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CNT : une réforme structurante qui ouvre une nouvelle phase pour le transport public

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La création de la Compagnie nationale de transport (Compagnie nationale de transport (CNT)), issue de la fusion de la SOGATRA et de Trans’Urb, s’inscrit dans une réforme profonde du transport public au Gabon. Elle vise à corriger plusieurs années de dysfonctionnements, marquées par une sous-performance structurelle du secteur et une dégradation progressive du service rendu aux usagers. Avec un parc annoncé d’environ 100 bus déjà acquis et près de 231 véhicules selon les données communiquées, la nouvelle entité constitue une base de relance significative.

Portée au plus haut niveau de l’État, cette réforme traduit une approche pragmatique assumée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a rappelé, lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé le 15 juin 2026 devant le Parlement réuni en Congrès à Libreville, la nécessité de rendre le modèle de transport public plus soutenable financièrement. Dans cette logique, l’annonce d’une fin progressive de la gratuité du transport public s’inscrit dans une volonté de viabilité économique, afin de permettre à la CNT de couvrir ses charges et d’assurer le renouvellement de ses équipements.

Dans le même esprit, le ministre d’État en charge des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, pilote la mise en œuvre opérationnelle de cette réforme. Il défend une CNT conçue comme une structure intégrée et rationalisée, destinée à mutualiser les moyens des anciennes entités tout en améliorant la qualité du service public.

Sur le terrain, l’héritage reste toutefois contrasté. La SOGATRA fonctionnait ces dernières années avec un parc fortement réduit malgré des besoins estimés à plusieurs centaines de bus, tandis que Trans’Urb a été confrontée à une dégradation progressive de ses équipements. Ces limites illustrent l’ampleur des défis techniques, organisationnels et logistiques auxquels la nouvelle compagnie devra répondre.

L’un des enjeux majeurs demeure la maintenance et la gestion du parc roulant. L’expérience passée a montré que la faible disponibilité des bus constituait l’un des points de fragilité du système. La réussite de la CNT dépendra donc de sa capacité à instaurer un modèle d’entretien rigoureux, structuré et durable.

La question tarifaire représente également un équilibre délicat. Lors de son passage sur Gabon Télévisions dans le cadre du bilan des 100 jours, le ministre avait détaillé une grille sociale visant à concilier accessibilité et viabilité économique : 17 000 FCFA pour les abonnements mensuels, 8 000 FCFA pour les étudiants, 5 000 FCFA pour les élèves et 3 000 FCFA pour les catégories vulnérables. Cette architecture tarifaire s’inscrit dans une logique de segmentation sociale du service.

Enfin, au-delà du changement institutionnel, la réussite de cette réforme dépendra de la capacité de la CNT à répondre aux attentes concrètes des usagers : régularité des dessertes, disponibilité des véhicules et amélioration globale de la qualité du service. Si les bases posées traduisent une volonté de structuration plus réaliste, leur efficacité ne pourra être évaluée que dans la durée, à travers la stabilité et la performance réelle du transport public.

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Gabon : le gouvernement clarifie la nouvelle taxe sur les vols internationaux

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Face aux interrogations suscitées par l’instauration d’une nouvelle contribution financière appliquée aux voyageurs internationaux, le gouvernement gabonais est sorti de son silence. Dans un communiqué publié le 6 juillet 2026, le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a apporté des précisions sur les objectifs et le champ d’application de cette mesure.

Cette contribution résulte de l’accord signé le 21 mai dernier entre le ministère des Transports et la société Securiport LLC. Elle vise à financer le déploiement du système API-PNR, un dispositif conforme aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), destiné à collecter et analyser à l’avance les données des passagers.

Selon le communiqué, ce système permettra de « renforcer le contrôle des frontières aériennes et d’intensifier la lutte contre la criminalité transnationale, le trafic de stupéfiants ainsi que le terrorisme ».

Le gouvernement tient également à rassurer les voyageurs nationaux : les vols domestiques ne sont pas concernés. Cette contribution s’applique exclusivement aux passagers effectuant des déplacements internationaux.

Conscient des préoccupations liées au coût du transport aérien, l’exécutif annonce la mise en place d’un groupe de travail interministériel chargé d’identifier et de supprimer les taxes existantes jugées peu pertinentes, afin de limiter l’impact sur le prix des billets.

À travers cette réforme, le gouvernement affirme vouloir concilier renforcement de la sécurité aérienne, respect des standards internationaux et préservation du pouvoir d’achat des voyageurs, conformément à la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema pour une aviation civile plus moderne et sécurisée.

