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Yêmï : Dépression – comprendre, écouter et agir, une responsabilité collective

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La dépression est une maladie mentale souvent silencieuse mais bien réelle, encore trop peu comprise et fréquemment stigmatisée dans nos sociétés africaines. En janvier dernier, l’émission Yêmï sur Urban FM 104.5, entièrement dédiée à la santé mentale, a consacré un numéro à ce trouble. Pour en parler et aider les auditeurs à mieux comprendre ses manifestations et ses enjeux, Luzhia Moukagni, psychologue clinicienne, a été invitée à partager son expertise et ses conseils pratiques.

La dépression touche toutes les tranches d’âge : enfants, adolescents, adultes. Ses symptômes ne se limitent pas à la tristesse. Ils peuvent inclure une perte d’intérêt pour les activités quotidiennes, un moral constamment bas, de la fatigue, des troubles du sommeil et des pensées négatives récurrentes. Pourtant, malgré cette gravité, beaucoup continuent de minimiser ce trouble, le qualifiant à tort de faiblesse ou de manque de volonté.

Les raisons de cette incompréhension sont culturelles et sociales. Dans de nombreuses familles africaines, on apprend à « être fort », à ne pas exprimer ses émotions, à ignorer sa vulnérabilité. Cette approche contribue à l’isolement de ceux qui souffrent et renforce les idées reçues selon lesquelles la dépression serait un caprice ou une exagération.

LOPS, présentatrice de Yêmï, rappelle l’importance de déconstruire ces perceptions :

« La dépression n’est ni un caprice, ni un manque de volonté, ni un manque de foi. C’est une maladie réelle, souvent discrète, qui peut toucher n’importe qui. »

Le Dr Marcia Angue éouse Pemengoye, médecin conseil de l’émission, souligne que la dépression ne se manifeste pas toujours de manière évidente :

« La tristesse fluctue selon les événements. La dépression, elle, s’installe et devient constante. Les proches remarquent souvent que la personne n’est plus elle-même. Si quelqu’un habituellement soigné cesse soudain d’y prêter attention, c’est un signal qui doit interpeller. »

Ces observations sont particulièrement importantes dans le contexte africain, où la méconnaissance des troubles psychologiques et le manque d’empathie peuvent retarder la prise en charge. La psychologue clinicienne Luzhia Moukagni insiste sur le rôle crucial de l’entourage et de l’écoute :

« Beaucoup de personnes traversant un épisode dépressif n’ont pas conscience de leur changement. Le regard attentif et bienveillant des proches peut les encourager à prendre conscience de leur état et à chercher de l’aide. »

Selon elle, la psychothérapie est une étape clé pour identifier les schémas de pensée négatifs, aider à gérer les émotions et retrouver un équilibre mental. L’émission a également abordé les formes sévères de dépression, pouvant inclure des épisodes psychotiques, qui nécessitent une intervention urgente et un suivi médical structuré.

Le Centre national de santé mentale illustre l’efficacité de cette approche : après stabilisation, de nombreux patients reprennent leurs activités quotidiennes, retrouvent une vie sociale et professionnelle, et peuvent retourner dans leur communauté avec autonomie et dignité. Ces exemples montrent qu’une dépression, même sévère, peut être prise en charge et surmontée.

LOPS conclut en appelant à une mobilisation collective :

« Aux familles, aux amis, à la société : remplaçons le jugement par l’écoute, et l’indifférence par la bienveillance. Parce que prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin des autres et renforcer toute la communauté. »

Cette émission rappelle que la dépression est un enjeu majeur de santé publique, qui nécessite un engagement collectif : sensibilisation, écoute, accompagnement et soutien social. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte de courage capable de changer une vie.

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PNCD : Hermann Immongault insiste sur la lisibilité sociale de l’action gouvernementale

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Le jeudi 12 février 2026, le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a présidé une importante séance de travail réunissant plusieurs membres de l’exécutif. Cette rencontre avait pour objectif de clarifier et de renforcer la visibilité de l’impact social du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030 dans la loi de finances en cours d’exécution.

En ouvrant les échanges, Hermann Immongault a rappelé l’un des défis majeurs de l’action publique : la faible perception, par une partie de la population, de la dimension sociale des politiques menées. Selon lui, les messages gouvernementaux demeurent souvent trop techniques, « avec beaucoup de théorie, beaucoup de chiffres et beaucoup d’annonces », alors que l’exigence du chef de l’État est de produire des actions lisibles, visibles, mesurables et durables. Il a ainsi appelé à un langage plus simple et à des indicateurs d’appréciation clairs, afin de rendre tangible la cohérence entre le PNCD et les priorités sociales du pays.

Le second volet de la rencontre a porté sur la présentation du projet de repassage des comptes nationaux, avec pour année de référence 2022. Ce travail technique vise à offrir une meilleure visibilité sur l’économie nationale et à procéder à des ajustements susceptibles de donner « un peu plus d’oxygène » à la manière d’aborder les questions économiques. À terme, cette actualisation permettra de disposer d’un PIB plus fidèle et conforme aux standards internationaux, traduisant plus précisément la réalité économique du Gabon.

