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Procès Bongo-Valentin : 20 ans de prison pour détournement de fonds publics, le Gabon pourra-t-il faire appliquer la peine ?

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Le procès de Sylvia Bongo Ondimba, ancienne Première dame du Gabon, et de son fils Noureddin Bongo Valentin, s’est ouvert le lundi 10 novembre 2025 devant la Cour criminelle spécialisée de Libreville. Prévu pour durer quatre jours et se clôturer le vendredi 14 novembre, ce procès, très attendu par l’opinion publique, a déjà livré un verdict sur l’un des faits reprochés, le détournement de fonds publics, en condamnant Sylvia et Noureddin Bongo Valentin à 20 ans de prison. Cette décision, à la sévérité historique, marque un tournant dans la lutte contre l’impunité et soulève de sérieuses questions sur sa mise en œuvre.

La Cour, présidée par Jean Mexant Essa Assoumou, a reconnu Sylvia Bongo coupable de recel, détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, usurpation de fonds et instigation au faux. Son fils, Noureddin Bongo Valentin, ancien coordinateur général des affaires présidentielles, a été déclaré coupable de détournement de deniers publics, concussion, usurpation de titres et fonctions, blanchiment aggravé de capitaux et association de malfaiteurs.

Les deux condamnés devront verser solidairement 100 millions de francs CFA à l’État, tandis que Noureddin Bongo Valentin est astreint à rembourser 1 201 milliards de francs CFA au Trésor public. Le procureur général Eddy Minang a présenté de nombreuses preuves : jets privés, propriétés de luxe à Londres et Marrakech, actifs pétroliers et miniers, ainsi qu’une cinquantaine d’entreprises considérées comme des instruments de blanchiment. Il a également requis la confiscation de tous les avoirs identifiés et le remboursement de 4,4 milliards de francs CFA.

Absents au procès, Sylvia et Noureddin ont été jugés par contumace, dénonçant une justice « aux ordres ». Libérés le 14 mai 2025 après 20 mois de détention préventive, ils vivent désormais en exil à Londres, bénéficiant de la nationalité française, et ont déposé plainte en France pour torture et violation des droits de l’homme.

Cette situation soulève une interrogation cruciale : le Gabon pourra-t-il réellement faire purger cette peine à deux personnes vivant hors du territoire et protégées par le droit international ? L’exécution de la sentence dépendra de la coopération judiciaire internationale, d’accords bilatéraux et de la capacité du pays à faire reconnaître la décision des tribunaux gabonais à l’étranger.

Par ailleurs, la famille et plusieurs de leurs associés sont encore impliqués dans d’autres dossiers, qui pourraient aboutir à de nouvelles condamnations. Au-delà de la sanction, ce procès marque un signal fort dans la lutte contre l’impunité et interroge sur la capacité de l’État gabonais à traduire ses décisions judiciaires en actes concrets, même lorsque les principaux concernés résident à l’étranger.

Ainsi, le verdict de 20 ans ouvre un débat à la fois juridique et politique sur l’efficacité réelle de la justice face aux élites en exil et sur la protection de l’intérêt public face aux détournements massifs.

Judith / Mihi…

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Gabon : la BAD et le gouvernement, un partenariat stratégique sous les projecteurs

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Le Gabon et la Banque africaine de développement (BAD) semblent vouloir franchir un nouveau cap dans leur coopération. Jeudi 12 mars 2026, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reçu une délégation de l’institution conduite par son directeur général pour la région Afrique centrale, Léandre Bassolé. Au programme : renforcer le partenariat dans des secteurs cruciaux, tels que les infrastructures et les mines.

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte où le gouvernement gabonais affiche sa volonté d’accélérer les investissements structurants et de diversifier l’économie nationale. Elle illustre également la continuité d’un partenariat historique entre Libreville et la principale banque de développement du continent africain.

Durant les échanges, plusieurs projets prioritaires ont été passés au crible, susceptibles de bénéficier d’un soutien technique et financier de la BAD. L’accent a notamment été mis sur le développement des infrastructures, considéré comme un levier majeur pour la transformation économique entamée depuis la transition politique d’août 2023. Routes, énergie, transport et logistique : autant de secteurs stratégiques pour moderniser le tissu économique et séduire de nouveaux investisseurs.

La BAD, forte de plusieurs décennies d’accompagnement au Gabon, a confirmé sa disposition à poursuivre et à renforcer son appui aux projets structurants. Son expertise dans le financement et la mise en œuvre de grands projets sur le continent est largement reconnue.

