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Moanda : un adolescent de 13 ans retrouvé pendu, la santé mentale des jeunes au Gabon en question
Le décès d’un adolescent de 13 ans à Moanda suscite une vive émotion et soulève des interrogations sur les difficultés que peuvent rencontrer les jeunes au Gabon. Si les circonstances de ce drame restent à établir, cette disparition rappelle l’importance de s’intéresser au bien-être des adolescents, sans tirer de conclusions hâtives sur les raisons de leur souffrance.
Dimanche 1er novembre 2026, aux environs de 14 heures, Keurly Ali Guitchoutchou Ndoumbia a été retrouvé pendu dans sa chambre, au quartier Rio, à Moanda. Selon Gabon Media Time, citant le quotidien L’Union, les forces de police et de gendarmerie, les sapeurs-pompiers et un médecin ont procédé aux premières constatations. Informé des faits, le procureur de la République près le tribunal de Franceville a été saisi. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du décès.
À ce stade, les motivations du jeune garçon demeurent inconnues. Rien ne permet donc d’établir un lien entre ce drame et un éventuel mal-être psychologique. Toutefois, ce décès rappelle celui de Steeven Mombo, élève de première scientifique au lycée national Léon-Mba, mort le 9 mars 2026 après s’être jeté d’une passerelle située en face de l’établissement. À l’époque, des informations avaient évoqué des difficultés scolaires et familiales, ainsi qu’un possible mal-être psychologique, sans qu’une cause unique puisse être retenue.
Au-delà de ces deux drames, les données disponibles sur la santé des élèves au Gabon interpellent. Présentés au Conseil des ministres du 8 octobre 2026, les résultats d’une enquête sur la santé en milieu scolaire indiquent que 74,3 % des élèves interrogés ressentent de la solitude, 64,3 % rapportent des troubles du sommeil et 22,7 % déclarent avoir sérieusement envisagé le suicide. Par ailleurs, 17,9 % signalent des violences ou du harcèlement scolaire et 9,9 % du cyberharcèlement.
Ces difficultés peuvent aussi se heurter au silence. Une étude scientifique publiée en novembre 2024 auprès de 1 009 adolescents gabonais âgés de 10 à 19 ans révèle que 43,4 % éprouvent des difficultés à se confier à leurs parents.
Ces chiffres n’expliquent pas les circonstances des décès de Moanda et de Léon-Mba, mais ils soulignent l’importance de l’écoute, du dialogue familial et de la prévention en milieu scolaire.
Combien d’adolescents peinent aujourd’hui à exprimer leur détresse ? Familles, établissements scolaires, professionnels de santé et pouvoirs publics ont un rôle à jouer pour mieux repérer les situations de vulnérabilité et faciliter l’accès à un accompagnement adapté. La santé mentale des jeunes mérite une attention constante, bien au-delà de l’émotion provoquée par les drames.
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Commune de Libreville : plusieurs responsables nommés dans l’administration municipale
La Commune de Libreville poursuit la réorganisation de ses services administratifs. Un arrêté municipal daté du 2 novembre 2026, signé par Eugène M’BA, maire de Libreville, officialise la nomination de plusieurs responsables à différents postes stratégiques de l’administration communale.
Pris en application des dispositions de l’article 46 de la loi organique n°001/2014 du 15 juin 2015, le texte s’appuie notamment sur les arrêtés encadrant les conditions générales d’emploi des personnels municipaux, les indemnités des responsables administratifs et la délégation d’attributions au Premier adjoint au maire.
Au Cabinet du maire, Serge OTSAGHE est nommé coordonnateur chef de la Cellule technique d’adressage. Au Secrétariat général, Brizie KOUMBA BOUBALA et Sidney MEMIAGHE sont désignés conseillers.
La Direction générale des affaires économiques accueille Wilfried Jean YENAU ONANGA au poste de directeur général, avec Joly Davy ALLOGHO NDONG comme directeur général adjoint. Du côté des marchés, Bienvenu NGOMO OYONO est nommé directeur des marchés, tandis que Sony Yves KOUMBA devient directeur adjoint des marchés.
