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Ogooué-Maritime : malgré quelques avancées, les enseignants maintiennent la grève et interpellent le chef de l’État
Dans la province de Ogooué-Maritime, le mouvement de grève porté par SOS Éducation, notamment SOS Éducation la base, reste d’actualité. Réunis en assemblée générale le 28 février, les enseignants ont décidé de maintenir la mobilisation, estimant que les engagements dont l’effectivité était attendue pour le 25 février, comme annoncé par le gouvernement, ne sont pas totalement au rendez-vous.
Un bilan jugé encore insuffisant
À Port-Gentil, les enseignants de SOS Éducation la base reconnaissent que plusieurs actions ont été engagées par les autorités. Toutefois, ils estiment que le mouvement persiste parce que certains collègues restent sceptiques quant aux engagements du gouvernement, jugés encore insuffisants pour mettre un terme définitif à la crise.
Pour rappel, les mesures prévues pour le mois de février comprenaient notamment :
▪︎la mise en solde de 148 sortants des écoles ENS et ENSET ;
▪︎la création de 250 pré-salaires pour les sortants des écoles ENIL et ENIF, ainsi que pour les enseignants bénévoles ;
▪︎la régularisation de 500 situations administratives avec effet solde ;
▪︎la poursuite de la mise en pré-salaire des enseignants scientifiques, dont 108 avaient été oubliés dans les précédentes vagues.
Selon les enseignants, plusieurs de ces engagements ont effectivement été respectés, notamment pour les bénévoles, les sortants de ENS/ENSET et ceux de ENIL/ENIF. Toutefois, la situation des enseignants scientifiques n’a pas connu l’évolution attendue, ce qui alimente encore les inquiétudes.
Par ailleurs, il est signalé que le nombre de régularisations administratives avec effet solde a finalement été revu à la hausse, passant de 500 prévues à 609 situations traitées.
Un protocole additionnel qui continue de susciter des réserves
Dans la province, le représentant des enseignants, Pierre Damien Ebona Nze, par ailleurs signataire du protocole d’accord additionnel, reste engagé dans les discussions avec les autorités.
Une partie des enseignants avait néanmoins exprimé des réserves sur le protocole d’accord et son additionnel, préférant soumettre un document de sortie de crise transmis au président de l’Assemblée nationale, qui reste à ce jour sans suite officielle.
Une reprise progressive mais encore incertaine
Malgré le maintien du mouvement, certains établissements de l’Ogooué-Maritime enregistrent ces derniers jours une reprise partielle des cours. Plusieurs enseignants, jusque-là très fermes dans leurs positions, évoquent désormais la possibilité d’une reprise totale dans les prochains jours, selon l’évolution des discussions.
Une commission de suivi toujours à l’œuvre
Par ailleurs, les échanges se poursuivent dans le cadre de la commission de suivi et d’évaluation, mise en place pour examiner les différents engagements. Cette commission associe l’ensemble des représentants et continue d’aborder plusieurs questions importantes, notamment la problématique des primes, le statut particulier des enseignants et d’autres préoccupations du secteur éducatif.
L’arbitrage du chef de l’État attendu
Face à une situation qui reste sensible, les enseignants de l’Ogooué-Maritime, comme dans d’autres provinces du pays, appellent désormais à l’arbitrage du chef de l’État, estimant qu’une intervention au plus haut niveau pourrait permettre d’accélérer la résolution des points encore en suspens et de consolider le retour à la normale dans les établissements scolaires.
Lucia / Mihi…
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Sans réseaux sociaux, les artistes gabonais privés de leur principal levier de promotion
Le 17 février, dans l’objectif de lutter contre la violence sur les réseaux sociaux touchant la jeunesse et de préserver la cohésion nationale, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé de suspendre l’accès à plusieurs plateformes sociales. Une décision soutenue par la Présidence de la République et le gouvernement. Si la mesure peut se comprendre au regard des arguments avancés par les autorités, elle n’en demeure pas moins lourde de conséquences pour certains secteurs, notamment celui de la musique.
Ces dernières années, les réseaux sociaux se sont imposés comme un outil incontournable de promotion pour les artistes. Challenges, extraits de clips, interactions directes avec les fans ou encore tendances virales permettent souvent de renforcer la visibilité des œuvres et d’accélérer leur diffusion auprès du public.
Or, pour plusieurs artistes, des projets avaient été programmés bien avant la période de suspension. C’est notamment le cas de l’album Afro Ntcham 2 de L’Oiseau Rare, du projet Enfant Jésus de Feeligram, ou encore du single très attendu L’Avocat du Diable de Nz Benks.
Malgré ce contexte particulier, certains artistes parviennent à maintenir une certaine dynamique, notamment grâce à une audience déjà installée à l’international. L’Oiseau Rare, par exemple, a réussi à dépasser le million de vues en moins de quinze jours avec le titre « Okulu », extrait de son album. De même, Emma’a bénéficie d’une visibilité qui dépasse largement le cadre national.
La situation s’avère toutefois plus délicate pour les artistes évoluant principalement sur la scène nationale. Le clip de Nz Benks totalise environ 100 000 vues en près d’une semaine, un score honorable mais qui aurait sans doute progressé plus rapidement si les réseaux sociaux étaient restés accessibles. Son titre L’Avocat du Diable, déjà très relayé sur les plateformes, notamment TikTok avant la suspension, semblait en effet promis à une forte viralité.
