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Procès Sylvia et Nourredin Bongo : entre quête de transparence et polémique autour d’une vidéo virale
Libreville, 7 novembre 2025 — À trois jours de l’ouverture du procès de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Nourredin Bongo Valentin, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux continue de faire grand bruit et de brouiller les lignes entre communication politique, émotion familiale et vérité judiciaire.
Le ministère de la Justice, Garde des Sceaux, Dr Séraphin Akure-Davain, a pourtant réaffirmé ce jeudi sa détermination à garantir un procès « irréprochable ». Réunissant à son cabinet le Premier président de la cour d’appel de Libreville, le Procureur général, l’Inspecteur général des services judiciaires, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats et le Secrétaire permanent du Conseil supérieur de la magistrature, il a insisté sur « la transparence la plus totale » et « l’impartialité absolue » de la procédure.
Mais cette volonté affichée de rigueur judiciaire se heurte désormais à la polémique provoquée par la fuite d’une vidéo montrant une rencontre à la villa de La Sablière entre Ali Bongo, son épouse Sylvia, leur fils Nourredin et plusieurs autorités judiciaires gabonaises. Rendue publique par l’activiste Princesse de Souba – dont la page Facebook a depuis été bannie – la séquence relance le débat sur l’équité du procès à venir.
Noureddin Bongo Valentin a lui-même revendiqué la diffusion de cette vidéo, expliquant dans une publication sur X avoir voulu « montrer la parodie de justice » qu’il subirait, avec sa mère, depuis leur arrestation en août 2023. « Ma parole seule ne suffisait pas », affirme-t-il, dénonçant une « manipulation judiciaire » et une « mascarade » orchestrée, selon lui, par les autorités actuelles.
Ces déclarations interviennent alors que les deux anciens proches du pouvoir déchu sont poursuivis pour détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux et haute trahison contre les institutions de l’État. Libérés pour raisons médicales en mai dernier après vingt mois de détention, Sylvia et Nourredin résident désormais à Londres et ont annoncé qu’ils ne se présenteront pas à Libreville pour leur procès, prévu du 10 au 14 novembre.
Le ministre Akure-Davain a toutefois rappelé que « la loi prévoit de tels cas : qu’ils soient présents ou non, ils seront jugés ».
Dans ce climat tendu, plusieurs questions se posent :
La diffusion de cette vidéo à la veille du procès peut-elle influencer le cours de la justice gabonaise ? Peut-elle fragiliser la crédibilité d’une institution déjà scrutée par la communauté internationale ? Et, au-delà de la bataille judiciaire, que révèle cette séquence sur la perception du pouvoir et de la justice dans le Gabon post-Bongo ?
Alors que la société civile appelle à « un procès exemplaire », le pays retient son souffle. Le verdict attendu sera sans doute moins celui des juges que celui d’une opinion publique en quête de vérité, de justice… et de confiance retrouvée.
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Crise dans l’éducation : SOS Éducation maintient la grève, le dialogue avec le gouvernement reste essentiel
Lors de l’Assemblée générale tenue ce 31 janvier à Sibang, les enseignants de SOS Éducation ont réaffirmé le maintien de leur grève, tout en insistant sur la nécessité de publier la liste complète des 4 000 agents à régulariser. Cette rencontre intervient alors que le secteur de l’Éducation nationale est paralysé depuis décembre 2025, avec une suspension totale des cours depuis le début de l’année 2026.
Malgré les mesures annoncées par la commission tripartite Éducation – Budget – Fonction publique, mise en place sous l’autorité du vice-président du gouvernement Hermann Immongault, le mouvement reste mobilisé. Parmi les décisions prévues : régularisation progressive de 6 938 enseignants, mise en solde de 328 sortants ENS/ENSET, mise en présalaire de 692 sortants ENIL/ENIF, de 108 enseignants scientifiques, de 1 810 enseignants bénévoles, et traitement de 4 000 dossiers administratifs, soit un taux de réalisation de 60,85 %.
Au-delà de Libreville, les enseignants de tout le territoire, à l’exception de ceux de l’Ogooué-Lolo, ont, lors des différentes assemblées générales tenues ce jour, confirmé le maintien de la grève, réaffirmant la nécessité de transparence et de suivi effectif des régularisations.
L’Assemblée générale de Sibang a permis aux enseignants de SOS Éducation de clarifier leur position et de rappeler que la confiance doit être restaurée avant toute reprise normale des cours. La publication de la liste des agents concernés reste une condition essentielle pour garantir la crédibilité du processus.
Au-delà du maintien de la grève, le dialogue engagé avec le gouvernement devra se poursuivre pour restaurer la confiance et trouver rapidement une solution durable, afin de sortir au plus vite de cette crise qui touche l’ensemble du système éducatif gabonais.
