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Décès du Pr Kombila : le cœur d’un pionnier de la médecine gabonaise s’est arrêté
Le Gabon vient de perdre l’un de ses grands noms. Le professeur Pierre-André Kombila-Koumba s’est éteint ce jeudi 15 octobre 2026, à 10 heures, au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), à l’âge de 85 ans. Admis en soins intensifs la veille, celui qui aura consacré sa vie à la médecine et à la politique laisse derrière lui un parcours qui aura marqué plusieurs générations.
Né le 8 mai 1941 au lac Anengué, près de Port-Gentil, d’un père originaire de Moabi, dans la Nyanga, Pierre-André Kombila-Koumba quitte le Gabon en 1962 pour poursuivre ses études en Belgique, puis en France, où il se spécialise en cardiologie.
De retour au pays en septembre 1977, il crée, dès 1978, le service de cardiologie du Centre hospitalier de Libreville. Premier Gabonais agrégé en médecine, il contribue à la formation de nombreux professionnels de santé. Même après son retrait des fonctions hospitalo-universitaires, il continue de recevoir des patients dans son cabinet médical d’Oloumi.
Mais le professeur Kombila ne s’est pas limité aux salles de consultation. Avec le retour du multipartisme en 1990, il devient premier secrétaire du Rassemblement national des bûcherons (RNB), aux côtés de Paul Mba Abessole. Député de Moabi, il fonde en 1998 le RNB-D et se présente à l’élection présidentielle.
Sous Omar Bongo Ondimba, il occupe, entre 2006 et 2009, le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, puis celui des Ressources hydrauliques et des Énergies nouvelles.
En octobre 2023, Brice-Clotaire Oligui Nguema le nomme sénateur de la Transition, marquant une nouvelle étape de son engagement institutionnel.
Auteur de Une autre vision du Gabon : Prémices pour la démocratie, publié en 2014, il laisse également une contribution intellectuelle au débat national.
Avec sa disparition, c’est une page de l’histoire médicale et politique gabonaise qui se referme. Le professeur Kombila rejoint son épouse, Maryvonne Kombila, éminente universitaire et spécialiste en parasitologie et mycologie, décédée le 5 mai 2024. Deux figures de la médecine gabonaise réunies dans l’éternité, après avoir consacré une grande partie de leur vie à soigner, enseigner et transmettre.
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Masterclass vocale : Nanou partage son expérience pour révéler les voix de demain
Du 22 au 24 octobre 2026, la chanteuse gabonaise Nanou partagera son expérience avec les passionnés de musique à l’occasion d’une masterclass vocale organisée par D-Jazz, à Libreville. Trois jours d’apprentissage et d’échanges pour découvrir les secrets d’une interprétation capable de toucher le public au-delà des mots.
Avoir une belle voix est un atout, mais savoir transmettre des émotions en chantant est tout un art. C’est cette dimension de la musique que Nanou souhaite explorer avec les participants à sa masterclass. Une initiative destinée aussi bien aux chanteurs confirmés qu’aux talents en devenir désireux de perfectionner leur expression artistique.
Au programme : techniques vocales, respiration, justesse, interprétation, gestion des émotions, présence scénique et choix du répertoire. Les participants bénéficieront également de conseils et de moments d’échanges avec l’artiste. Un invité spécial est annoncé pour la dernière journée.
Révélée au grand public lors de la deuxième saison de The Voice Afrique francophone, Nanou poursuit depuis son aventure musicale. Membre du groupe Dinduma Jazz, elle s’est notamment illustrée avec les singles « Mon Choix » et « A.M.O.U.R », développant progressivement une identité artistique aux influences world.
Sa dernière sortie, « Mama », dévoilée le 8 mars 2026, illustre parfaitement cette recherche d’émotion. En reprenant cette œuvre du regretté Julien Nziengui Mouélé, Nanou laisse davantage de place à sa voix, à ses nuances et à sa sensibilité. Une manière de rappeler que l’interprétation ne repose pas uniquement sur la puissance vocale, mais aussi sur la capacité à raconter une histoire et à la faire ressentir.
Les séances se dérouleront de 16h à 18h, dans la salle de répétition de D-Jazz, au quartier Louis, à Libreville. Pour prendre part à cette expérience, les participants devront débourser 25 000 FCFA, un montant qui donne accès à l’ensemble des trois journées de formation. Une occasion, pour les amateurs comme pour les chanteurs plus expérimentés, de bénéficier des conseils d’une artiste qui a fait de la voix son principal instrument d’expression. Les personnes intéressées peuvent réserver leur place ou obtenir davantage de renseignements en contactant le 074 90 29 74.
Au-delà de l’apprentissage, cette masterclass se présente comme une occasion de transmettre une passion. Car une chanson peut traverser les générations, réveiller des souvenirs et parfois faire couler une larme. Et si Nanou parvient à transmettre ce pouvoir à d’autres voix, elle aura offert bien plus qu’une leçon de chant : une manière de toucher les cœurs.
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Gabon : plus de 366 milliards de FCFA gelés, Ali Bongo réclame ses avoirs et soulève des interrogations
Trois ans après son éviction du pouvoir, Ali Bongo Ondimba engage un bras de fer judiciaire pour récupérer l’accès à ses comptes bancaires domiciliés à BGFIBank Gabon. Selon les révélations de Jeune Afrique, publiées ce lundi 12 octobre 2026, l’ancien président multiplie les démarches pour obtenir le déblocage de ses avoirs, dont le montant serait estimé à plus de 366 milliards de FCFA. Un chiffre non officiellement confirmé qui suscite des interrogations sur l’origine des fonds et les conditions de leur éventuelle restitution.