Quant à Feeligram, la promotion de son projet Enfant Jésus peine pour l’instant à véritablement prendre son envol.
Dans un pays où les droits d’auteur ne sont pas effectifs, la suspension des réseaux sociaux apparaît ainsi comme un frein supplémentaire pour des artistes déjà confrontés à de nombreux défis dans la promotion et la valorisation de leurs œuvres. Toutefois, la mesure étant présentée comme temporaire, de nombreux artistes espèrent que la situation reviendra rapidement à la normale afin de relancer pleinement la promotion de leurs projets et retrouver le lien direct avec leur public.
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Délestages à Libreville : le Chef de l’État hausse le ton, la population attend des solutions
Face à l’exaspération grandissante des habitants du Grand Libreville, confrontés depuis plus d’un an à des délestages récurrents, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réuni le mardi 3 mars 2026 les responsables de la SEEG, les représentants du groupe SUEZ et le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’électricité, Philippe Tonangoye. Une séance de travail qui intervient à un moment où les frustrations des ménages, commerces et services publics sont à leur comble.
Selon le communiqué officiel, cette rencontre s’inscrit dans « la volonté permanente du Chef de l’État d’améliorer l’accès des populations à l’eau et à l’électricité » et de mettre fin à des coupures jugées abusives et persistantes. Depuis plus d’un an, les habitants vivent sous la contrainte d’interruptions fréquentes, parfois quotidiennes, perturbant la vie sociale, économique et sanitaire.
Durant les échanges, le Président a exprimé son mécontentement face aux difficultés persistantes de la SEEG malgré les mesures d’accompagnement de l’État. Il a dénoncé « la mauvaise gestion », le manque de transparence, l’opacité de certains mécanismes internes et un déficit de communication envers les usagers. Pour lui, ces dysfonctionnements fragilisent la société et contribuent à la détérioration du service public.
Le Chef de l’État est également revenu sur le partenariat stratégique signé récemment avec le groupe SUEZ. Ce contrat doit, selon lui, incarner une rupture dans la gestion du secteur : modernisation des infrastructures, optimisation de la production et amélioration durable de la distribution d’eau potable. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance et d’assainir la gouvernance interne.
Enfin, il a appelé à une restructuration profonde de la SEEG, incluant des mesures de redressement financier, une gestion plus rigoureuse et la publication des listes de personnes impliquées dans des actes frauduleux. Les équipes techniques ont été exhortées à collaborer de manière transparente et à tirer pleinement parti des technologies apportées par le partenaire stratégique.
En attendant des résultats concrets, la population reste suspendue à une seule promesse : la fin des délestages qui empoisonnent son quotidien.
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À Franceville, la caravane de formation de K’ELLE POUR ELLE renforce l’autonomisation des jeunes filles gabonaises
Après une première étape inaugurale tenue en novembre dernier à Oyem, l’initiative « La caravane, une femme, une formation sur un métier », portée par l’organisation K’Elle Pour Elle et menée par sa présidente, Madame Binette, poursuit sa dynamique nationale. La caravane a marqué une nouvelle avancée avec son escale à Franceville le 25 février, dans la province du Haut-Ogooué, où les formations se déroulent du 25 février au 05 mars afin d’offrir aux jeunes filles un apprentissage intensif et structuré.
Pensé comme un programme d’envergure, le projet prévoit de sillonner les neuf provinces du Gabon, afin de former plus de 100 jeunes filles à une diversité de métiers : onglerie, make-up, coiffure, pâtisserie et bureautique. Ces disciplines ont été sélectionnées pour leur potentiel économique et leur capacité à ouvrir rapidement des perspectives d’activité ou d’insertion professionnelle.
Chaque étape repose sur le soutien d’une ambassadrice locale. À Oyem en novembre, l’initiative avait bénéficié de l’accompagnement du Ministère de la Planification et de la Prospective ainsi que du Ministère des Affaires Sociales, renforçant son impact auprès des participantes. À Franceville, c’est Mme Carole Eyi, originaire de la ville, qui a assuré le relais le 25 février pour appuyer la mobilisation et l’organisation de cette étape.
À Franceville, Madame Binette a également souligné la portée sociale de cette initiative, déclarant :
« Notre engagement est simple : offrir aux jeunes filles des outils concrets pour qu’elles puissent construire leur avenir. Chaque formation, chaque rencontre, chaque geste compte. Nous voulons qu’elles se sentent capables, accompagnées et prêtes à entreprendre. »
Inclusive et accessible, la caravane s’adresse à toutes les jeunes filles vivant au Gabon, sans distinction de parcours ou de milieu social. Pour K’ELLE POUR ELLE, cette démarche s’inscrit dans une vision durable visant à équiper les futures actrices du développement local de compétences pratiques et génératrices d’opportunités.
La caravane poursuivra son itinérance dans les prochains jours avec de nouvelles étapes, dont les dates seront communiquées progressivement. L’ambition demeure : offrir, province après province, des formations adaptées aux réalités du terrain et aux aspirations des jeunes filles gabonaises.
