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Gabon : état de la Nation, le Chef de l’État fait le point sur la refondation et les réformes engagées
Le Président de la République du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, a prononcé le 15 juin 2026 à Libreville son discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en Congrès. Cette allocution, inscrite dans le cadre de la 5ᵉ République, marque la fin de la première année de mandat et s’impose comme un exercice de reddition des comptes et de projection stratégique.
Dans une adresse solennelle, le Chef de l’État a insisté sur la dimension de vérité et de responsabilité de son action. Il a déclaré : « Chers compatriotes, le devoir de vérité m’impose de vous rappeler dans quel état se trouvait notre pays avant que vous ne me confiiez la responsabilité de conduire notre Nation. »
Une refondation assumée comme rupture historique
Depuis le 30 août 2023, le Gabon est engagé dans un processus de refondation présenté comme une transformation profonde de l’État et de ses fondements. Le Président précise : « Refonder ne signifie pas effacer notre histoire… Refonder, c’est bâtir l’Édifice Nouveau auquel tous nous rêvons. »
Cette démarche est justifiée par un diagnostic sévère de la situation héritée : institutions fragiles, absence de contre-pouvoirs, dette publique élevée estimée à environ 70 % du PIB, chômage massif, corruption, dégradation des services publics et affaiblissement des secteurs sociaux essentiels.
Le Chef de l’État rappelle également avoir posé, dès la période de transition, les bases de son action : « Notre pays méritait des institutions fortes, crédibles, une gouvernance assainie… en matière de respect des droits humains, des libertés fondamentales, de la démocratie et de l’État de droit. »
Réformes institutionnelles et modernisation politique
Le discours met en avant un vaste chantier de réformes institutionnelles, avec notamment l’adoption d’une nouvelle Constitution. Celle-ci vise à renforcer le rôle du Parlement, améliorer le contrôle de l’action publique et consolider l’équilibre des pouvoirs.
S’y ajoutent un nouveau Code électoral, une réforme des partis politiques et une volonté de garantir des élections plus transparentes et apaisées. Le gouvernement insiste également sur la modernisation du cadre juridique, notamment en matière de régulation numérique et de lutte contre la cybercriminalité.
Transformation économique et diversification des ressources
Sur le plan économique, l’orientation stratégique repose sur la diversification et la valorisation des ressources nationales. Le Président affirme : « Mon pays, notre pays, doit devenir une terre d’opportunités et un pays attractif pour les investisseurs d’où qu’ils viennent. »
Les secteurs prioritaires incluent l’agriculture, les produits halieutiques, le bois ainsi qu’un large éventail de ressources minières et énergétiques : pétrole, manganèse, or, diamant, fer, uranium, terres rares, phosphate, niobium, marbre et potasse.
Des projets structurants sont engagés dans les infrastructures, le transport et l’énergie, avec une volonté affirmée de transformation locale et de création de valeur ajoutée.
Gestion de la dette et réforme de l’administration
Le gouvernement poursuit des discussions avec les partenaires internationaux, notamment le FMI, en vue de la restructuration de la dette publique. En parallèle, l’État engage une modernisation de l’administration, incluant un recensement national et la régularisation de plus de 60 000 situations administratives.
Le paiement des arriérés sociaux et la réforme des caisses de protection sociale (CNSS, CNAMGS, CPPF) figurent également parmi les priorités.
Emploi des jeunes, santé et éducation
L’emploi des jeunes est présenté comme un axe central de la politique publique, à travers des programmes d’insertion, de formation et d’entrepreneuriat, notamment via la plateforme PassEmploi241.
Dans le domaine social, le gouvernement annonce la construction de 2 000 salles de classe, la réforme du système éducatif et le renforcement de la formation professionnelle. Le secteur de la santé bénéficie de projets de construction et de réhabilitation d’hôpitaux, du renforcement du SAMU social et de l’amélioration des équipements médicaux.
Sécurité, diplomatie et cohésion nationale
Le discours aborde également la modernisation des forces de défense, la lutte contre la criminalité et le renforcement de la sécurité intérieure. Sur le plan diplomatique, le Gabon entend renforcer sa présence internationale et ambitionne d’accueillir un sommet de l’Union africaine.
