News
Eau et électricité : le défi persistant au cœur de l’action présidentielle
Dans son discours à la Nation à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’Indépendance du Gabon, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema est revenu sans détour sur les difficultés qui continuent d’affecter l’accès à l’eau et à l’électricité. Deux secteurs pourtant placés au cœur de son projet de société, « Bâtissons l’édifice nouveau pour notre essor vers la félicité ».
Le chef de l’État a reconnu que la situation vécue par de nombreux ménages reste « inacceptable ». Coupures répétées, réseaux fragiles, distribution insuffisante : malgré les efforts consentis, ces problèmes perdurent et continuent de peser sur le quotidien des populations, mais aussi sur l’activité des commerçants et des entreprises.
Pour le Président, l’urgence ne se situe plus seulement au niveau de la production. Elle concerne désormais le transport et la distribution. Produire davantage ne suffira pas si les réseaux restent saturés, vétustes ou mal entretenus.
Des réformes ont pourtant été engagées. Le Conseil des ministres du 25 juin 2026 a notamment acté la scission de la SEEG en deux sociétés d’économie mixte : La Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon. L’objectif est de spécialiser les opérateurs, renforcer les investissements et améliorer la qualité du service.
Le chef de l’État a également dénoncé le non-paiement des factures, le sabotage, le laxisme et la nonchalance, tout en appelant les investisseurs sérieux à se positionner sur le transport et la distribution de l’eau et de l’électricité.
Pour les populations, l’attente reste cependant la même : voir les réformes produire des résultats concrets. Car si l’eau et l’énergie demeurent l’un des premiers chevaux de bataille de la politique présidentielle, leur accès irrégulier continue de mettre à l’épreuve les ambitions affichées par l’exécutif.
News
Gabon : le drame qui interroge le système de santé et le statut des médecins résidents
Le décès d’une femme enceinte et de son enfant à naître, suivi de la détention d’une jeune médecin résidente en gynécologie-obstétrique, continue de provoquer de vives réactions dans le milieu médical gabonais. Dans un communiqué daté du 10 août 2026, le Conseil national de l’Ordre des médecins du Gabon (CNOM) appelle à la fois à la manifestation de la vérité, à l’apaisement et à une meilleure protection juridique des médecins en spécialisation.
Tout en rappelant que « le médecin n’est pas au-dessus de la loi », le CNOM estime qu’un décès survenu au cours d’une prise en charge ne suffit pas, à lui seul, à établir une faute. L’institution demande que soient examinés l’état initial de la patiente, le caractère de l’urgence, le niveau de formation et d’autonomie de la praticienne, la chaîne de supervision ainsi que les moyens humains, techniques et transfusionnels disponibles au moment des faits.
L’Ordre appelle également l’autorité judiciaire à réexaminer les conditions de détention de la jeune résidente et à envisager une mise en liberté provisoire, sans remettre en cause les droits de la famille endeuillée ni la poursuite de l’instruction.
La détention de la praticienne a, par ailleurs, entraîné une cessation des activités hospitalières chez les médecins résidents. Le CNOM les invite à regagner les services de soins et à garantir la permanence des urgences vitales et des maternités.
Mais au-delà de cette affaire, le débat sur la qualité de la prise en charge ne peut être totalement écarté. Dans les structures sanitaires, certains patients expriment régulièrement leur mécontentement face à l’attitude ou au professionnalisme de certains praticiens, notamment en matière d’accueil, d’écoute, de disponibilité ou de suivi. Des préoccupations qui, sans préjuger de ce cas précis, rappellent aussi la nécessité de renforcer la qualité du service rendu aux usagers et la relation de confiance entre soignants et patients.
Le communiqué met surtout en lumière un vide juridique préoccupant. Selon l’Ordre, le médecin résident n’existe dans aucun texte de la République, alors même qu’il assure des gardes, prescrit, opère et engage sa responsabilité.
Le CNOM réclame donc l’ouverture de travaux législatifs et réglementaires portant sur le statut, la supervision, la responsabilité, la rémunération, le temps de travail, la couverture sociale et l’assurance professionnelle des médecins en spécialisation.
À travers cette crise, une interrogation demeure : peut-on réellement améliorer la sécurité des patients sans revoir en profondeur les conditions dans lesquelles travaillent ceux qui les prennent en charge ?
News
Belinga : la mission gabonaise s’achève au cœur des mines australiennes
Après plusieurs jours de rencontres et de discussions à Perth, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a achevé sa mission officielle en Australie par une visite des installations de Fortescue dans la région de Pilbara, en Australie-Occidentale. Une étape importante pour la délégation gabonaise, venue observer de près le fonctionnement de l’un des plus grands groupes miniers au monde.
