Events
Élections législatives et locales 2025 : le retrait de l’EPG de Bilie-By-Nzé, un signal aux autres partis pour boycotter le second tour ?
À Libreville, le climat politique se durcit à mesure que le second tour des élections législatives et locales approche. Alors que plusieurs partis se mobilisent pour la suite du processus, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, leader d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), a choisi une autre voie : le boycott. Le 2 octobre, il a annoncé le retrait officiel de sa formation du processus électoral, défiant directement le président de la République et plaçant le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, sous forte pression.
Un scrutin dénoncé comme biaisé
Dans un communiqué au ton ferme, EPG critique un système électoral jugé partial et contraire à l’esprit de la transition. Selon le mouvement, le scrutin du 27 septembre n’a été qu’une répétition des pratiques dénoncées en 2023, après le coup d’État militaire. « Les promesses de transparence et de démocratie n’ont cessé d’être trahies », dénonce Bilie-By-Nzé. Le Dialogue national inclusif d’avril 2024, amputé de nombreuses résolutions, et le référendum constitutionnel du 16 novembre 2024, renforçant le pouvoir présidentiel, nourrissent cette contestation.
Des structures électorales pointées du doigt
EPG déplore la suppression du Centre gabonais des élections (CGE), remplacé par la CNOCER et l’ACER, jugées trop proches de l’exécutif. « Nos avertissements sont restés lettre morte », souligne le communiqué. Déjà critiqué lors de la présidentielle du 12 avril 2025, le dispositif électoral aurait reproduit les mêmes dérives lors des élections de septembre.
Retrait des candidats et aveu embarrassant
Dans un geste de cohérence politique, EPG retire ses candidats qualifiés pour le second tour, dont Davy Kevin Engama à Makokou et Franck Jocktane à Rennes. Les élus locaux ne participeront pas à la répartition des sièges dans les conseils municipaux. Parallèlement, une circulaire interne du ministre Immongault reconnaît des fraudes liées aux procurations, exposant les failles du système.
Un pari risqué pour l’opposition
Pour les analystes, ce boycott constitue un geste stratégique qui met la pression sur le président et fragilise Immongault. Bilie-By-Nzé, ancien pilier du régime déchu en 2023, s’affirme désormais comme un opposant frontal. Avec plusieurs partis et candidats indépendants déjà critiques des résultats du premier tour, d’autres pourraient suivre Bilie-By-Nzé dans la logique du boycott. Nous y reviendrons dans une prochaine publication, au gré de l’évolution de la situation.
Daisie/Mihi…
Events
« Rap Hero » : Yvy Real Killer étend son univers artistique à la bande dessinée
Connu pour son parcours dans le rap gabonais, notamment au sein du groupe BGMFK avant de poursuivre une carrière solo, Yvy Real Killer révèle une nouvelle facette de sa créativité. L’artiste finalise actuellement « Rap Hero », une bande dessinée dont il est à la fois le concepteur et le personnage principal du premier tome.
À travers ce projet, le rappeur s’aventure dans un univers mêlant les codes de l’afrofuturisme et du roman graphique. La mémoire, la musique, l’identité et l’imaginaire africain occupent une place centrale dans une histoire qui entend mettre en lumière la richesse culturelle du Gabon.
Plusieurs artistes gabonais apparaissent dans l’œuvre. Leur présence permet de célébrer le patrimoine culturel contemporain du pays. Rap, slam, danse, traditions orales, mode et arts visuels sont représentés comme autant de visages de la créativité nationale.
Dans « Rap Hero », la culture devient une force positive. Les mots, la musique et l’art possèdent le pouvoir de préserver la mémoire collective, d’inspirer la jeunesse et de transmettre des valeurs. L’histoire invite ainsi les lecteurs à réfléchir à leur responsabilité individuelle, au passé et au rôle de la création artistique dans la construction de l’avenir.
Le message porté par la bande dessinée peut se résumer par cette phrase : « Ce n’est pas la force qui change une nation, c’est la culture qui transforme les générations. » Une autre idée traverse également l’œuvre : les armes divisent les peuples, tandis que les histoires, la musique et l’art peuvent les rassembler.
