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PDG : Deux camps, une guerre de légitimité, un parti au bord de l’implosion
À quelques semaines des élections locales et législatives prévues en septembre, le Parti démocratique gabonais (PDG), ex-parti au pouvoir, est secoué par une guerre ouverte de légitimité. Deux camps s’opposent frontalement : celui d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue, qui revendique l’autorité exclusive sur les investitures, et celui du Directoire dirigé par Blaise Louémbé, qui conteste sa nomination et refuse de reconnaître le jugement du 25 juillet comme une décision définitive.
Le camp Onanga : “La justice a tranché”
Le 25 juillet, à la suite d’un jugement du Tribunal de première instance de Libreville, Ali Akbar Onanga Y’Obegue a réaffirmé, dans une déclaration politique solennelle, être le seul habilité à valider les candidatures au nom du président du PDG, Ali Bongo Ondimba. Nommé secrétaire général le 14 mai par l’ancien chef de l’État, il voit dans cette décision judiciaire une consolidation de son autorité.
« La justice a parlé. Le droit a triomphé de l’usurpation », a-t-il lancé, faisant référence au rejet par le juge des référés de la tentative d’éviction lancée par le directoire autoproclamé du 7 mars. Mieux encore, son exception d’inconstitutionnalité a été reçue, ce qui lui permet, selon lui, de faire valoir une légitimité juridique claire.
Dans une phase cruciale de dépôt de candidatures, Onanga prévient : « Je suis le seul habilité à valider les candidatures. Tout acte non signé par moi ou mes mandataires légaux sera juridiquement nul et sans effet ». Dans un geste d’ouverture, il tend néanmoins la main à ses opposants internes, appelant à un dialogue “sans compromission sur les principes” pour désigner des candidats consensuels et compétitifs.
Le camp Louémbé : “Une communication mensongère”
Face à cette prise de position, le Secrétariat exécutif du PDG conduit par Blaise Louémbé dénonce une manipulation. Dans un communiqué publié le même jour, sa porte-parole, Frédérique Eyang Beyeme, affirme que le contentieux reste entier. Selon elle, « aucune décision n’a été rendue ». Le dossier, rappelle-t-elle, a été transmis à la Cour constitutionnelle, saisie pour examiner l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par le camp Onanga.
Pour ce courant, Ali Akbar Onanga est un imposteur. Son exclusion aurait été actée par les instances du parti, issues du congrès extraordinaire de janvier 2025, qui avait porté Blaise Louémbé à la tête du PDG. Ce congrès s’inscrivait dans le prolongement de l’annonce de retraite politique d’Ali Bongo Ondimba, faite pour raisons de santé.
Mais le revirement d’Ali Bongo, qui a récemment repris la main sur la formation politique en nommant Onanga, a ravivé les tensions internes. Pour ses adversaires, ce retour au sommet est illégitime et contraire aux statuts du parti. Ils dénoncent un passage en force soutenu par une communication politique jugée fallacieuse.
Un parti au bord de la rupture
Entre ces deux camps irréconciliables, le PDG s’enlise dans une crise de gouvernance qui pourrait compromettre sa participation cohérente aux prochaines élections. La confusion autour de la signature des candidatures, les documents officiels et l’autorité réelle sur les investitures sème le trouble jusque dans les rangs des militants.
La Cour constitutionnelle, désormais saisie, apparaît comme l’arbitre ultime de cette guerre de légitimité. Mais le temps presse : les dépôts de candidatures ont déjà commencé. En l’absence d’un compromis rapide ou d’une décision claire, le PDG risque la fragmentation, offrant un boulevard à ses adversaires politiques.
La rédaction / Evik
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Himra : « Allons chercher Dementos » — Une collaboration en vue qui pourrait propulser la Ntcham
La scène Ntcham gabonaise connaît un essor remarquable. Plus que jamais, elle s’impose comme l’un des courants musicaux les plus dynamiques du pays, marquant l’histoire par l’audace de ses artistes et la visibilité internationale qu’ils gagnent. Après L’Oiseau Rare, déjà présent sur des scènes africaines et françaises, un autre talent semble prêt à franchir un nouveau cap : Dementos, surnommé le prince de la Ntcham.
En multipliant les titres à succès, Dementos a su conquérir non seulement le public gabonais, mais également une partie du continent. En Côte d’Ivoire, des morceaux comme « Askel Geste » ou « Ali Baba » ont fait vibrer les foules, installant durablement son nom sur la scène urbaine africaine.
Cette percée n’a pas échappé à Himra, figure montante de la scène ivoirienne.
Dans une communication largement relayée sur ses réseaux sociaux, Himra a surpris son public en déclarant :
« Allons chercher Dementos ».
Une annonce qui laisse clairement présager une collaboration prochaine entre les deux artistes. Cette alliance pourrait offrir à Dementos une exposition encore plus large, notamment sur des scènes majeures où Himra jouit déjà d’une solide présence.