Cette immersion sur le terrain est intervenue après les échanges avec le fondateur et président exécutif de Fortescue, le Dr Andrew Forrest. Les discussions ont notamment porté sur l’avenir du projet Belinga, les infrastructures nécessaires à son développement, les investissements, l’industrialisation, la formation des Gabonais et le transfert de technologies.
À Pilbara, la délégation a découvert une chaîne de production entièrement intégrée, allant de l’extraction du minerai à son traitement, puis à son transport et à son exportation. Fortescue exploite cinq sites miniers répartis entre les pôles de Chichester, de l’Ouest et d’Iron Bridge.
Cloudbreak et Christmas Creek produisent près de 100 millions de tonnes par an. Solomon et Eliwana atteignent un volume similaire, tandis qu’Iron Bridge se distingue par la production d’un concentré de magnétite à haute teneur.
Pour transporter le minerai, Fortescue s’appuie sur une ligne ferroviaire de 760 kilomètres reliant les mines à Port Hedland. Le port Herb Elliott peut exporter jusqu’à 210 millions de tonnes par an, avec plus de 990 départs de navires minéraliers. À Perth, le centre d’opérations « The Hive » permet de suivre à distance les activités minières, ferroviaires et portuaires grâce aux données en temps réel et aux technologies autonomes.
Le groupe transporte ainsi plus de 200 millions de tonnes de minerai chaque année. Il emploie plus de 20 000 personnes, a réalisé des projets d’une valeur de 46,2 milliards de dollars et expédié plus de 2,5 milliards de tonnes de minerai à travers le monde.
Pour le Gabon, cette visite va bien au-delà de la découverte d’installations industrielles. Elle permet de mieux mesurer ce que représentera, demain, le développement de Belinga, actuellement en phase d’exploration par Fortescue Belinga.
Derrière les chiffres et les machines, l’enjeu concerne surtout les emplois, la formation des jeunes, les infrastructures et les perspectives offertes aux populations. En se rendant à Pilbara, Hermann Immongault a voulu voir, comprendre et préparer les prochaines étapes. L’ambition demeure de faire de Belinga un projet capable de soutenir durablement l’industrialisation et la prospérité du Gabon.
News
Fer de Belinga : plus de 250 milliards de FCFA investis, Fortescue dresse le bilan de ses trois premières années au Gabon
Trois ans après son arrivée au Gabon, Fortescue poursuit méthodiquement le développement du projet de fer de Belinga. Si l’exploitation du minerai n’a pas encore débuté, l’entreprise australienne estime avoir franchi plusieurs étapes structurantes qui traduisent l’avancement progressif de l’un des plus importants projets miniers du pays.
Le 1er juillet 2026, Fortescue a présenté le bilan de ses trois premières années d’activité dans la province de l’Ogooué-Ivindo. Des investissements aux infrastructures, en passant par les travaux géologiques et l’emploi local, l’entreprise met en avant les fondations déjà posées avant la phase d’exploitation minière.
Selon les chiffres communiqués, plus de 250 milliards de FCFA ont été investis depuis son arrivée au Gabon. Un montant qui a notamment permis la réalisation et la programmation de 225 000 mètres linéaires de forages destinés à mieux connaître le potentiel du gisement et à préparer les prochaines phases du projet.
Sur le terrain, Fortescue revendique également plus de 450 kilomètres de routes développées et entretenues afin de faciliter l’accès aux différents sites du projet. À cela s’ajoutent plus de 900 places d’hébergement installées pour accompagner les activités opérationnelles et la présence des équipes mobilisées sur le chantier.
Le volet humain figure également parmi les éléments mis en avant par l’entreprise. Plus de 700 Gabonaises et Gabonais sont aujourd’hui directement impliqués dans le projet, témoignant de la volonté affichée d’associer les compétences nationales au développement de Belinga.
Ces réalisations s’inscrivent dans la continuité de la convention minière signée entre l’État gabonais et Fortescue, qui prévoit, à terme, des investissements de plusieurs milliards de dollars ainsi que la création de milliers d’emplois directs et indirects.
Si les attentes demeurent importantes autour du lancement effectif de l’exploitation minière, le bilan présenté par Fortescue rappelle qu’avant de devenir une mine, Belinga se construit progressivement. Les investissements consentis, les infrastructures déployées et les travaux techniques engagés constituent autant d’étapes qui permettront de déterminer le rythme et l’ampleur des prochaines phases de ce projet stratégique pour l’économie gabonaise.