En conclusion, le Président appelle à la cohésion nationale : « L’heure n’est ni au doute, ni à la peur. L’heure est à l’espérance, à la responsabilité et à l’action collective. Ensemble, poursuivons le chemin de la paix, du développement et de la souveraineté. »
Ce discours sur l’état de la Nation se présente comme une feuille de route globale combinant refondation institutionnelle, transformation économique et réformes sociales. Il vise à inscrire durablement le Gabon dans une trajectoire de modernisation, de stabilité et de souveraineté, portée par une ambition de rupture avec les fragilités du passé.
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Gabon : Ali Bongo répond à Oligui Nguema après son entretien sur France 24
L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba est sorti de son silence à travers un communiqué publié le 3 juin 2026 à Paris par son porte-parole et mandataire, Ali Akbar Onanga Y’Obégué. Cette déclaration intervient au lendemain de l’intervention du président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, le 2 juin 2026 sur France 24 dans l’émission En tête-à-tête.
Dans ce texte au ton particulièrement ferme, Ali Bongo réfute plusieurs affirmations avancées par le chef de l’État gabonais. Il commence par contester l’idée selon laquelle les relations entre les deux hommes ne seraient pas conflictuelles.
« Monsieur Oligui affirme n’avoir aucun problème avec moi. C’est faux, et il le sait », déclare-t-il. L’ancien président évoque ensuite les accusations de torture visant son épouse Sylvia Bongo et son fils Noureddin Bongo Valentin, affirmant que des éléments de preuve existent. « Il dit vouloir des preuves ? Qu’il lance une enquête, nous les remettrons. Elles existent, elles sont documentées et elles ont déjà été remises aux autorités françaises et aux instances des Nations unies », soutient-il.
Ali Bongo rejette également les propos le présentant comme un président absent ou privé de pouvoir durant les dernières années de son mandat. Il rappelle le parcours de l’actuel chef de l’État au sein de l’appareil militaire et institutionnel.
« Qui l’a nommé ? Qui l’a placé à la tête de la Garde républicaine ? Qui réunissait, seul, les commandants en chef dont il faisait partie ? », interroge-t-il, avant d’ajouter : « Il ne peut pas, dans la même phrase, me déclarer absent et se déclarer légitime. Qu’il choisisse son mensonge. »
L’ancien chef de l’État affirme par ailleurs que plusieurs personnalités ayant participé aux réunions du pouvoir connaissent la réalité des faits. « Les hommes qui partageaient ces réunions connaissent la vérité, tout comme les ministres avec lesquels j’ai travaillé », écrit-il, regrettant ce qu’il considère comme leur silence.
La déclaration s’achève sur une attaque directe à l’endroit du président gabonais. « Enfin, il dit craindre Dieu. Mais même là, il ment. Ce n’est pas un homme qui craint Dieu. C’est un homme qui craint la vérité », conclut Ali Bongo Ondimba.
Ce communiqué marque une nouvelle étape dans la confrontation politique à distance entre les deux figures de l’État gabonais, dans un contexte politique toujours marqué par des tensions narratives et institutionnelles au Gabon.
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Souveraineté, FMI, énergie : Oligui Nguema s’explique
Dans un décor hautement symbolique, celui de la Cité de la Démocratie, en pleine transformation et marqué par la récente inauguration du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba à Libreville, le président gabonais Brice-Clotaire Oligui Nguema a accordé un entretien à France 24 dans l’émission En tête-à-tête. Ce cadre, au cœur d’un vaste chantier de modernisation institutionnelle, renforce la portée politique de l’échange et renvoie à la volonté affichée du chef de l’État de s’inscrire dans une dynamique de reconstruction et de projection du Gabon vers de nouvelles infrastructures publiques.