Satisfait du travail déjà accompli, le Vice-président du Gouvernement a encouragé la poursuite de ces efforts. Il a souligné que la réussite de cette planification stratégique jouera un rôle déterminant dans l’amélioration du quotidien des Gabonais, en droite ligne de la volonté présidentielle de bâtir une société plus inclusive.

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Réforme de l’aide au développement : le Gouvernement veut mettre fin aux incohérences

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Le Gouvernement a engagé, ce 13 février 2026, une réflexion majeure sur l’efficacité de l’aide au développement lors d’une réunion stratégique présidée par le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault. L’objectif : moderniser les mécanismes de coopération, améliorer la cohérence des interventions extérieures et garantir un alignement strict avec les priorités nationales définies par le chef de l’État.

Une remise à plat nécessaire

Au cours de cette rencontre avec les partenaires techniques et financiers, Hermann Immongault a dressé un bilan critique du fonctionnement actuel. Multiplicité des acteurs, faiblesse du suivi-évaluation, capacités techniques limitées, lenteur des décaissements, manque de transparence et coordination institutionnelle insuffisante : autant de dysfonctionnements qui affaiblissent l’efficacité des projets financés par des ressources extérieures.

Pour le vice-président du gouvernement, la situation ne peut perdurer. Il a rappelé que « le constat a été fait d’une inefficacité de l’appui au développement », malgré les moyens mobilisés par les partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Il a également souligné que les projets financés doivent davantage répondre aux priorités nationales : « Nous ne pouvons plus accepter que des initiatives financées à grands moyens produisent un impact si faible sur le quotidien des Gabonais. »

Une vision en cohérence avec les orientations du Chef de l’État

Cette démarche s’inscrit directement dans la vision du Président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, qui exige une action publique plus performante et mesurable. Lors d’une récente allocution, il rappelait que « chaque franc engagé pour le développement doit produire un résultat concret, visible et utile pour notre population ».
Cette philosophie de gouvernance, fondée sur la redevabilité et l’efficacité, guide désormais l’ensemble des réformes gouvernementales.

Une architecture rénovée de la coopération

Pour remédier aux insuffisances identifiées, le Gouvernement entend mettre en place une nouvelle structure de coordination reposant sur plusieurs niveaux :

▪︎Une coordination stratégique pilotée par la Vice-présidence du Gouvernement, incluant le secteur privé et la société civile ;
▪︎Un comité de pilotage réunissant partenaires techniques, institutions et acteurs économiques ;
▪︎Une coordination ministérielle renforcée pour assurer une prise en charge cohérente des projets ;
▪︎Des entités opérationnelles dédiées à l’animation du mécanisme ;
▪︎Des groupes thématiques sectoriels, dirigés par les ministères compétents et alignés sur le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD).

Pour Hermann Immongault, cette réforme vise avant tout à « créer une synergie et une complémentarité entre les partenaires techniques et financiers pour éviter les doublons et l’asymétrie d’informations », et à garantir l’alignement total des projets avec le PNCD.

Des résultats attendus sur le terrain

Dans un contexte de fortes attentes sociales et de contraintes budgétaires, le Gouvernement souhaite réorienter l’aide au développement vers une approche résolument axée sur les résultats.
L’objectif : garantir que les ressources mobilisées contribuent réellement à la transformation de l’économie, à la modernisation des services publics et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Cette nouvelle dynamique marque une étape majeure vers une coopération plus efficace, plus transparente et directement bénéfique pour les populations gabonaises.

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« La drogue est dans tous les milieux » : l’alerte d’Hoffmann après la saisie de Skunk SK à Soduco

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La récente opération de la Direction générale des services spéciaux (DGSS), qui a permis la saisie d’une importante cargaison de Skunk SK dans le quartier Soduco, a suscité de nombreuses réactions, dont celle du leader des quartiers sous-intégrés, Hoffmann. Invité sur le plateau de TV+, il a lancé un avertissement sans détour : « La drogue est dans tous les milieux. Elle touche les bas quartiers, l’administration et même des hommes politiques. » Un constat qui, selon lui, doit alerter les autorités car « le phénomène n’est plus une affaire de quartiers ».

Le 9 février 2026, les agents de la DGSS ont investi un entrepôt du 5ᵉ arrondissement de Libreville après plusieurs jours de surveillance. Les colis découverts, soigneusement conditionnés, attestent d’une organisation logistique structurée. Les premiers éléments indiquent que la cargaison provenait d’Afrique de l’Ouest, notamment du Nigéria, régulièrement cité dans les circuits régionaux de trafic.

Un ressortissant gambien, Doukéré Mamadou, présenté comme le chef du réseau, a été interpellé puis remis aux services compétents. La valeur marchande de certaines plaquettes atteint 250 000 FCFA, révélant l’importance financière de cette filière.

Cette opération intervient alors que les services de sécurité font face à une recrudescence du trafic et à une diversification des substances en circulation. Libreville, de plus en plus utilisée comme zone de transit par des réseaux transnationaux, devient un point stratégique dans la sous-région.

Pour Hoffmann, ce constat doit provoquer une réaction nationale : la banalisation de la drogue dans les quartiers fragilisés, mais aussi dans les sphères administratives et politiques, impose une stratégie globale mêlant répression, prévention et accompagnement social.

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