Ce geste intervient dans un contexte particulier : celui de la rivalité artistique entre Himra et Didi B, deux poids lourds de la scène urbaine ivoirienne. Alors que Didi B a déjà contribué à la mise en lumière de L’Oiseau Rare sur de grandes scènes, Himra semble déterminé à répondre en misant sur Dementos, révélant ainsi une compétition qui dépasse les frontières ivoiriennes et touche désormais les artistes gabonais.
Dans cette dynamique de concurrence assumée, le grand gagnant reste le Gabon. La Ntcham bénéficie d’une exposition inédite grâce à cette nouvelle génération d’artistes capables de fédérer un public continental, tout en affirmant fièrement l’identité culturelle gabonaise sur la scène musicale internationale.
luce / Mihi…
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Crise dans l’éducation : SOS Éducation maintient la grève, le dialogue avec le gouvernement reste essentiel
Lors de l’Assemblée générale tenue ce 31 janvier à Sibang, les enseignants de SOS Éducation ont réaffirmé le maintien de leur grève, tout en insistant sur la nécessité de publier la liste complète des 4 000 agents à régulariser. Cette rencontre intervient alors que le secteur de l’Éducation nationale est paralysé depuis décembre 2025, avec une suspension totale des cours depuis le début de l’année 2026.
Malgré les mesures annoncées par la commission tripartite Éducation – Budget – Fonction publique, mise en place sous l’autorité du vice-président du gouvernement Hermann Immongault, le mouvement reste mobilisé. Parmi les décisions prévues : régularisation progressive de 6 938 enseignants, mise en solde de 328 sortants ENS/ENSET, mise en présalaire de 692 sortants ENIL/ENIF, de 108 enseignants scientifiques, de 1 810 enseignants bénévoles, et traitement de 4 000 dossiers administratifs, soit un taux de réalisation de 60,85 %.
Au-delà de Libreville, les enseignants de tout le territoire, à l’exception de ceux de l’Ogooué-Lolo, ont, lors des différentes assemblées générales tenues ce jour, confirmé le maintien de la grève, réaffirmant la nécessité de transparence et de suivi effectif des régularisations.
L’Assemblée générale de Sibang a permis aux enseignants de SOS Éducation de clarifier leur position et de rappeler que la confiance doit être restaurée avant toute reprise normale des cours. La publication de la liste des agents concernés reste une condition essentielle pour garantir la crédibilité du processus.
Au-delà du maintien de la grève, le dialogue engagé avec le gouvernement devra se poursuivre pour restaurer la confiance et trouver rapidement une solution durable, afin de sortir au plus vite de cette crise qui touche l’ensemble du système éducatif gabonais.
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Dernier hommage à Julien Nziengui Mouélé : levée de corps prévue ce vendredi 30 janvier à Akanda, inhumation le samedi 31 janvier
Le monde culturel gabonais s’apprête à dire adieu à l’un de ses monuments. Julien Nziengui Mouélé, figure emblématique de la musique gabonaise, décédé le samedi 3 janvier 2026, sera conduit à sa dernière demeure à l’issue d’un programme d’obsèques rendu public par sa famille.
Compositeur inspiré, chanteur à la voix singulière et guitariste d’exception, Julien Nziengui Mouélé laisse derrière lui une œuvre qui a profondément marqué l’histoire de la musique gabonaise. Icône de la musique tradi-moderne, il a su marier avec finesse les sonorités traditionnelles Tsogho, la rumba congolaise et des influences jazz, donnant naissance à un style authentique et intemporel.
Révélé au grand public dans les années 1970, l’artiste s’est imposé avec des titres devenus des classiques, à l’image de « Mama », hommage bouleversant à sa mère, mais aussi « Ma jolie Samboui », « Boungui », « Matambe » ou encore « Tsan Congo », autant de chansons qui continuent de résonner dans la mémoire collective. Respecté de ses pairs, il a collaboré avec de grandes figures de la musique gabonaise, notamment Pierre-Claver Akendengué, et a inspiré plusieurs générations de musiciens.
Même après de longues années de retrait, son retour sur scène en octobre 2017 au Casino Croisette de Libreville avait marqué les esprits, rappelant au public l’ampleur de son talent et la force de son héritage artistique. Aux côtés de son épouse Angela, elle aussi chanteuse, il formait un duo apprécié, symbole d’une époque marquante de la musique nationale.
Programme des obsèques
Selon les informations communiquées par la famille, les obsèques de Julien Nziengui Mouélé se dérouleront comme suit :
Vendredi 30 janvier 2026
– 13h00 : Levée de corps à l’Hôpital militaire d’Akanda
– 13h30 à 18h00 : Exposition du corps à son domicile à Okala, suivie d’un temps de recueillement et d’hommages
– 19h00 jusqu’à l’aube : Veillée mortuaire
Samedi 31 janvier 2026
– 10h30 : Levée de corps
– Inhumation dans la stricte intimité familiale
Au-delà de la tristesse, ces moments de recueillement seront l’occasion pour la famille, les artistes, les mélomanes et l’ensemble du peuple gabonais de rendre un dernier hommage à un homme dont la musique a traversé les époques et continue de raconter l’âme du Gabon.
Julien Nziengui Mouélé s’en est allé, mais ses notes, elles, resteront à jamais vivantes.
Tsomi / Mihi…