Les discussions ont également porté sur le potentiel du secteur minier gabonais. Avec des ressources abondantes en manganèse, fer et autres minerais stratégiques, le Gabon entend valoriser ses richesses naturelles et développer les chaînes de transformation locale. La coopération avec la BAD pourrait ainsi jouer un rôle clé pour mobiliser des financements et structurer des projets industriels durables.

Pourtant, de nombreuses questions demeurent : quels projets d’infrastructures seront véritablement prioritaires ? Quels mécanismes permettront de transformer les financements en résultats tangibles pour les populations ? Comment garantir que l’exploitation minière soutienne réellement la transformation industrielle et la création d’emplois locaux ? Et enfin, comment intégrer le développement des compétences nationales et le transfert de technologies dans ces projets ?

Ces interrogations illustrent l’enjeu central de cette coopération renouvelée, pour la trajectoire économique et sociale du Gabon, dont le président Brice-Clotaire Oligui Nguema compte faire un levier de développement durable et inclusif.

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Gabon : inauguration du poste frontalier moderne de Kabala pour renforcer la sécurité et les échanges sous-régionaux

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Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, représentant le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé vendredi 13 mars 2026 à l’inauguration du nouveau poste de police terrestre de Kabala, dans le département des Plateaux, province du Haut-Ogooué, à la frontière avec la République du Congo. Cette infrastructure stratégique vise à moderniser la gestion migratoire, renforcer la sécurité des frontières et faciliter les échanges dans l’espace sous-régional.

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Intérieur Adrien Nguema Mba, du ministre délégué à l’Économie chargé du Budget Marc Abéghé, ainsi que de plusieurs officiers généraux des forces de défense et de sécurité et de responsables de l’immigration congolaise.

Construite en 2023, cette nouvelle infrastructure s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer le contrôle migratoire tout en modernisant les dispositifs de surveillance du territoire national. Elle illustre également la volonté des autorités de doter les zones frontalières d’équipements adaptés aux exigences sécuritaires et aux enjeux de coopération régionale.

Une infrastructure moderne pour la gestion migratoire

Implanté sur une superficie de 867,71 m², le nouveau poste frontalier de Kabala comprend notamment un comptoir d’accueil, une salle de réception du public, un box dédié à la délivrance des visas, des bureaux administratifs, une salle d’archives sécurisée, des locaux techniques de sûreté avec distinction de genre ainsi que des espaces d’hébergement destinés aux agents.

Pour le directeur général de la Documentation et de l’Immigration (DGDI), Bernard Ngamankala, ce projet s’inscrit dans une dynamique continentale de modernisation des frontières.
« Ce projet s’inscrit pleinement dans le cadre du Programme frontière de l’Union africaine ainsi que dans les objectifs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale », a-t-il souligné.

Un outil pour la sécurité et l’intégration régionale

De son côté, le ministre de l’Intérieur Adrien Nguema Mba a rappelé que la mise en service de cette infrastructure répond à plusieurs impératifs stratégiques.
« Elle s’inscrit dans la stratégie de sécurisation des frontières, de renforcement de l’intégration régionale et de facilitation des échanges commerciaux transfrontaliers, conformément à la convention de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale relative à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et d’établissement », a-t-il indiqué.

Selon le membre du gouvernement, la gestion du linéaire frontalier doit désormais s’adapter aux nouveaux défis sécuritaires et économiques. Cette infrastructure constitue ainsi la première étape d’un programme plus large de modernisation des postes frontaliers gabonais, avec l’ambition de transformer ces espaces en véritables zones d’échanges et de coopération plutôt qu’en simples barrières administratives.

Une infrastructure saluée par les populations

Au-delà de sa dimension sécuritaire, le projet répond également à une volonté de développement territorial. Aligné sur le Plan national de croissance et de développement (PNCD), notamment dans sa fondation dédiée à la sécurité et à la stabilité nationale, ce poste frontalier vise également à offrir aux agents des conditions de travail modernes favorisant performance et efficacité.

Au nom des populations du département des Plateaux, le président du conseil départemental, Aristide Possot Ntsouna Mbiempala, a salué la réalisation de cette infrastructure. Selon lui, la nouvelle bâtisse marque une rupture nette avec l’ancienne installation, désormais reléguée « au rang de relique ».

Un projet inscrit dans une dynamique de coopération transfrontalière

Pour rappel, le 19 décembre 2023, Hermann Immongault, alors ministre de l’Intérieur et de la sécurité, avait procédé à la signature d’un protocole d’accord avec son homologue congolais Raymond Zéphirin Mboulou, ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local. Cet accord porte notamment sur la construction d’une route de desserte transfrontalière reliant Ekata, dans le département de la Zadié (Ogooué-Ivindo), à Bekongo, dans le district de Mbomo au Congo.

