News
Moabi : tensions à l’UDB, Nzigou Manfoumbi dénonce « un vaste complot et des attaques contre le clan Bujala »
Moabi, 25 octobre 2025 – Alors que le second tour des élections locales et législatives s’annonce décisif dans la Douigny, le climat politique se tend au sein de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB). Accusations de manipulation, soupçons de contrecampagne et querelles internes fragilisent l’unité du parti à Moabi. Au centre de la tourmente : Bonaventure Nzigou Manfoumbi, ancien député et figure politique influente de la région, aujourd’hui accusé d’avoir mené une campagne parallèle contre les candidats officiels de l’UDB.
Une guerre interne en pleine période électorale
Allié au nouveau pouvoir incarné par Brice-Clotaire Oligui Nguema dès les premiers mois de la Transition, Nzigou Manfoumbi est désormais membre de l’UDB, parti créé par le Chef de l’État. Cette adhésion résulte de la fusion du Front d’Égalité Républicaine (FER) — son ancien parti politique — avec l’UDB.
Selon lui, cette intégration aurait ouvert la voie à des tensions internes et à des attaques ciblées contre sa personne.
Dans un message audio largement diffusé sur les réseaux sociaux, il affirme être victime d’une campagne de dénigrement orchestrée de l’intérieur.
« Je me trouve présentement à Nairobi, au Kenya, où j’ai été informé, de sources sûres, qu’un cabal est actuellement mené contre ma personne par des harpagons aux comportements blasphématoires et ignominieux », déclare-t-il.
Il évoque également « des individus dont le passé obscur et pernicieux menace la stabilité de notre département au sein de l’UDB ».
Pour l’ancien député, cette stratégie viserait à le présenter comme un élément perturbateur au sein du parti. Il y voit une tentative de diabolisation politique, qu’il juge dangereuse pour la cohésion interne :
« Cette médiocre stratégie, qui consiste à diaboliser les cadres du département, constitue — j’en suis convaincu — un danger pour notre vivre-ensemble et met en péril l’unité des filles et fils de notre département. »
Des résultats électoraux qui attisent les tensions
Les récents résultats obtenus par l’UDB dans le département de la Douigny semblent avoir ravivé les dissensions internes.
Pour Nzigou Manfoumbi, les mauvaises performances du parti s’expliquent par « le choix folklorique et discutable de certains candidats, sans envergure politique, impopulaires et méconnus des populations ».
« Mon parti politique, bien qu’ayant fusionné au sein de l’UDB, et dont l’implantation dans tout le département est incontestable, a été purement et simplement écarté des résultats », déplore-t-il.
« Pour justifier ma mise à l’écart, mes détracteurs ont fait croire aux hautes autorités du pays que je n’étais pas fiable. Une contre-vérité flagrante. »
Selon lui, cette marginalisation relèverait d’un « vaste complot », « dirigé contre [sa] personne et contre [sa] tribu de Bouddhala ».
« Si je ne suis pas fiable, comment aurais-je pu remporter, à plusieurs reprises, des élections locales et législatives face aux candidats de l’ancien régime, que j’ai d’ailleurs battus avec des scores à la soviétique ? », interroge-t-il.
Une personnalité politique qui dérange ?
Nzigou Manfoumbi estime que c’est sa forte personnalité qui suscite les crispations au sein du parti :
« En réalité, c’est ma forte personnalité qui dérange, tout le reste n’est que diversion », déclare-t-il.
Depuis son adhésion à l’UDB, il affirme subir un acharnement constant, marqué par « de multiples diffamations et tentatives de discrédit ».
« L’objectif est clair : me pousser à la démission de l’UDB. Mais malheureusement pour ces apprentis sorciers aux réflexes de Judas, ils devront attendre longtemps ma démission », prévient-il.
Fidélité affichée au Chef de l’État
Malgré les tensions internes, Bonaventure Nzigou Manfoumbi réaffirme son soutien au Chef de l’État, le Général Brice-Clotaire Oligui Nguema, et à sa politique de transition :
« J’ai choisi librement de soutenir la politique du Chef de l’État, à qui je voue reconnaissance et respect pour l’œuvre de construction nationale qu’il a entreprise », insiste-t-il.
