News
7 milliards par province : après la Nyanga, jusqu’où ira l’exigence de contrôle ?
La gestion des 7 milliards de FCFA accordés à chacune des provinces continue de susciter des interrogations, particulièrement dans la Nyanga où plusieurs chantiers sont aujourd’hui examinés de près. Retards, projets inachevés, réalisations peu visibles et entreprises appelées à s’expliquer ont replacé la question de l’utilisation de ces fonds au centre du débat public.
À Moabi, comme nous l’évoquions dans un précédent article, le rapport du Comité de suivi signé le 6 septembre 2026 apporte plusieurs précisions sur l’utilisation de 1,3 milliard de FCFA destiné au département de la Douigny, à la commune de Moabi et au district de Mourindi. Le document fait état de financements orientés vers l’agriculture, la santé, l’éducation, l’hydraulique ou encore les équipements communautaires. Des acquisitions d’engins agricoles, des surfaces mises en culture et certains travaux routiers y sont notamment recensés.
Mais le même rapport montre aussi une exécution inégale. Certains projets seraient achevés, d’autres inachevés et plusieurs n’auraient pas encore démarré. Près de 59 millions de FCFA resteraient disponibles à la CDC, après la suspension de certains paiements à la suite de l’audit de la Task-Force.
Dans ce contexte, le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a convoqué plusieurs entreprises attributaires afin qu’elles rendent compte de la situation des chantiers. Une démarche qui soulève une interrogation : pourquoi ne pas appliquer la même méthode dans les huit autres provinces ?
Car les difficultés ne semblent pas concerner uniquement la Nyanga. Dans le Haut-Ogooué, une mission de contrôle faisait état, en mars 2025, de 72 chantiers recensés, dont 40 % seulement avaient connu un début d’exécution et trois approchaient de leur achèvement.
L’Ogooué-Lolo a, lui aussi, fait l’objet d’une mission d’évaluation en avril 2026. Conduite par le conseiller spécial du président de la République, Juste Louango Bouyomeka, celle-ci avait pour objectif de vérifier l’état d’avancement des projets et d’identifier les difficultés rencontrées. Le constat faisait état de plusieurs chantiers à l’arrêt ou considérés comme des « éléphants blancs », avec notamment des problèmes de financement et de gestion évoqués.
Dans la Ngounié, 600 millions de FCFA avaient été annoncés pour la Boumi-Louetsi, où des populations ont ensuite réclamé la matérialisation des projets. Des lenteurs ont également été signalées dans l’Ogooué-Maritime.
À l’inverse, certaines réalisations sont davantage visibles dans l’Ogooué-Ivindo. L’axe Ovan-Makokou affichait par exemple un taux d’avancement annoncé de 50 % en février 2026, contre 36 % en janvier 2025, sans que cela permette toutefois d’établir un taux global d’exécution des 7 milliards de la province.
La question dépasse donc la Nyanga. Elle rejoint aussi le discours prononcé par Brice-Clotaire Oligui Nguema lors de la Fête de la Libération 2026. Le Chef de l’État y rappelait que « l’égalité devant la loi est un principe constitutionnel » et que chacun devait répondre de ses actes, ajoutant que « le corporatisme ne doit pas prendre le pas sur la responsabilité ».
À l’échelle nationale, l’enjeu est désormais de savoir ce que les 63 milliards de FCFA ont réellement produit dans les neuf provinces. Après la Nyanga, une lecture province par province permettrait surtout de mesurer les réalisations, les retards et les responsabilités avec la même exigence de transparence et de justice.
News
Affaire Bilie-By-Nzé : après son interrogatoire, une confrontation avec Baba Ramatou en perspective
Après plusieurs mois de détention préventive, Alain-Claude Bilie-By-Nzé a franchi une nouvelle étape dans la procédure judiciaire engagée contre lui. L’ancien Premier ministre et président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) a été entendu au fond, jeudi 5 novembre 2026, à partir de 9 heures, par le premier juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Libreville. Une audition attendue depuis son placement en détention à la prison centrale de Libreville, le 16 avril dernier.
Assisté de Me Sarah-Ognyane, l’ancien chef du gouvernement a notamment été interrogé sur les déclarations de Baba Ramatou, entendue le 27 avril 2026. Selon son conseil, cette audition lui a permis d’apporter des éclaircissements sur les faits qui lui sont reprochés. « Tout s’est très bien passé », a déclaré l’avocat, qui considère néanmoins que cette étape aurait dû intervenir plus tôt, dans le respect des droits de la défense.
La prochaine échéance pourrait désormais être une confrontation entre Alain-Claude Bilie-By-Nzé et Baba Ramatou. Cette étape, qui permettrait de confronter leurs déclarations respectives, apparaît comme un moment important pour la suite de l’information judiciaire. Elle devrait être suivie de l’établissement d’un procès-verbal de confrontation, puis d’une enquête de moralité auprès des proches de l’ancien Premier ministre. La défense prévoit ensuite de déposer ses mémoires.
À l’issue de ces différentes étapes, le juge d’instruction devra se prononcer sur la suite à donner au dossier : un éventuel non-lieu, susceptible d’entraîner sa libération, ou un renvoi devant le tribunal correctionnel.
Pour Me Sarah-Ognyane, l’objectif est désormais d’obtenir une évolution rapide de la procédure, si possible avant l’expiration du nouveau délai de six mois. L’avocat s’est également voulu rassurant concernant l’état de santé de son client, affirmant que celui-ci se porte bien physiquement et reste solide psychologiquement.
