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Éducation nationale : Camélia Ntoutoume Leclercq présente six années d’action, que retenir de son passage ?
Sortie du gouvernement à la faveur du remaniement ministériel du 11 octobre 2026, annoncé par la secrétaire générale de la présidence de la République, Murielle Minkoué, Camélia Ntoutoume Leclercq poursuit sa communication autour de son passage à l’Éducation nationale. Après avoir adressé une lettre de remerciements au président Brice Clotaire Oligui Nguema, comme nous l’évoquions dans un précédent article, l’ancienne ministre d’État a rendu public, ce jeudi 29 octobre, sur ses réseaux sociaux, un document de 160 pages retraçant son action entre 2020 et 2026.
Une démarche qui permet de revenir sur les réalisations revendiquées, mais également de s’interroger sur les résultats obtenus face aux attentes de la communauté éducative.
Articulé autour de sept grands chapitres, ce bilan revient sur la diplomatie éducative, la gouvernance, les infrastructures, les innovations pédagogiques, l’inclusion, la vie scolaire et les projets en perspective.
Sur le plan des infrastructures, le document fait état de 993 salles de classe construites, 2 961 réhabilitées, 38 nouveaux établissements et 173 240 tables-bancs distribuées. À cela s’ajoutent la production de plus de 3,2 millions de manuels scolaires, le développement de collections gabonaises et l’introduction progressive des langues nationales dans les apprentissages.
L’ancienne ministre met également en avant la formation de plus de 20 000 enseignants, la régularisation de 4 000 situations administratives sur 6 574 et les performances enregistrées par le Gabon lors de l’évaluation internationale PASEC2024, particulièrement en français.
Mais au-delà des chiffres, quelle appréciation porter sur ce bilan au regard des réalités vécues dans les établissements ? Les constructions annoncées ont-elles suffisamment réduit les effectifs pléthoriques ? Les mesures administratives ont-elles répondu aux préoccupations des enseignants ? Et les réformes pédagogiques ont-elles produit des améliorations perceptibles pour les élèves et leurs familles ?
Ces interrogations méritent d’être posées sans occulter les avancées revendiquées. D’autant que le document reconnaît lui-même l’existence de tensions sociales, de retards et de chantiers inachevés.
Parmi les perspectives figurent notamment 107 projets d’infrastructures scolaires, la poursuite du programme PISE, la digitalisation de la gestion éducative et la consolidation de l’inclusion scolaire.
En publiant ce bilan après la passation des charges du 16 octobre, Camélia Ntoutoume Leclercq laisse un document de référence qui appelle autant à la reconnaissance des actions entreprises qu’à leur évaluation.
Car si les chiffres permettent de mesurer l’activité d’un ministère, la qualité d’un bilan se juge aussi à son impact concret sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage. C’est probablement sur ce terrain que les attentes demeurent les plus fortes.
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Naufrage du Prospector 5 à Mayumba : trois corps localisés, deux disparus toujours recherchés
Dans un précédent article consacré au naufrage de la plateforme pétrolière Prospector 5, survenu le 24 octobre 2026 au large de Mayumba, dans la province de la Nyanga, nous évoquions la disparition de cinq personnes et promettions de revenir sur ce drame. C’est désormais chose faite, avec de nouvelles informations faisant état de la localisation de trois corps à l’intérieur de l’épave immergée.
L’information a été confirmée par le vice-amiral Charles Hubert Bekale-Meyong, chef d’état-major de la Marine nationale gabonaise. Selon sa déclaration, les trois corps ont été repérés mercredi 28 octobre grâce à un robot téléopéré engagé dans les inspections sous-marines.
Toutefois, leur identification formelle reste impossible à ce stade. Les équipes spécialisées poursuivent les opérations de récupération des dépouilles, conformément aux procédures en vigueur et aux très hautes instructions du président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema.
Le bilan provisoire fait état de 110 travailleurs secourus, trois corps localisés et deux personnes toujours recherchées.
Pour rappel, la plateforme Borr Prospector 5, propriété de Borr Drilling et mobilisée pour les activités de BW Energy sur le permis Dussafu Marin, avait sombré aux environs de 19 heures. Elle devait rejoindre l’installation MaBoMo pour une campagne de forage de quatre puits dans les champs Hibiscus et Hibiscus South.
Les premières images montraient une structure dangereusement inclinée, compliquant notamment les interventions aériennes. Des témoignages contradictoires avaient alors circulé sur le sort des occupants.
Parallèlement, le parquet de Tchibanga a ouvert une enquête pour établir les circonstances exactes de l’accident. Les interrogations demeurent sur ses causes et les éventuels risques environnementaux.
Nous continuerons de suivre l’évolution des recherches et les conclusions des investigations.
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Milingui : un projet minier majeur pour accompagner l’essor industriel de la Nyanga
La Nyanga pourrait franchir un nouveau cap dans son développement économique avec la mise en exploitation du gisement de fer de Milingui. Longtemps resté inexploité, ce potentiel minier suscite aujourd’hui de nouvelles perspectives pour la province. Dans une tribune, Auguste Marie Guembhyt, géologue de formation, ancien ingénieur réservoir de TOTAL et président du Conseil des Sages de la Basse-Banio, met en lumière les enjeux de ce projet qui s’inscrit dans la vision de diversification économique du Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice-Clotaire Oligui Nguema.
Situé dans le département de Mougoutsi, près de Tchibanga, Milingui est considéré comme le deuxième plus important gisement de fer du Gabon après Bélinga. Son histoire remonte aux années 1950, lorsque le BUMIFOM, devenu BRGM, identifie ses premières richesses. Malgré l’aménagement d’une piste d’atterrissage et d’installations administratives en 1957, une tentative d’exploitation échoue dès 1958, principalement en raison de l’enclavement et de l’absence d’infrastructures ferroviaires et portuaires.