Avec ce projet, Yvy Real Killer démontre que son talent ne se limite pas à la musique. Alors que le premier tome approche de sa finalisation, il recherche désormais une maison d’édition pour publier et faire découvrir son œuvre au public.
Events
Tris rejoint Sean Bridon Music : la Battle des producteurs comme nouveau départ
La Battle des producteurs est peut-être en train de changer le cours de la carrière de Tris. Choisi par Sean Bridon pour l’accompagner dans ce challenge, le rappeur vient d’annoncer sa signature officielle chez Sean Bridon Music.
Cette signature ne doit toutefois pas prêter à confusion. Avant le lancement de la compétition, et même durant les deux premiers rounds, Tris ne faisait pas partie des artistes produits par Sean Bridon. Celui-ci l’avait simplement choisi pour défendre ses propositions musicales dans une Battle qui doit s’achever au troisième round.
Leur collaboration a particulièrement attiré l’attention lors de la deuxième étape du concours. Sur un morceau mêlant rap, sonorités du Bwiti, harpe traditionnelle et ambiance urbaine, Tris a retrouvé cette lumière qui semblait lui manquer depuis quelque temps. Le talent, lui, n’a jamais vraiment été remis en cause. C’est plutôt l’actualité autour de sa carrière qui était devenue rare, donnant l’impression d’un parcours en sommeil.
La Battle lui a ainsi offert une occasion de se rappeler au bon souvenir du public, mais aussi de montrer à Sean Bridon ce qu’une collaboration plus durable pouvait produire. Quelques jours plus tard, l’essai s’est transformé en contrat.
Sur les réseaux sociaux, Tris a accueilli cette nouvelle étape avec fierté. Il évoque une vision, une ambition commune et le début d’une aventure qu’il espère certainement décisive pour la suite de son parcours.
À travers cette signature, le challenge dépasse désormais la simple confrontation entre producteurs. Il devient aussi un espace de rencontres et d’opportunités pour les artistes. Pour Tris, l’une des premières retombées est déjà concrète, alors même que la compétition n’est pas encore terminée.
Reste maintenant à savoir ce que Sean Bridon Music prépare pour sa nouvelle recrue. Car après cette belle exposition, le véritable défi sera de proposer des projets réguliers et solides, capables d’inscrire durablement Tris au premier plan de la scène musicale gabonaise.
Events
Fête des cultures : renaissance ou simple parenthèse ?
Après huit années d’interruption, la Fête des cultures s’apprête à rassembler de nouveau les populations du Gabon autour de leur patrimoine commun. Du 21 au 23 août 2026, l’avenue Jean-Paul II, entre l’immeuble du « 2-Décembre » et le boulevard Triomphal, accueillera la 15ᵉ édition de ce rendez-vous majeur du patrimoine gabonais.
Le retour de l’événement a été annoncé par le ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, Paul Ulrich Kessany. Placée sous le thème « Réappropriation de nos valeurs culturelles », cette édition réunira artistes, artisans, associations et communautés des neuf provinces autour des danses, des langues, de la gastronomie, des rites, des masques et des savoir-faire traditionnels.
Créée en 1997 par Paul Mba Abessole, alors maire de Libreville, puis portée au niveau national sous la présidence d’Omar Bongo Ondimba, la manifestation n’avait plus été organisée depuis 2018. Son retour apparaît donc comme une « réparation d’une mémoire », selon le ministre.
Mais cette renaissance sera-t-elle durable ? La Fête des cultures redeviendra-t-elle un rendez-vous régulier ou restera-t-elle une parenthèse exceptionnelle dans l’agenda national ?
Cette relance pose également la question de la vitalité du milieu culturel gabonais. Les artistes, artisans, danseurs, créateurs et gardiens des traditions disposent-ils réellement des espaces, des financements et de l’accompagnement nécessaires pour vivre de leur talent et transmettre leur héritage ?
Avec le Sénégal comme pays invité d’honneur, cette édition proposera des spectacles, des danses traditionnelles et une cérémonie des masques. Elle devrait aussi profiter aux exposants et aux petits commerçants.
Au-delà de la fête, le véritable défi commencera après le 23 août : faire de la culture un secteur vivant, structuré et durable, plutôt qu’un simple décor célébré quelques jours avant de retomber dans le silence.