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« La fidélité est devenue une denrée rare » : Ali Bongo ravive la guerre des légitimités au sein du PDG

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À travers une lettre adressée à Ali Akbar Onanga Y’Obegue à l’occasion de son anniversaire, Ali Bongo Ondimba dépasse largement le cadre des vœux personnels pour livrer un message politique. L’ancien président réaffirme son autorité sur le Parti démocratique gabonais (PDG) et renouvelle son soutien à celui qu’il considère toujours comme le secrétaire général légitime du parti.

Dans son courrier, Ali Bongo salue le sacrifice de son fidèle collaborateur, qu’il remercie d’avoir choisi de rester à ses côtés « pour se consacrer, corps et âme, à l’œuvre de restauration de la légalité de notre parti ». Il poursuit avec une formule qui résonne comme une critique à peine voilée de la direction actuelle du PDG : « Dans le contexte que traverse notre pays, la fidélité est devenue une denrée rare. »

Ces propos s’inscrivent dans le bras de fer qui oppose depuis plusieurs mois le camp d’Ali Bongo et d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue à la direction conduite par Blaise Louembé et Angélique Ngoma. Les deux hommes continuent de contester la légitimité des nouvelles instances du parti, estimant qu’elles ne respectent pas les statuts du PDG.

Ali Bongo affiche également sa confiance quant à l’issue de ce combat politique, affirmant que « notre travail commun touche progressivement à son terme » et que le parti retrouvera bientôt « son fonctionnement normal dans le respect de ses textes ».

Cette lettre confirme que, malgré son départ du pouvoir, l’ancien chef de l’État n’entend pas renoncer à son influence sur le PDG et poursuit sa stratégie de reconquête politique.

Reste toutefois une interrogation : la fidélité affichée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue relève-t-elle d’un engagement politique et de convictions profondes, ou s’inscrit-elle aussi dans une stratégie personnelle en vue d’un éventuel retour aux responsabilités ? Une question qui continue d’alimenter le débat politique.

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Crise de l’eau : Ali Akbar Onanga dénonce un État devenu « marchand d’eau »

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La décision du gouvernement de décréter, le 1er juillet 2026, l’état d’urgence hydrique sur l’ensemble du territoire national continue de susciter de vives réactions. Annoncée après la rencontre entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et les agents de la SEEG, cette mesure visait officiellement à lutter contre les réseaux illégaux de distribution d’eau potable et à organiser une réponse d’urgence face à la pénurie.

Le dispositif gouvernemental prévoit notamment la saisie de 55 véhicules, le démantèlement d’installations frauduleuses, la mobilisation des forces de défense et de sécurité, ainsi que la fixation d’un prix officiel du mètre cube d’eau. D’abord annoncé à 3 000 FCFA, ce tarif aurait ensuite été revu à 4 000 FCFA, avant la réintégration progressive des opérateurs privés dans le circuit de distribution.

Ces décisions ont notamment été commentées par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, ancien ministre, secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG), tendance Ali Bongo Ondimba, et figure de l’opposition au pouvoir en place. Connu pour ses prises de position très critiques à l’égard de la gouvernance des autorités actuelles, il estime que l’État reconnaît, à travers ces mesures, son incapacité à assurer normalement l’un des services publics les plus essentiels. Pour lui, la crise ne révèle pas seulement une urgence hydrique, mais une urgence institutionnelle.

L’une des critiques les plus marquantes de son analyse résume sa lecture de la situation : « Les vendeurs d’eau ne sont pas la cause de la crise ; ils en sont la conséquence. La véritable question n’est donc pas de savoir pourquoi certains Gabonais ont commencé à vendre de l’eau, mais pourquoi des Gabonais ont eu besoin d’en acheter alors que l’État aurait dû la leur fournir normalement. »

Ali Akbar Onanga dénonce également ce qu’il considère comme un glissement de l’État vers une posture de « marchand d’eau ». Selon lui, le gouvernement interdit d’abord aux particuliers une activité qualifiée d’illégale, avant de l’organiser lui-même à travers une grille tarifaire, des livraisons sécurisées et des paiements à la livraison. Il s’interroge aussi sur la traçabilité des fonds collectés, la base juridique de cette opération et le recours aux forces de défense pour une mission relevant habituellement du service public.

Au-delà de la SEEG, l’ancien ministre met en cause la qualité du conseil entourant le chef de l’État, qu’il juge responsable de décisions insuffisamment préparées. Reste désormais à savoir si l’état d’urgence hydrique permettra de rétablir durablement l’accès à l’eau potable ou s’il ouvrira un débat plus large sur la gouvernance du secteur.

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