L’arrêté précise que ces nominations répondent aux besoins de fonctionnement de l’administration municipale, en rappelant « les nécessités du service public communal ».
Les responsables concernés bénéficieront des avantages prévus par les textes en vigueur. Leur prise de fonction effective constitue le point de départ de l’application des dispositions de l’arrêté, lequel doit être enregistré, publié et communiqué aux services concernés, conformément à la procédure administrative.
À travers ces désignations, la municipalité formalise la répartition des responsabilités au sein de plusieurs structures, notamment l’adressage, le Secrétariat général, les affaires économiques et la gestion des marchés. Le document rappelle ainsi l’exigence de continuité administrative, en prévoyant que l’arrêté soit communiqué « partout où besoin sera ».
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Taxi Gab + : des contrôles annoncés pour identifier les véhicules conduits par des étrangers
Destiné à encourager l’entrepreneuriat national et à renforcer la présence des Gabonais dans le transport urbain, le programme Taxi + Gab fait face à certaines pratiques qui s’éloignent de ses objectifs. Des bénéficiaires confieraient leurs véhicules à des conducteurs étrangers, une situation à laquelle le gouvernement entend mettre un terme. Comme nous le rapportions dans notre précédent article consacré aux priorités du secteur des transports, le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande, chargé de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, était l’invité de nos confrères de Gabon 24 pour présenter la feuille de route de son département. L’occasion pour lui de revenir sur les dérives constatées dans l’exploitation de certains taxis et d’annoncer des mesures pour y remédier.
Au cours de cet entretien, le membre du gouvernement est revenu sur les conditions d’attribution et d’exploitation des véhicules du programme Taxi Gab +. Selon les chiffres qu’il a communiqués, 1 066 taxis ont déjà été remis à des bénéficiaires gabonais. Une initiative qui vise notamment à favoriser leur autonomisation économique et à renforcer leur présence dans une activité longtemps marquée par une forte concurrence. Seulement, sur le terrain, les choses ne se dérouleraient pas toujours comme prévu.
Interpellé par la journaliste sur la présence de conducteurs étrangers au volant de certains de ces taxis, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a d’abord tenu à distinguer les bénéficiaires du programme de ceux qui exploitent effectivement les véhicules. « À ce jour, il y a 1066 taxis qui ont été remis non pas à des étrangers mais à des Gabonais. Aucun étranger n’a bénéficié du programme Taxi Gab + », a-t-il précisé.
Si aucun ressortissant étranger n’a donc bénéficié directement de cette initiative, le ministre reconnaît néanmoins que certains propriétaires gabonais confient leurs véhicules à des conducteurs étrangers. Une pratique qu’il déplore, dans la mesure où le programme a précisément été conçu pour permettre aux nationaux d’exercer eux-mêmes cette activité et de bénéficier des opportunités économiques qu’elle représente.
Face à cette situation, le gouvernement entend désormais renforcer le suivi des véhicules déjà attribués. Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a ainsi indiqué avoir adressé des correspondances à ses collègues de l’Intérieur et de la Défense, en vue de préparer une opération de contrôle impliquant la Direction générale de la sécurité routière. L’objectif est de vérifier les conditions d’exploitation des taxis et d’identifier ceux qui seraient conduits par des personnes ne répondant pas aux exigences du programme.
Quant aux conséquences pour les bénéficiaires concernés, le ministre a clairement annoncé la mesure envisagée. « Il sera simplement retiré au propriétaire son taxi s’il est avéré que ce taxi est conduit par un étranger », a-t-il prévenu. Une déclaration qui traduit la volonté des autorités de faire respecter les engagements liés à l’attribution de ces véhicules.
Pour autant, aucune date n’a encore été avancée pour le lancement de cette opération. Les modalités pratiques des contrôles, tout comme les procédures qui pourraient conduire au retrait d’un taxi, restent également à préciser.
Cette annonce remet ainsi sur la table la question du suivi des bénéficiaires du programme Taxi Gab +. Car au-delà de la remise des véhicules, l’enjeu est aussi de s’assurer qu’ils sont exploités conformément à leur vocation initiale. Cette démarche rejoint l’ambition affichée par le chef de l’État, Brice-Clotaire Oligui Nguema, de faire des initiatives publiques en faveur de l’entrepreneuriat national de véritables leviers d’insertion professionnelle et de création de richesses pour les Gabonais.