Il rappelle également avoir été « pleinement investi lors du référendum pour le “oui” et durant l’élection présidentielle », preuve, selon lui, de « sa sincérité et de son engagement ».
Enfin, il annonce son intention de tenir une grande conférence de presse dès son retour au pays afin de « dévoiler dans les moindres détails ce que nous avons vécu dans la Lugni lors des élections locales et législatives ».
Un parti fragilisé à Moabi ?
Cette prise de parole intervient alors que l’UDB traverse une période délicate dans la Douigny. Le candidat indépendant du RED est en tête à l’issue du premier tour au premier siège à l’élection législative, et sa liste domine également à l’élection locale, accentuant la pression sur les instances locales du parti.
Entre règlements de comptes internes, soupçons de sabotage et perte de cohésion politique, une question demeure : l’UDB parviendra-t-elle à préserver son unité dans un département historiquement disputé ?
Et surtout, la sortie de Bonaventure Nzigou Manfoumbi marquera-t-elle un tournant vers la transparence, ou ouvrira-t-elle un nouveau chapitre de crise interne pour le parti ?
Mule/Mihi…
News
Belinga : la mission gabonaise s’achève au cœur des mines australiennes
Après plusieurs jours de rencontres et de discussions à Perth, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a achevé sa mission officielle en Australie par une visite des installations de Fortescue dans la région de Pilbara, en Australie-Occidentale. Une étape importante pour la délégation gabonaise, venue observer de près le fonctionnement de l’un des plus grands groupes miniers au monde.
Cette immersion sur le terrain est intervenue après les échanges avec le fondateur et président exécutif de Fortescue, le Dr Andrew Forrest. Les discussions ont notamment porté sur l’avenir du projet Belinga, les infrastructures nécessaires à son développement, les investissements, l’industrialisation, la formation des Gabonais et le transfert de technologies.
À Pilbara, la délégation a découvert une chaîne de production entièrement intégrée, allant de l’extraction du minerai à son traitement, puis à son transport et à son exportation. Fortescue exploite cinq sites miniers répartis entre les pôles de Chichester, de l’Ouest et d’Iron Bridge.
Cloudbreak et Christmas Creek produisent près de 100 millions de tonnes par an. Solomon et Eliwana atteignent un volume similaire, tandis qu’Iron Bridge se distingue par la production d’un concentré de magnétite à haute teneur.
Pour transporter le minerai, Fortescue s’appuie sur une ligne ferroviaire de 760 kilomètres reliant les mines à Port Hedland. Le port Herb Elliott peut exporter jusqu’à 210 millions de tonnes par an, avec plus de 990 départs de navires minéraliers. À Perth, le centre d’opérations « The Hive » permet de suivre à distance les activités minières, ferroviaires et portuaires grâce aux données en temps réel et aux technologies autonomes.
Le groupe transporte ainsi plus de 200 millions de tonnes de minerai chaque année. Il emploie plus de 20 000 personnes, a réalisé des projets d’une valeur de 46,2 milliards de dollars et expédié plus de 2,5 milliards de tonnes de minerai à travers le monde.
Pour le Gabon, cette visite va bien au-delà de la découverte d’installations industrielles. Elle permet de mieux mesurer ce que représentera, demain, le développement de Belinga, actuellement en phase d’exploration par Fortescue Belinga.
Derrière les chiffres et les machines, l’enjeu concerne surtout les emplois, la formation des jeunes, les infrastructures et les perspectives offertes aux populations. En se rendant à Pilbara, Hermann Immongault a voulu voir, comprendre et préparer les prochaines étapes. L’ambition demeure de faire de Belinga un projet capable de soutenir durablement l’industrialisation et la prospérité du Gabon.