Plusieurs décennies après, le projet retrouve une nouvelle dynamique. Aux études initialement conduites par BHP Billiton ont succédé neuf années d’investigations géologiques, environnementales et techniques menées par Havilah Mining Gabon, filiale de Havilah Consolidated Resources. Ces travaux ont ouvert la voie à la signature d’une convention minière avec l’État gabonais.
Dans son analyse, Auguste Marie Guembhyt évoque un potentiel compris entre 500 millions et un milliard de tonnes. L’exploitation devrait commencer par l’hématite superficielle, dont la teneur dépasse 50 %, avec des pics à 70 %, avant d’évoluer vers la magnétite profonde, nécessitant des installations industrielles plus complexes.


Cette ambition repose également sur le développement des infrastructures. Le partenariat évoqué avec le groupe chinois COVEC, les corridors de transport, la construction de ponts, le futur port en eaux profondes de Mayumba et le projet de four à chaux de Doussiegoussou constituent des éléments déterminants. Des bases-vie et installations logistiques sont également annoncées.
Milingui pourrait ainsi renforcer une dynamique industrielle déjà perceptible dans la Nyanga. À une vingtaine de kilomètres de Tchibanga, l’usine de transformation du marbre de Doussiegoussou, portée par Marmion Minerals, prend progressivement forme. Les machines de découpe sont installées et une quarantaine de Gabonais participent au chantier. Avec une préférence annoncée pour la main-d’œuvre nationale, cette infrastructure pourrait générer à terme 500 emplois, tout en favorisant la formation, la sous-traitance et la transformation locale des ressources.
Pour les populations, qui aspirent à des réalisations concrètes et à davantage d’opportunités, ces projets nourrissent de réels espoirs. Au-delà de l’extraction minière, Milingui pourrait devenir un véritable pôle d’industrie lourde, capable de stimuler durablement l’économie provinciale. Une perspective qui traduit progressivement l’ambition du Chef de l’État de faire de la Nyanga une terre de production, d’investissement et de prospérité partagée.
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Harcèlement scolaire au Gabon : YÊMÏ alerte sur la santé mentale des élèves
De retour sur Urban FM 104.5 pour sa troisième saison, YÊMÏ, l’émission de santé publique conçue par LOPS et présentée par le Dr Marcia Angué Pemengoye, a placé son premier numéro sous le signe d’Octobre Rose, autour du thème « Tout savoir sur les cancers féminins ». Mais avant cet entretien, évoqué dans notre précédent article, la rubrique Actualité a ouvert le débat sur les violences scolaires et la santé mentale des enfants.
Le sujet fait écho à des affaires récentes au Gabon. Le 14 octobre, au lycée national Léon-Mba, un élève de sixième aurait tenté de mettre fin à ses jours après des mois de moqueries, d’insultes et d’intimidations, selon sa mère. Au lycée de Sibang, une affaire présumée de harcèlement à caractère sexuel entre deux élèves a également provoqué des inquiétudes.
Ces faits prennent un relief particulier au regard d’une enquête sur la santé en milieu scolaire menée par le ministère de la Santé et des Affaires sociales avec l’appui de l’UNESCO. Évoqués au Conseil des ministres du 8 octobre 2026, ses résultats révèlent que 17 % des élèves déclarent avoir subi des violences ou du harcèlement, 9 % du cyberharcèlement et 74 % ressentent de la solitude. Un élève sur cinq aurait déjà sérieusement envisagé le suicide.
Face à ces chiffres, le Dr Inès Okome Goïta a tiré la sonnette d’alarme : « Ces statistiques révèlent un climat scolaire profondément alarmant au Gabon ». Elle a notamment relevé l’insuffisance des espaces d’écoute et de soutien aux élèves.


Mme Meye a rappelé que la santé mentale recouvre le « bien-être émotionnel, psychologique, social » de l’enfant et conditionne son développement. Marjolaine a, de son côté, défendu une prise en charge « coordonnée, bienveillante et structurée », associant psychologues, groupes de parole et clubs de jeunes. Elle a également cité le programme École saine, inscrit dans les actions de prévention du ministère de la Santé, notamment contre les addictions.
Cette volonté de sensibiliser et d’encourager le dialogue ne devrait d’ailleurs pas se limiter à la rubrique Actualité. Lors de son passage à la matinale d’Urban FM pour annoncer la troisième saison de YÊMÏ, le Dr Marcia Angué Pemengoye avait déjà indiqué que les questions de santé mentale reviendraient régulièrement au programme des émissions en direct. Une manière de prolonger les échanges, de briser les tabous et d’amener les familles à mieux comprendre des souffrances souvent silencieuses.

Au terme des échanges, un constat s’impose : l’école doit aussi être un lieu où l’on protège et où l’on écoute. « Un enfant qui souffre ne sait pas toujours comment demander de l’aide. À nous, adultes, de savoir écouter, repérer les signaux et agir », a conclu le Dr Marcia Angué Pemengoye.