La confrontation annoncée constitue donc la prochaine étape attendue dans cette affaire, dont l’issue dépendra désormais de l’appréciation du magistrat instructeur. En attendant, Alain-Claude Bilie-By-Nzé demeure présumé innocent.
News
De La Boule Noire à La Machine du Moulin Rouge, Emma’a poursuit son ascension et fait rêver le Gabon
La chanteuse gabonaise Emma’a continue de franchir des étapes importantes dans sa carrière musicale. Le samedi 24 octobre 2026, l’artiste a fait salle comble à La Machine du Moulin Rouge, à Paris, devant un public venu nombreux l’accompagner dans cette nouvelle aventure. Un succès qui confirme sa progression sur la scène musicale francophone et nourrit désormais les attentes de ses admirateurs au Gabon.
Située dans le quartier de Pigalle, La Machine du Moulin Rouge dispose d’une salle principale, Le Central, pouvant accueillir environ 800 spectateurs en configuration concert. Pour cette prestation, les billets avaient été écoulés avant le jour du spectacle. Sur scène, Emma’a a enchaîné ses chansons dans une ambiance chaleureuse, portée par des spectateurs qui reprenaient ses paroles en chœur.
Cette réussite s’inscrit dans la continuité d’un parcours marqué par plusieurs performances remarquées. En novembre 2025, la chanteuse avait déjà affiché complet lors de deux concerts à La Boule Noire, les 7 et 12 novembre. En passant de cette salle intimiste à une scène parisienne de plus grande capacité, Emma’a témoigne d’une évolution artistique encourageante.
Portée notamment par des titres comme Encré, certifié single d’or en 2024, Ça m’a laissé et Changer les choses, en collaboration avec Joé Dwèt Filé, l’artiste poursuit son ouverture à l’international.
Après ces succès successifs en France, une attente se dessine désormais du côté du Gabon. Les admirateurs d’Emma’a espèrent voir leur artiste organiser un véritable concert grand public sur sa terre natale, afin de partager cette réussite avec ceux qui suivent son évolution depuis ses débuts.
Un tel rendez-vous constituerait une nouvelle étape dans son parcours, mais aussi une belle occasion de célébrer, à domicile, le rayonnement de la musique gabonaise.
News
Évacuations sanitaires : Yêmï met en lumière l’expertise de Santé + Gab au service des patients du Gabon
Se faire soigner à l’étranger représente parfois une nécessité pour les patients dont la maladie exige des soins spécialisés. Mais entre les démarches administratives, le choix des établissements et les contraintes financières, ce parcours peut devenir éprouvant. C’est pour mieux éclairer les familles que Yêmï, un concept de LOPS diffusé sur Urban FM 104.5, a consacré le deuxième numéro de sa saison 3 aux évacuations sanitaires et à la conciergerie médicale.
Présentée par le Dr Marcia Angué épouse Pemengoye, accompagnée de sa consultante, le Dr Inès Okome épouse Goïta, spécialiste en médecine physique et réadaptation, l’émission recevait Madame Stéphanie Yoyo Iloko épouse Tchimina, responsable de Santé + Gab, une entreprise gabonaise spécialisée dans l’accompagnement des patients nécessitant des soins à l’étranger.
Au fil des échanges, l’invitée a expliqué qu’une évacuation sanitaire peut s’effectuer à l’intérieur du pays ou vers l’étranger, lorsque les équipements ou les compétences médicales nécessaires ne sont pas disponibles localement. Une réalité à laquelle Santé + Gab entend apporter des solutions grâce à ses partenariats hospitaliers, notamment en Turquie, en France, au Maroc et en Côte d’Ivoire.
Cette collaboration repose, selon sa responsable, sur une évaluation préalable des établissements. « Nous n’envoyons pas nos malades dans des structures que nous n’avons pas vérifiées au préalable », a-t-elle affirmé, soulignant l’importance de la sécurité des patients.
Au-delà du choix des structures hospitalières, l’entreprise propose un accompagnement en trois étapes : avant le départ, pendant le séjour médical et après le retour au Gabon. De la constitution du dossier aux formalités de voyage, en passant par l’accueil à l’aéroport, l’hébergement, la traduction et le suivi médical, l’objectif est de faciliter le parcours des patients.
Cet accompagnement soulève naturellement la question financière. L’invitée a précisé que les frais hospitaliers sont directement réglés aux établissements concernés, tandis que les prestations de conciergerie font l’objet d’une facturation distincte. Les assurances privées internationales peuvent également intervenir selon les garanties souscrites.
Si l’organisation du voyage constitue une étape importante, la continuité des soins reste tout aussi essentielle. Le Dr Inès Okome épouse Goïta a ainsi insisté sur la rééducation fonctionnelle des patients à leur retour, évoquant les capacités du CHU d’Owendo.
L’entretien a également rappelé l’importance de la confidentialité des dossiers médicaux et du recours à des professionnels qualifiés.
« Mais la maladie n’attend pas. Donc, comme la vie est précieuse, nous avons proposé cette solution », a déclaré Madame Tchimina, résumant la vocation de Santé + Gab, installée à la cité Damas, dans le troisième arrondissement de la commune Libreville.
En conclusion, le Dr Marcia Angué épouse Pemengoye a rappelé un conseil essentiel : « Préparez votre retour et le suivi médical dès le début du parcours. » Un message qui traduit l’ambition de Yêmï : informer, sensibiliser et accompagner les populations vers une meilleure prise en charge de leur santé.