Reste désormais à savoir comment cette opération sera menée et dans quelles conditions les mesures annoncées seront appliquées. Pour les pouvoirs publics, il s’agit de préserver l’esprit du programme Taxi Gab +, afin que les efforts consentis pour accompagner les entrepreneurs gabonais profitent effectivement à ceux auxquels cette initiative est destinée. Un objectif dont la concrétisation dépendra aussi de la régularité des contrôles, de la transparence des procédures et du respect des engagements pris par les bénéficiaires.
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Gabon : sous dialyse et sans logement, Ellifia Ndolo appelle à l’aide, Espérance Rénale interpelle les autorités
Atteinte d’insuffisance rénale depuis 2021, Ellifia Stredicia Ndolo, 29 ans, originaire de Fougamou, dans la Ngounié, traverse une situation préoccupante à Libreville. Sans ressources suffisantes et menacée de perdre son hébergement, cette mère d’un enfant, a lancé un appel à l’aide au président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, à la Première dame Zita Oligui Nguema et au ministère de la Santé. Une détresse qui a conduit Marie-Stéphanie Mouity épouse Nguema, marraine de l’association Espérance Rénale, à lui rendre visite dans la soirée du 28 octobre.
Née le 1er juin 1997, Ellifia était en classe de troisième au lycée Léon-Mboumba de Fougamou lorsque la maladie a bouleversé son parcours. Entre complications médicales et difficultés financières familiales, elle a dû abandonner ses études. Depuis, sa vie s’organise autour des soins.
Faute de centre d’hémodialyse à Fougamou, elle a rejoint Libreville en 2021, laissant derrière elle sa mère âgée et son enfant. Accueillie chez une amie d’église de sa maman, elle y vit depuis plusieurs années. Mais cette solidarité atteint aujourd’hui ses limites : son hébergeuse lui demande de libérer le logement.
« Je n’ai pas de toit où rester. Je ne connais pas Libreville. C’est la maladie qui m’amène dans Libreville », confie-t-elle.
À cette incertitude s’ajoutent de lourdes difficultés médicales. Après quatre interventions chirurgicales, Ellifia souffre toujours de douleurs persistantes, notamment au bras gauche, fortement gonflé. Contrainte de se déplacer en fauteuil roulant, elle évoque également de fortes poussées de tension. Une dette hospitalière compromet, selon son témoignage, son retour chez le chirurgien. Transport pour les dialyses, médicaments et alimentation représentent autant de dépenses qu’elle peine à supporter.
« Je n’ai pas de soutien. Je suis abandonnée à mon propre sort. Je fais appel à l’aide. S’il vous plaît, aidez-moi », implore-t-elle.
Face à cette situation, Marie-Stéphanie Mouity épouse Nguema appelle à une intervention urgente.
« Nous lançons un appel aux autorités compétentes, particulièrement au ministère de la Santé, afin qu’une attention urgente soit accordée à cette jeune femme. Aucun malade ne devrait être contraint de choisir entre se soigner, se nourrir et trouver un toit. »
Pour la marraine, cette responsabilité doit également être partagée.
« L’État ne peut pas porter seul toutes les difficultés. Les entreprises, les associations et les personnes de bonne volonté doivent aussi se mobiliser. Chacun, à son niveau, peut contribuer à redonner espoir et dignité à ces malades. »
Présidée par Frey Mapaga, Espérance Rénale œuvre pour l’amélioration des conditions de vie des insuffisants rénaux. Selon l’association, près de 600 patients suivent une hémodialyse chronique au Gabon. Elle plaide pour l’installation de centres spécialisés à l’intérieur du pays afin de réduire les déplacements, les dépenses et l’éloignement familial.
Au-delà de l’urgence sociale, le parcours d’Ellifia rappelle combien l’accès aux soins de proximité demeure essentiel pour éviter que la maladie ne conduise à la déscolarisation, à la séparation familiale et à la précarité.