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Dernier hommage à Julien Nziengui Mouélé : levée de corps prévue ce vendredi 30 janvier à Akanda, inhumation le samedi 31 janvier
Le monde culturel gabonais s’apprête à dire adieu à l’un de ses monuments. Julien Nziengui Mouélé, figure emblématique de la musique gabonaise, décédé le samedi 3 janvier 2026, sera conduit à sa dernière demeure à l’issue d’un programme d’obsèques rendu public par sa famille.
Compositeur inspiré, chanteur à la voix singulière et guitariste d’exception, Julien Nziengui Mouélé laisse derrière lui une œuvre qui a profondément marqué l’histoire de la musique gabonaise. Icône de la musique tradi-moderne, il a su marier avec finesse les sonorités traditionnelles Tsogho, la rumba congolaise et des influences jazz, donnant naissance à un style authentique et intemporel.
Révélé au grand public dans les années 1970, l’artiste s’est imposé avec des titres devenus des classiques, à l’image de « Mama », hommage bouleversant à sa mère, mais aussi « Ma jolie Samboui », « Boungui », « Matambe » ou encore « Tsan Congo », autant de chansons qui continuent de résonner dans la mémoire collective. Respecté de ses pairs, il a collaboré avec de grandes figures de la musique gabonaise, notamment Pierre-Claver Akendengué, et a inspiré plusieurs générations de musiciens.
Même après de longues années de retrait, son retour sur scène en octobre 2017 au Casino Croisette de Libreville avait marqué les esprits, rappelant au public l’ampleur de son talent et la force de son héritage artistique. Aux côtés de son épouse Angela, elle aussi chanteuse, il formait un duo apprécié, symbole d’une époque marquante de la musique nationale.
Programme des obsèques
Selon les informations communiquées par la famille, les obsèques de Julien Nziengui Mouélé se dérouleront comme suit :
Vendredi 30 janvier 2026
– 13h00 : Levée de corps à l’Hôpital militaire d’Akanda
– 13h30 à 18h00 : Exposition du corps à son domicile à Okala, suivie d’un temps de recueillement et d’hommages
– 19h00 jusqu’à l’aube : Veillée mortuaire
Samedi 31 janvier 2026
– 10h30 : Levée de corps
– Inhumation dans la stricte intimité familiale
Au-delà de la tristesse, ces moments de recueillement seront l’occasion pour la famille, les artistes, les mélomanes et l’ensemble du peuple gabonais de rendre un dernier hommage à un homme dont la musique a traversé les époques et continue de raconter l’âme du Gabon.
Julien Nziengui Mouélé s’en est allé, mais ses notes, elles, resteront à jamais vivantes.
Tsomi / Mihi…
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Crise éducative : SOS Éducation prône désormais l’apaisement et appelle à la reprise des cours
Après de longs mois de tensions ayant profondément perturbé le système éducatif gabonais, des signaux d’apaisement commencent à émerger. Le collectif SOS Éducation, à travers ses représentants, a engagé un dialogue avec le gouvernement et lancé un appel à la reprise des cours, dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux.
Cette évolution intervient à l’issue de trois jours de travaux réunissant les représentants du mouvement, la commission tripartite, les partenaires sociaux, la ministre de tutelle et les représentants de l’État. Les échanges se sont déroulés sous la coordination du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, dont le rôle a été central dans la conduite des négociations entre les différentes parties.
La participation de l’aile jusque-là la plus radicale du mouvement, longtemps restée en marge des précédentes discussions, marque une étape importante dans la recherche d’une issue à la crise. Un protocole d’accord, retravaillé et enrichi par rapport aux propositions initiales, a été examiné. Il prévoit notamment la prise en compte des agents concernés, la libération des leaders du mouvement, récemment intervenue, ainsi que l’adoption d’un chronogramme clair et linéaire pour la mise en œuvre des engagements.
Les discussions ont également abouti à une revalorisation de 1 000 unités supplémentaires par rapport aux montants initialement avancés. Par ailleurs, les 800 bénévoles ont été officiellement intégrés dans le dispositif,tandis que les 100 heures de travail ou d’indemnisation ont été programmées pour être pleinement prises en compte.
Dans leur déclaration, les représentants de SOS Éducation estiment que ces avancées traduisent l’existence d’une volonté politique significative. Ils appellent la base à rester mobilisée et vigilante, tout en s’inscrivant dans une dynamique constructive afin d’éviter l’enlisement dans une crise prolongée.
Dans cet esprit d’apaisement, le collectif invite à un retour progressif à la normale, notamment par la reprise des activités scolaires, dans l’attente de la mise en œuvre effective de l’ensemble des engagements issus des négociations en cours.