Installé à Paris, Ali Bongo affirme être privé d’accès à ses comptes depuis le coup d’État du 30 août 2023. D’après Jeune Afrique, ses nombreuses sollicitations auprès de la banque seraient longtemps restées sans réponse satisfaisante.
Le 8 juin dernier, il adresse une mise en demeure à BGFIBank pour obtenir ses relevés bancaires et les justifications du blocage. Le 17 juin, l’établissement invoque une ordonnance judiciaire du cabinet d’instruction spécialisé numéro un de Libreville, ordonnant la mise sous séquestre de ses comptes et de ceux de son épouse Sylvia.
Seulement, son entourage affirme que cette décision ne lui aurait jamais été officiellement notifiée. Le 22 juin, son avocat, Me Francis Nkéa Ndzigue, saisit le tribunal de première instance de Libreville pour obtenir l’ordonnance. Une procédure en référé est également engagée pour réclamer la levée du gel.
Une situation qui soulève plusieurs questions. Comment expliquer le blocage des comptes d’Ali Bongo alors qu’aucune poursuite pénale publique le visant personnellement n’a été annoncée ? La mesure concerne-t-elle exclusivement ses avoirs ou également des comptes communs ?
Ces interrogations interviennent alors que Sylvia Bongo et Noureddin Bongo Valentin ont été condamnés par contumace, en novembre 2025, à vingt ans de réclusion criminelle pour plusieurs infractions financières. Ali Bongo ne figurait pas parmi les accusés. Toutefois, l’absence de poursuites personnelles ne suffit pas à établir l’irrégularité d’une mesure conservatoire.
Face à cette situation, l’ancien chef de l’État multiplie les démarches. Après avoir sollicité la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), il a saisi, le 12 octobre, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Un recours auprès du régulateur bancaire français, l’ACPR, serait également envisagé.
Des discussions auraient aussi été engagées en septembre à Libreville, sans aboutir à un compromis.
Si son entourage soupçonne une motivation politique, BGFIBank affirme appliquer une décision judiciaire. La banque et le ministre de la Justice, Augustin Emane, n’ont pas souhaité commenter publiquement le dossier.
Au-delà du différend bancaire, cette affaire pose une question fondamentale : comment concilier protection des droits individuels, application des décisions judiciaires et transparence sur des avoirs aussi importants ?
La réponse dépendra désormais des juridictions saisies, seules habilitées à apprécier la régularité du séquestre et les conditions d’une éventuelle restitution.
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« Le service de la République dépasse les fonctions et les circonstances » : Camélia Ntoutoume-Leclercq remercie Oligui Nguema
Après son départ du gouvernement, Camélia Ntoutoume-Leclercq a choisi la reconnaissance plutôt que le silence. Dans une lettre publiée sur sa page officielle Facebook et adressée au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ancienne ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, exprime sa gratitude pour la confiance placée en elle, tout en revenant sur une expérience gouvernementale qui aura traversé deux présidences et plusieurs configurations politiques.
Remplacée par Jacqueline Ilogue à la faveur du remaniement du dimanche 11 octobre 2026, Camélia Ntoutoume-Leclercq quitte l’exécutif après un parcours entamé le 17 juillet 2020, sous Ali Bongo Ondimba, comme ministre déléguée chargée de la Formation civique. Promue ministre de l’Éducation nationale le 8 mars 2022, elle sera reconduite pendant la Transition, puis au sein du premier gouvernement de la Ve République.
Dans son message au chef de l’État, elle insiste sur la portée de cette expérience, marquée par les responsabilités exercées et les transformations institutionnelles auxquelles elle a participé.
« La grandeur d’une mission ne réside pas seulement dans la durée des responsabilités exercées, mais dans la fidélité aux convictions, la sincérité de l’engagement et la trace que l’on laisse au service de la Nation. »
Son passage à l’Éducation nationale laisse un bilan contrasté. Parmi les avancées figurent la gratuité des manuels scolaires au primaire, les réformes engagées dans la formation des enseignants, l’évolution des méthodes pédagogiques et l’amélioration des résultats aux examens nationaux. En septembre 2026, elle faisait également état de 2 668 situations administratives régularisées sur 4 000 dossiers recensés.
Cependant, ces acquis n’ont pas suffi à résoudre les difficultés structurelles du secteur. Les grèves répétées des enseignants, notamment celle de janvier 2026, les retards dans le traitement des carrières, le déficit d’enseignants, la surcharge des salles de classe et l’insuffisance des infrastructures scolaires auront marqué sa gestion. Autant de préoccupations auxquelles sa successeure devra désormais apporter des réponses durables.
Après plus de six années écoulées depuis sa première nomination, Camélia Ntoutoume-Leclercq tourne ainsi une page importante de sa carrière politique. Sa lettre, empreinte de respect et de loyauté républicaine, laisse entrevoir sa volonté de continuer à servir le Gabon, au-delà des responsabilités ministérielles.
Reste désormais à savoir quelle place elle entend occuper dans la vie publique, tandis que son héritage à l’Éducation nationale continuera d’alimenter les débats.