News
Fer de Belinga : plus de 250 milliards de FCFA investis, Fortescue dresse le bilan de ses trois premières années au Gabon
Trois ans après son arrivée au Gabon, Fortescue poursuit méthodiquement le développement du projet de fer de Belinga. Si l’exploitation du minerai n’a pas encore débuté, l’entreprise australienne estime avoir franchi plusieurs étapes structurantes qui traduisent l’avancement progressif de l’un des plus importants projets miniers du pays.
Le 1er juillet 2026, Fortescue a présenté le bilan de ses trois premières années d’activité dans la province de l’Ogooué-Ivindo. Des investissements aux infrastructures, en passant par les travaux géologiques et l’emploi local, l’entreprise met en avant les fondations déjà posées avant la phase d’exploitation minière.
Selon les chiffres communiqués, plus de 250 milliards de FCFA ont été investis depuis son arrivée au Gabon. Un montant qui a notamment permis la réalisation et la programmation de 225 000 mètres linéaires de forages destinés à mieux connaître le potentiel du gisement et à préparer les prochaines phases du projet.
Sur le terrain, Fortescue revendique également plus de 450 kilomètres de routes développées et entretenues afin de faciliter l’accès aux différents sites du projet. À cela s’ajoutent plus de 900 places d’hébergement installées pour accompagner les activités opérationnelles et la présence des équipes mobilisées sur le chantier.
Le volet humain figure également parmi les éléments mis en avant par l’entreprise. Plus de 700 Gabonaises et Gabonais sont aujourd’hui directement impliqués dans le projet, témoignant de la volonté affichée d’associer les compétences nationales au développement de Belinga.
Ces réalisations s’inscrivent dans la continuité de la convention minière signée entre l’État gabonais et Fortescue, qui prévoit, à terme, des investissements de plusieurs milliards de dollars ainsi que la création de milliers d’emplois directs et indirects.
Si les attentes demeurent importantes autour du lancement effectif de l’exploitation minière, le bilan présenté par Fortescue rappelle qu’avant de devenir une mine, Belinga se construit progressivement. Les investissements consentis, les infrastructures déployées et les travaux techniques engagés constituent autant d’étapes qui permettront de déterminer le rythme et l’ampleur des prochaines phases de ce projet stratégique pour l’économie gabonaise.
News
Potasse de la Banio : Hui Neng Group s’inscrit dans la vision industrielle du Gabon
Le gisement de potasse de la Banio, situé dans la province de la Nyanga, continue de renforcer l’attractivité économique du Gabon. Le 17 juillet dernier, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, entouré des ministres en charge des Transports, des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie et de l’Environnement, a reçu une délégation de la holding chinoise Hui Neng Group venue explorer les opportunités offertes par ce projet stratégique.
Déjà présente au Laos et en Sierra Leone, cette entreprise spécialisée dans la chimie thermique et l’énergie ambitionne de contribuer au développement industriel de la Nyanga. Son vice-président, Li Yongzhen, est venu s’enquérir des avantages et des mécanismes proposés par l’État gabonais dans le cadre d’un éventuel partenariat autour de l’exploitation de la potasse de la Banio.
Au cours des échanges, Hermann Immongault a présenté les grands projets structurants engagés par le Gabon. Parmi eux figure le projet de construction du port en eau profonde de Mayumba, actuellement en négociation avec Abu Dhabi Group, destiné à faciliter l’exportation du marbre, du fer et de la potasse produits dans la région. Le pays prévoit également de porter sa capacité énergétique de 16,5 MW actuellement à 2 148 MW en 2030, puis à 2 291 MW à l’horizon 2035 pour accompagner cette dynamique industrielle.
Cette ambition s’inscrit dans la vision portée par le président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la transformation locale des ressources naturelles, de la souveraineté économique et de l’industrialisation du pays des axes majeurs de son action. L’objectif affiché est de créer davantage de valeur ajoutée, d’emplois et d’opportunités pour les Gabonais.
Saluant des réponses « très claires et concrètes », Li Yongzhen a annoncé que les prochaines étapes porteront sur l’évaluation technique du projet et des visites de terrain. Le gouvernement gabonais reste, quant à lui, attaché à un principe intangible : tout projet devra respecter les normes environnementales et contribuer au développement durable du Gabon.