Dès l’ouverture de l’entretien, le président a replacé son action dans une temporalité longue, insistant sur la cohérence de son projet. Il assume une trajectoire sur sept ans, estimant que les résultats doivent s’inscrire dans la durée : « Mon projet de société est sur sept ans, et je ferai ce que j’ai promis aux Gabonais dans ce délai. »
Sur le plan social, le président a reconnu les fortes attentes des populations, notamment sur l’eau et l’électricité, deux secteurs encore marqués par des difficultés récurrentes. Il a toutefois défendu les investissements engagés dans les infrastructures énergétiques, en promettant une amélioration progressive : « Nous avons commencé à réaliser des centrales thermiques qui sont déjà payées, et d’ici 2027 il y aura de l’électricité pour les Gabonais, régulièrement. »
Le volet économique a occupé une place centrale dans l’échange. Le président a confirmé la volonté du Gabon de conclure un accord avec le Fonds monétaire international d’ici la fin de l’année, après un audit de la dette publique. Il a relativisé certaines projections internationales, tout en affirmant sa confiance dans la dynamique nationale, résumant sa vision ainsi : « Les chiffres ne nourrissent que ceux qui vivent avec les chiffres. Moi, je vous rassure que mon économie se porte bien. »
Dans cette même logique, il a défendu une stratégie de souveraineté économique visant à transformer localement les ressources naturelles, notamment le manganèse. À ce sujet, il a été particulièrement ferme sur le calendrier imposé aux partenaires industriels : « Nous ne chassons pas Eramet, mais il est temps qu’ils respectent les engagements de transformation locale du manganèse. Si rien n’est fait en 2029, le minerai ne sortira plus brut. »
Sur le plan diplomatique, le président a confirmé une visite d’État en France prévue autour du 20 juillet et estimé que les relations bilatérales sont désormais normalisées. Il a également indiqué que le Gabon a refusé une proposition américaine concernant l’accueil de migrants expulsés, affirmant une ligne souveraine.
La question de la gouvernance interne a aussi été abordée, notamment la suspension des réseaux sociaux. Le chef de l’État a renvoyé cette décision à la Haute Autorité de la Communication, en attendant un encadrement légal plus strict, et a insisté sur la séparation des pouvoirs.
Enfin, sur le plan institutionnel, il a tenu à clarifier sa position sur l’avenir politique du pays, rejetant toute idée de continuité dynastique et réaffirmant son respect du cadre constitutionnel. Sa conclusion est sans ambiguïté : « Il n’y aura pas de dynastie Oligui. Je respecterai la Constitution et la limitation des mandats telle qu’elle a été inscrite. »
Dans cet entretien dense, ses positions dessinent une ligne directrice claire : réformes structurelles, souveraineté économique affirmée et engagement institutionnel, dans un contexte de fortes attentes sociales.
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Nyanga : la visite d’Oligui Nguema dissipe les doutes et met en lumière l’ampleur des chantiers
La visite du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dans la province de la Nyanga du 29 au 30 mai 2026 a permis de lever de nombreuses interrogations sur l’état réel des projets structurants en cours. De Mayumba à Tchibanga, en passant par Digoudou, le Chef de l’État a constaté sur le terrain l’avancement de plusieurs chantiers majeurs, offrant ainsi une visibilité nouvelle à des réalisations jusque-là peu connues du grand public.
Avant cette tournée, une partie de l’opinion nationale disposait d’informations limitées sur ces investissements, en raison d’un déficit de communication autour de leur évolution. La visite présidentielle a ainsi joué un rôle de révélateur, en mettant en lumière des projets dont l’ampleur et le niveau d’exécution étaient sous-estimés.
Parmi les infrastructures inspectées figure le port en eau profonde de Mayumba, appelé à devenir un hub logistique stratégique sur la façade atlantique. Le président s’est également rendu sur le site de la centrale thermique à gaz, infrastructure clé pour le soutien énergétique et l’industrialisation de la région.
Dans le secteur social, les logements des enseignants du lycée Jean-Baptiste Moanda affichent un taux d’achèvement de 95 %, illustrant les efforts d’amélioration des conditions de vie des agents publics. Les infrastructures de défense progressent également, avec une base navale réhabilitée à 90 % et une nouvelle base navale réalisée à 80 %, confirmant le renforcement des capacités sécuritaires du littoral.
Le plateau multifonction de Mayumba, entièrement achevé, est désormais opérationnel et dédié aux activités sportives et de loisirs de la jeunesse.
La tournée a aussi permis de mettre en lumière les projets touristiques développés notamment sur le site de Loango Lodge. Longtemps peu médiatisées, ces initiatives ont été dévoilées à l’opinion à l’occasion de la visite présidentielle, permettant une meilleure compréhension des investissements engagés dans le secteur touristique. Elles s’inscrivent dans une dynamique de diversification économique fondée sur le tourisme durable et la valorisation du potentiel écologique de la province.
Enfin, la Mayésienne d’agriculture et de pêche confirme la volonté de structurer les filières locales, de renforcer la production et de créer des emplois.
Au terme de cette visite, les autorités entendent accélérer la dynamique de transformation territoriale, tout en renforçant la communication autour des projets afin de mieux informer les populations sur les avancées en cours dans la Nyanga.