Avec l’inauguration du poste frontalier de Kabala, les autorités gabonaises entendent ainsi poser les bases d’une nouvelle génération d’infrastructures frontalières, plus modernes, plus sécurisées et davantage intégrées aux dynamiques économiques et régionales de l’Afrique centrale.

Danielle / Mihi…

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Drame au Lycée Léon Mba : administration et gouvernement mobilisés, une commission interministérielle mise en place

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Après le drame survenu le 9 mars 2026 au Lycée national Léon Mba, qui a coûté la vie à un élève de première scientifique, Steeven Mombo, les réactions des autorités administratives et gouvernementales se précisent. Tandis que l’administration de l’établissement a apporté des éléments d’explication sur les circonstances de cet événement tragique, le gouvernement gabonais a annoncé la mise en place d’une commission interministérielle afin de faire toute la lumière sur cette affaire qui a profondément bouleversé la communauté éducative et l’opinion publique.

Dans un précédent article, nous évoquions déjà les premières informations liées à ce drame, marqué par le geste de l’élève qui s’est jeté depuis la passerelle récemment construite pour sécuriser la traversée de la route adjacente à l’établissement.

Dans la foulée, l’administration du lycée a apporté des précisions à travers une communication relayée par le quotidien L’Union. La censeur à la vie scolaire, Pruda Dindzouna, y indiquait que l’élève était engagé dans une procédure disciplinaire liée à l’usage de stupéfiants.

Selon elle, les parents avaient été convoqués auprès du proviseur afin d’évoquer cette situation. Une fois l’entretien terminé, l’élève aurait été orienté vers la police scolaire. C’est au cours de ce déplacement, en présence d’un groupe d’élèves mais sans accompagnement individuel, que l’adolescent aurait brusquement quitté le groupe pour se diriger vers la passerelle située à proximité de l’établissement.

Toujours d’après l’administration du lycée, plusieurs élèves et membres du personnel ont tenté d’empêcher le jeune homme de passer à l’acte.

« Malgré près de vingt minutes d’efforts pour le retenir, il est tombé », a expliqué la responsable de la vie scolaire, précisant qu’une bâche avait même été déployée pour tenter d’amortir la chute, sans succès.

Les premiers éléments évoquent l’hypothèse selon laquelle l’élève aurait cherché à échapper à la surveillance de la police scolaire dans le cadre de la procédure disciplinaire, liée notamment à la détention et à la vente présumée de stupéfiants.

Une commission interministérielle pour établir les faits

Face à l’émotion suscitée par ce drame, le gouvernement gabonais a décidé d’ouvrir une enquête administrative. Réuni en Conseil interministériel mardi 10 mars 2026 sous la présidence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, l’exécutif a annoncé la mise en place d’une commission interministérielle chargée d’examiner les circonstances exactes de cette tragédie.

À cette occasion, Hermann Immongault a adressé les condoléances du gouvernement à la famille de la victime ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative durement affectée.

« Je demande la mise en place d’une commission interministérielle associant les ministères de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique ; de la Santé, des Affaires sociales, chargé de la Protection de l’enfance et de la femme ; le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, ainsi que celui de la Défense nationale », a-t-il déclaré.

Cette commission aura pour mission d’établir, dans les meilleurs délais, un rapport détaillé sur les circonstances exactes du drame, mais aussi de formuler des recommandations destinées à renforcer les dispositifs de prévention, d’écoute psychologique et d’encadrement des élèves au sein des établissements scolaires.

Tirer les leçons de la tragédie

À travers cette initiative, les autorités entendent tirer toutes les leçons de cet événement afin d’améliorer les mécanismes de protection des élèves dans le système éducatif.

Dans l’immédiat, le drame continue de susciter une vive émotion au sein de la communauté éducative, d’autant que des images filmées par des témoins ont circulé sur les réseaux sociaux, amplifiant le choc.

Face à ce traumatisme, la mise en place d’une cellule d’écoute psychologique pourrait être envisagée pour accompagner les élèves, les enseignants et le personnel affectés.

Au-delà de l’émotion, ce drame relance également les interrogations sur la gestion des élèves en difficulté, sur les dispositifs de prévention existants dans les établissements scolaires et sur la nécessité de renforcer l’accompagnement psychologique des adolescents afin d’éviter que de tels événements ne se reproduisent.

Luce / Mbina / Mihi…

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