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Gabon : sous dialyse et sans logement, Ellifia Ndolo appelle à l’aide, Espérance Rénale interpelle les autorités

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Atteinte d’insuffisance rénale depuis 2021, Ellifia Stredicia Ndolo, une jeune Gabonaise de 29 ans, originaire de Fougamou, dans la province de la Ngounié, traverse une situation particulièrement préoccupante à Libreville. Sans logement stable ni ressources suffisantes, cette mère d’un enfant, aujourd’hui en fauteuil roulant, a lancé un appel à l’aide dans une vidéo adressée au président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, à la Première dame Zita Oligui Nguema et au ministère de la Santé. Un cri de détresse qui a retenu l’attention de l’association Espérance Rénale, dont la marraine, Marie-Stéphanie Mouity épouse Nguema, s’est rendue auprès d’elle dans la soirée du 28 octobre.

Née le 1er juin 1997, Ellifia Stredicia Ndolo a vu son parcours bouleversé par la maladie alors qu’elle était encore élève en classe de troisième au lycée Léon-Mboumba de Fougamou. Confrontée à la dégradation de son état de santé et aux difficultés financières de sa famille, elle a été contrainte d’abandonner ses études. Une rupture douloureuse pour cette jeune femme qui, comme tant d’autres à son âge, aspirait à poursuivre sa scolarité et à construire son avenir. Depuis 2021, sa vie s’organise essentiellement autour de ses soins médicaux.

Derrière cet appel se cache ainsi le quotidien difficile d’une jeune femme contrainte de quitter Fougamou, où vivent sa mère âgée et son enfant, pour suivre ses séances d’hémodialyse à Libreville. Faute de centre spécialisé dans sa localité, elle n’a eu d’autre choix que de rejoindre la capitale. Depuis son arrivée en 2021, elle est hébergée chez une amie d’église de sa maman, qui a accepté de lui ouvrir les portes de son domicile. Mais cette solidarité, qui lui a permis de tenir pendant plusieurs années, atteint aujourd’hui ses limites. Ellifia doit désormais libérer le logement, sans savoir où aller.

« Je n’ai pas de toit où rester. Je ne connais pas Libreville. C’est la maladie qui m’amène dans Libreville », confie-t-elle.

À cette incertitude concernant son hébergement s’ajoutent des difficultés médicales et financières qui rendent son quotidien encore plus éprouvant. Après quatre interventions chirurgicales, elle affirme continuer à souffrir de douleurs persistantes, notamment au bras gauche, aujourd’hui fortement gonflé. Son état de santé l’oblige également à se déplacer en fauteuil roulant, tandis que de fortes poussées de tension viennent compliquer davantage sa situation. Une dette hospitalière compromet également, selon son témoignage, son retour auprès du chirurgien. Quant aux déplacements pour ses séances de dialyse, à l’achat des médicaments et à l’alimentation, ils représentent autant de charges qu’elle peine à supporter.

Une accumulation de difficultés qui explique le désarroi exprimé dans sa vidéo. Pour cette jeune mère, la maladie ne représente plus seulement une épreuve physique. Elle lui a déjà coûté sa scolarité, l’a éloignée de son enfant et de sa famille et menace désormais de la priver du seul toit dont elle dispose à Libreville.

« Je n’ai pas de soutien. Je suis abandonnée à mon propre sort. Je fais appel à l’aide. S’il vous plaît, aidez-moi », implore-t-elle.

C’est face à cette détresse que Marie-Stéphanie Mouity épouse Nguema, marraine de l’association Espérance Rénale, a tenu à rencontrer la jeune malade. Au-delà du soutien moral apporté à cette dernière, sa démarche vise à attirer l’attention des autorités sur l’urgence d’un accompagnement médical et social adapté.

« Nous lançons un appel aux autorités compétentes, particulièrement au ministère de la Santé, afin qu’une attention urgente soit accordée à cette jeune femme. Aucun malade ne devrait être contraint de choisir entre se soigner, se nourrir et trouver un toit. »

Mais pour la marraine, la réponse à cette situation ne saurait reposer uniquement sur l’intervention des pouvoirs publics. Elle estime qu’une mobilisation plus large est nécessaire pour accompagner les personnes dont la maladie aggrave la précarité.

« L’État ne peut pas porter seul toutes les difficultés. Les entreprises, les associations et les personnes de bonne volonté doivent aussi se mobiliser. Chacun, à son niveau, peut contribuer à redonner espoir et dignité à ces malades. »

Cette démarche s’inscrit dans le combat mené par Espérance Rénale, association présidée par Frey Mapaga, qui œuvre pour l’amélioration des conditions de vie des personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique. Selon ses responsables, près de 600 patients suivent une hémodialyse chronique au Gabon, une réalité qui soulève également la question de l’accessibilité des soins spécialisés.

Parmi les préoccupations défendues par l’association figure justement la nécessité d’installer des centres d’hémodialyse hors de Libreville, notamment à l’intérieur du pays. Une décentralisation qui permettrait de rapprocher les soins des patients, tout en réduisant les déplacements et les charges financières supportées par leurs familles.

Le parcours d’Ellifia Stredicia Ndolo illustre toute l’importance de ce plaidoyer. Tombée malade alors qu’elle poursuivait encore sa scolarité à Fougamou, elle a dû renoncer à ses études avant de quitter sa ville natale pour bénéficier de soins. Cinq années plus tard, cette jeune mère, affaiblie par la maladie, confrontée à des difficultés de mobilité et dépourvue de ressources suffisantes, se retrouve menacée de perdre son hébergement. Une situation qui montre que l’absence de structures de proximité peut entraîner, au-delà des difficultés médicales, une véritable précarité sociale.

Ainsi, derrière l’appel à l’aide de cette jeune mère se dessine un enjeu sanitaire plus large. Pour Espérance Rénale, améliorer la prise en charge des hémodialysés passe aussi par un meilleur maillage territorial des centres de soins, afin que la maladie ne contraigne plus les patients à choisir entre leur santé, leur famille et leur dignité.

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