alliances. La signature d’un protocole d’accord avec l’Agence de Développement du Digital (ADD) du Royaume du Maroc marque une étape décisive dans la coopération Sud-Sud. Cet accord ouvre des perspectives concrètes en matière de partage d’expertise, de renforcement des capacités humaines, de développement d’infrastructures numériques sécurisées et d’harmonisation des stratégies de cybersécurité à l’échelle africaine.
Cette dynamique partenariale s’inscrit dans une vision plus large : celle de bâtir un cyberespace africain résilient, fondé sur la mutualisation des ressources et l’intelligence collective. Face à des menaces transnationales par nature, les réponses isolées montrent leurs limites. L’ANINF fait ainsi le choix d’une approche collaborative, où la coopération devient un levier de puissance et de protection.
En se positionnant comme bras technique de l’État, l’agence contribue directement à la mise en œuvre de la vision portée par Brice Clotaire Oligui Nguema, pour qui le numérique constitue un pilier stratégique de souveraineté, de modernisation administrative et de développement économique.
À Marrakech, l’ANINF n’a donc pas seulement participé à un forum international : elle a affirmé une ambition. Celle de faire du Gabon un acteur crédible et influent dans la gouvernance numérique africaine, capable de défendre ses intérêts tout en contribuant à la sécurité collective du continent.
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Décès maternels : le Gabon enclenche une stratégie pour inverser la tendance
Réunis au complexe hôtelier de la Sablière à Libreville, le gouvernement gabonais et ses partenaires intensifient la lutte contre la mortalité maternelle à travers une approche plus structurée et multisectorielle. Ce jeudi 9 avril 2026, le ministère de la Santé, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population et la Fondation Ma Bannière de la Première Dame Zita Oligui Nguéma, a lancé un atelier stratégique pour élaborer un Plan d’accélération de la réduction des décès maternels.
Autorités publiques, experts et partenaires techniques entendent répondre à une réalité préoccupante : un niveau élevé de mortalité malgré une forte médicalisation des accouchements (près de 95 %).
Pour le docteur Sédenne Hounton, directeur régional d’Afrique de l’Ouest et du Centre du Fonds des Nations Unies pour la population, ce constat révèle des défaillances plus profondes :
« Le Gabon présente un paradoxe sanitaire préoccupant. Nous observons un pays où la majorité des accouchements se font en milieu médicalisé, et pourtant, les décès maternels restent à un niveau encore trop élevé. Cela signifie que le défi ne se limite plus à l’accès aux soins, mais concerne désormais la qualité de la prise en charge, la rapidité d’intervention et la continuité du suivi des femmes enceintes », a-t-il indiqué, soulignant que l’enjeu n’est plus seulement l’accès aux soins, mais la qualité, la rapidité et la continuité de la prise en charge.
Les causes identifiées confirment cette analyse : hémorragies, hypertension, complications post-avortement, mais aussi retards dans l’intervention médicale, insuffisances du suivi prénatal et postnatal, ou encore déficit d’équipements adaptés. À cela s’ajoutent des inégalités territoriales persistantes, notamment dans les zones éloignées.
À l’échelle régionale, la tendance reste alarmante. D’après l’Organisation mondiale de la santé, 178 000 femmes sont décédées en 2023 en Afrique, dont une large part dans des contextes fragiles, révélant les limites des systèmes de santé face aux urgences obstétricales.
Pour la ministre de la Santé, Professeure Elsa Nkana Joséphine Ayo Bivigou, l’urgence est désormais opérationnelle :
« Chaque décès maternel est une tragédie […] Il est de notre responsabilité d’agir », a-t-elle déclaré, plaidant pour un renforcement de la coordination, de la formation du personnel et du suivi des patientes.
Au-delà du diagnostic, cet atelier vise des résultats concrets : définition d’actions prioritaires, mécanismes de mise en œuvre et engagement politique fort. Les travaux se poursuivront les 10 et 11 avril, avec une consultation nationale suivie du lancement officiel de la feuille de route.
En conclusion, cette initiative marque un tournant attendu dans la politique de santé maternelle au Gabon. Au-delà des engagements, le défi réside désormais dans la capacité à transformer les recommandations en actions concrètes, mesurables et durables. Cela suppose un investissement accru dans les infrastructures, la formation continue du personnel, le renforcement du suivi des patientes et une meilleure coordination entre les acteurs. La réussite de cette feuille de route dépendra également d’un suivi rigoureux et d’une volonté politique constante. Car derrière chaque statistique, ce sont des vies, des familles et l’avenir même du système de santé qui sont en jeu : garantir à chaque femme le droit fondamental de donner la vie sans la perdre.
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Journée mondiale de la santé : le Gabon mise sur la science pour renforcer son système sanitaire
Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des crises sanitaires et l’accélération des mutations climatiques et technologiques, le Gabon a célébré, le 7 avril 2026, la Journée mondiale de la santé. Placée sous le thème « Unissons-nous pour la santé ; soutenons la science », défini par Organisation mondiale de la santé, cette commémoration a été l’occasion pour les autorités sanitaires de réaffirmer la nécessité d’une réponse collective, fondée sur la recherche et l’innovation.
À cette occasion, la ministre de la Santé, Professeure Elsa Nkana Joséphine Ayo, épouse Bivigou, a appelé à une mobilisation collective face à des défis sanitaires de plus en plus complexes, marqués par des mutations climatiques, socio-démographiques et technologiques.
Dans son allocution, elle a souligné l’importance d’une approche scientifique dans les politiques publiques : « Soutenir la science, c’est reconnaître le rôle fondamental de la recherche, de l’innovation et de la publication de données probantes dans la prise de décision en matière de santé. »
La ministre a également insisté sur la nécessité d’intégrer ces données dans les stratégies nationales afin de renforcer l’efficacité du système sanitaire. « La science guide nos décisions, éclaire nos stratégies et garantit la pertinence de nos interventions », a-t-elle affirmé.
Évoquant les efforts engagés, elle a salué la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de moderniser le secteur à travers le renforcement des infrastructures, la formation du personnel médical et le soutien à la recherche.
Parmi les avancées notables figurent la numérisation du système de santé et le renforcement des capacités locales, permettant une meilleure traçabilité des problématiques et une adaptation plus efficace des stratégies de soins. L’adoption récente du Code de la santé par le Parlement constitue également un levier important pour la régulation du secteur.
Enfin, la ministre a rappelé que la santé repose aussi sur l’engagement individuel : « Adopter des comportements responsables, un mode de vie sain, se faire vacciner » restent essentiels pour prévenir les maladies.
Elle a conclu en appelant à une démarche inclusive : « S’unir pour la santé, c’est promouvoir une approche où chaque citoyen devient acteur de sa propre santé. » Au-delà de cet appel, cette journée rappelle que la consolidation d’un système de santé efficace repose autant sur la volonté politique que sur l’implication citoyenne. Entre investissements publics, valorisation de la recherche et adoption de comportements responsables, le défi reste collectif : faire de la science un levier durable pour un Gabon plus résilient et mieux préparé aux crises sanitaires futures.
